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CONTUSIONS, PLAIES GONTUSES, COMMOTION

Spontanément ; il en est ainsi chez les sujets atteints de scorbut, de purpura, d'hémophilie. Cette circonstance ne doit pas être perdue de vue par l'expert, car elle peut être la cause d'erreurs graves. Le docteur Descout * a vu un garçon de onze ans, atteint de la maladie de Werlhor, présentant sur les diverses 'parties du corps de nombreuses ecchymoses que plusieurs médecins avaient attribuées à des violences : l'enfant mourut quelques jours après, et l'on trouva à l'autopsie des hémorragies nasales, bronchiques, stomacales et intestinales.

En pareil cas, l'erreur peut presque toujours être évitée, grâce au nombre et à la forme irrégulière des ecchymoses, à leur siège en des points ordinairement peu exposés aux violences, à la présence fréquente d'un pointillé hémorragique, à l'écoulement de sang qui se fait par les muqueuses, et aussi aux symptômes généraux qui font ^rarement tout à fait défaut.

§ II. — Bosses saDg^uines, dépôts sangrulns.

Quelquefois, au lieu de s'infiltrer dans les tissus, le sang épanché les écarte, et forme ainsi une cavité qu'il remplit. Les bosses sanguines se voient fréquemment sur le cuir chevelu, en raison de la disposition anatomique de la région 2; elles s'observent quelquefois aussi en d'autres points. — A la suite de grandes violences, il peut se produire des collections de sang formant des poches ou des dépôts d'un volume considérable ; nous avons vu quelques-unes de ces poches qui atteignaient la grosseur d'une tête d'enfant à terme ; il s'agissait presque toujours dans ces cas d'écrasement par les pieds des chevaux ou par les roues d'une voiture. Le sang qui constitue ces tumeurs est quelquefois résorbé très rapidement ; dans d'autres cas il persiste pendant des mois et des années, et peut rester tout ce temps à l'état liquide.

4. Société de médecine légale (séance du 10 mars 1884) 2. Le tissu cellulo- adipeux du cuir chevelu est traversé par de nombreuses brides fibreuses reliant le derme à l'aponévrose épicrAnienne, et qui ne permettent pas au sang extravasé de s'étendre au loin.

éPANGUBMENTS TRAUMATIQUES DE SEROSITES 231.

§ III. — Épanchements traumatlques de sérosité.

Quelquefois les contusions déterminent un épanchement de sérosité qui existe soit seul, soit mélangé à une quantité plus ou moins considérable de sang. Morel-Lavallée a décrit ces épanchements dans un mémoire devenu classique *. D'après lui, ils se produisent surtout quand la peau se trouve décollée dans une grande étendue des tissus sous-jacents ; dans huit des onze cas qu'il a observés, la contusion avait été produite par le passage d'une roue de voitu>e sur le corps. Lesser * a fait de cette question une nouvelle étude dont nous avons eu Toccasion de vérifier l'exactitude, et qui se résume ainsi : Les épanchements de sérosité sont plus fréquents qu'on ne le pense généralement. Ils passent souvent inaperçus parce qu'ils sont masqués par le sang extravasé en même temps ; dans ce cas, la sérosité peut être appréciée sur les bords de l'épanchement sanguin où elle forme une zone d'œdème plus ou moins étendue. Le liquide est limpide, fluide, jamais coagulé ; il est incolore ou légèrement teinté de rose par quelques globules sanguins. Lesser publie seize observations concernant des sujets morts par chute de haut, par écrasement, par choc de locomotive, par coups de feu ; la mort est survenue dans presque tous les cas immédiatement ou en quelques minutes. L'épanchement a été rencontré dans le tissu cellulaire de la face, du cou, de la région lombaire, des parois thoraciques, dans le médiastin, etc., etc. Chez un homme tombé de haut, un épanchement de sérosité pure occupait la région lombaire et mesurait 0n>,20 de largeur, 0",10 de hauteur et0,025 d'épaisseur. Lesser considère ce liquide comme fourni par les vaisseaux lymphatiques divisés.

1. Morel-Lavallée. Épanchements traumatiques de sérosité (Archives de médecine, i853).

2. Adolf Lesser, (Jeber Lymphorragien in derUmgebungunmittelbar Oder kupze Zeit vor demTod eriittener Verletzangen ( Vierteljahrschrift fur gerichUiche Medidn, juillet 1883).

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