MOYENS MEDICAMENTEUX
| ; Les substances qui jouissent de propriétés abortives, au moins |
dans l'opinion populaire, sont nombreuses et varient suivant les pays.
On peut avec Tourdes et Brouardel les classifier de la façon 4 suivante :
1° Les subsiunces qui agissent sur l'intestin, surtout le gros, et qui, par réflexe, font contracter l'utérus; ce sont les purgatifs dras. tiques : l’aloès, l’huile de croton, les salins à haute dose, etc i
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2° Les substances QUE Afissc it en congestionnant les organes du Petit bassin et en particulier l'uterus, ce sont les ernmeénagoges : l'apiol, l'absinthe, le gvnièvre, la bière, la salscpareille, la camomille, À safran, ete:
3° Les substances qui agissent directement sur Ja fibre utérine et qui ont pu, dans certains Cas, provoquer où au moins, favoriser l'avortement : ce sont: la rue, la subine, l'if, l'ergot de sigle, ia strich nine, la quinine, la Pilocarpine, ete ;
4° Toutes les substances qui, par l'intermédiaire de la cireulation placentaire, atteignent le fwtus et le tuent, soit directement, c'est-à-dire par action toxique, soit indirectement, c'est-à-dire par des modifications apportées dans les échanges nutritifs ou gazeux, ou dans la solidité des attaches de l'oeuf. Parmi ces subtances, il faut compter: le plomb, le mercure, le phosphore, l'arsenie, l'iodure de potasse, l'acide salicylique, le chlora!, etc,
Ajoutons que, dans la Pratique, on rencontre les mélanges les plus étranges de ces diverses substances &t d'une foule d'autres, que Pharmaciens, herboristes ou conseillers d'occasion, suggèrent de bon- 1€ foi ou dans un but d'exploitation, à la femme en détresse.
Mais si on considère ces quatre groupes de substances au point de vue de leur efficacité, on peut les ramener aux deux suivants:
1° Le groupe des substances inefficaces qui comprend les purgatifs drastiques et les emménagogues. Elles sont importantes à connaître pour deux raisons: la première, c'est que l'avortement par leur usage est non seulement possible mais incontestable chez certaines femmes très prédisposées : la seconde, c'est que leur absorption par la femme enceinte marque déjà une intention coupable et un pre- Hier pas dans la voie des moyens plus efficaces,
2" Le groupe des substances efficaces qui comprend les toxiques, et dont l'efficacité tout éventuelle dépend précisément de cette toxicité. Il arrive plus souvent que la femme meurt sans que l’avortement se soit produit.
Ce qui est important de se rappeler, c’est qu’on ne connaît encore aucune substance abaortive qui, après absorption, ait pour action spécifique certaine, l'avortement. S'il est vrai que, malgré cela, l’avortement survient -ouvent à la suite de l’ingestion d’une substance médicamenteuse, il faut en chercher la raison, soit dans l’action toxique de la substance, soit—si cette substance n'est pas toxique — dans la prédisposition extrême que possèdent certaines femmes, d’avorter Pour les causes les plus futiles.
Après ces remarque:, nous ne croyons pas devoir entrer dans une #aalyse, qui serait forcément incomplète, de toutes les substances Qui ont la réputation d’être abortives. L'expert trouvera dans les trai-
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tés de pharmacologie, de thérapeutique et de toxicologie, tous les renseignements dont il aura besoin pour appprécier dans un cas donné, la valeur d’une substance employée comme abortive. Après en avoir constaté les symptômes et les lésions, et en particulier les effets sur l’utérus gravide, il devra en rechercher les caractères botaniques et chimiques dans les vomissemnts ou autres évacuations, et dans les viscères,
Pour fonder son accusation d’avortement criminel, il importe au juge de savoir: 1° quelle substance a été employée; 2° si cette substance a pu provoquer l'avortement ; 3° si les symptômes qui ont précédé l'expulsion du foetus, sont tels qu’ils puissent être rapportés à lactica de cette substance et en particulier, s'il s'est écoulé un temps suffisant entre l'ingestion et l'apparition des symptômes morbides d’une part, et entre ceux-ci et l'avortement d'autre part.
Il n'existe sûrement pas de substance capable de déterminer l'avortement sans provoquer en même temps d’autres troubles fonctionnels,