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SYMPTÔHKS DE LA PENDAISON

presque immédiatement; il esl probable qu'alors la compression du lien produit d*omblée une action inhibitrice mortelle. — Dans d'autres cas, au contraire, la mort a tardé beaucoup. Un de ces cas est célèbre, il s'est passé en Amérique et concerne un supplicié qui élait resté pendu pendant 25 minutes ; une heure après les médecins constatèrent que le cœur battait ; ils ouvrirent cependant le thorax et virent les battements du cœur continuer pendant plus de deux heures encore. — Un autre cas concerne aussi un supplicié de Raab (Autriche-Hongrie) dépendu au bout d'au moins douze minutes. Sur la table d'autopsie, il donna des signes bien manifestes de vie, et ne mourut que 22 heures après; par congestion pulmonaire. Dans ce cas, ainsi que le montra Hofmann, de volumineuses masses ganglionnaires situées sur le cou avaient empêché la compression complète des carotides et des voies aériennes.

S II. — Symptômes de la pendaison.

Nous avons indiqué déjà la perte rapide de connaissance *. La pâleur du visage, qui se produit très rapidement aussi, a été notée par les médecins qui assistent aux pendaisons judiciaires Bientôt après apparaissent des convulsions qui débutent à la face et rendent celle-ci horriblement grimaçante ; c'est sans doute pour cette raison qu'on recouvre d'un voile la tête des suppliciés. — Les convulsions s'étendent au reste du corps, notamment aux membres inférieurs ; quand le pendu est accroché le long d'une porte, d'un mur, il tambourine avec ses pieds contre la paroi. — Tous les signes extérieurs do vie cessent ensuite ; mais le cœur continue à battre encore quelques instants ; en général il est définitivement arrêté huit à dix minutes après le début de la pendaison.

On parle quelquefois de l'érection et de l'éjaculation qui se produiraient au cours de la pendaison. Il semble bien

1. Les premiers symptômes, au (lire des quelques personnes qui s«^ sonl soumises à un commenceinenl de pondaison, inton-onipue avant la perte de connaissance, coni«ist«:'nt en : chaleur à la li'fe, tinleinenls <d*oreiUes, visioa d'éclairs, lourtleur des jamljes.

YiBERT. Modecino légale. 7^ édit. 11

qu'il s'dgitlà d'jne pure légende ne reposant sUr aucune observation sérieuse.

Quand la pendaison est interrompue avant la mort, mais qu'elle a duré un certain temps, le pendu présente ordinairement des troubles graves auxquels, souvent, il finit par succomber.

Les symptômes observés en pareils cas sont décrits ainsi par le professeur Brouardel* : « Il se produit aussitôt une congestion secondaire de la face; le visage devient turgescent. En môme temps s'établit un état de demi-coma, de mort apparente qui peut se prolonger pendant quelques heures seulement, mais dont la durée est souvent de 24 et môme de 48 heures. On est en présence d'un état très analogue à celui qui succède à une forte commotion cérébrale. — Du côté de l'appareil respiratoire, on constate une congestion pulmonaire souvent violente, des râles bronchiques, de la dyspnée, une toux plus ou moins intense, quelquefois des hémoptysies. La production de cette congestion pulmonaire pourrait être liée à Texcitation des pneumogastriques. Cette congestion peut entraîner la mort ; parfois celle-ci est la conséquence d'une pneumonie ou d'une gangrène pulmonaire. »

L'aphonie, la dysphagie s'expliquent facilement par les lésions du cou produites par le lien.

L'amnésie, s'étendant parfois à la période antérieure à la pendaison, a été signalée.

On a noté aussi des paralysies consécutives de la vessie et du rectum.

§ III. — Aspect extérieur du cadavre.

Sillon du cou. — Le lien à l'aide duquel la pendaison a été eflecluée laisse autour du cou une empreinte, un sillofiy dont l'aspect varie suivant diverses circonstances. Quand il s'agit d'une corde, d'une ficelle, d'une courroie ou d'un autre lien dur ou rugueux, le sillon se présente

1. P. Brouardel, Pendaison, strangulation, etc., J.-B. BaiUière, 189B.

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