CONTUSIONS, PLAIES CONTUSES, COMMOTION
§ IV. — Érosions, excoriations, piaques parclienilnées.
Les érosions et les excoriations sont des plaies très superficielles dans lesquelles l'épiderme est enlevé ouïe derme très légèrement atteint. La forme de ces petites plaies reproduit souvent les aspérités de la surface de Tinstrument vulnérant, ou bien elle indique Taction des ongles, etc.
Après la mort, les excoriations se transforment en plaques parcheminées, c'est-à-dire qu'à leur niveau la peau devient brun jaunâtre, sèche et dure. Mais, ainsi que cela a été dit déjà (p. 47), le parcheminement se produit aussi bien au niveau des érosions ou excoriations faites quand la vie a déjà cessé ; il peut se produire égalementen des points qui, sans ôlre dépouillés de leur épiderme, ont été fortement comprimés, frottés ou froissés, avantou après la mort. C'est donc seulement dans le cas où la plaque parcheminée est doublée d'une ecchymose qu'on peut affirmer qu'il s'ag^it d'une lésion faite pendant la vie.
§ V. — Plaies contuses.
Les plaies produites par les instruments contondants sont souvent de forme irrégulière ; même quand elles sont rectilignes, leurs bords sont en général déchiquetés, amincis, décollés, et ordinairement entourés d'une zone ecchymotique assez large ; leurs angles sont irréguliers et peu nets, en sorte que leur aspect est alors tout à fait caractéristique.
Mais il n'en est pas toujours ainsi, et les plaies contuses revotent quelquefois un aspect assez analogue à celui des plaies par instrument tranchant. C'est ce qui a lieu notam* ment quand le corps contondant présente des angles dièdres bien nets et qu'il a frappé suivant une de ces arêtes ; c'est ce qu'on voit, par exemple, avec les marteaux, l'arme dite « coup-de-poing américain », etc. La plaie peut encore être à bords nets quand l'instrument agit sur une surface plane, mais qu'il rencontre une région du corps de forme courbe ou anguleuse, et que la peau est tendue sur un os sous-