SIL MOYENS MECANI QUES
On peut les diviser en petits moyens où manoeuvres préliminaires, et en grands moyens ou manoeuvres abortives vraies.
Munoeuvres préliminaires. — La plupart des femmes qui cherchent à ee procurer une fausse couche, essaient d’abord quelques moyens à vogue populaire, mais dont l’action sur l'évolution de la grossesse est d'ordinaire fort inefficace, Ce sont des imprudences, des fatigues, l1 danse, des sauts, des chutes, une forte constriction du corset, des lavements, des bains généraux répétés, des pédiluves irrifants, etc! Ces moyens qu'on pourrait appeler préparatoires, ne “auraient agir que chez les femmes très-prédisposées,
Manoeuvres abortires vraies.—T'attaque est ici dirigée contre l'atérus ou contre l’oeuf lui-même, mais les manoeuvres peuvent être scit externes, soit internes.
Parmi les manoeuvres externes ou indirectes, il faut compter les traumatismes ordinaires et la friction ou massage sur le ventre.
Il n’y a pas de doute que les traumatismes extragénitaux, volontaires ou accidentels, puissent provoquer l’avortement : ils ont d’autant plus de chance de succès qu'ils portent sur une région plus voisine de lutérus, par exemple, sur la paroi abdominale ou sur le siège: coup d': pied sur le ventre, chute de haut sur le siège, écrasement, etc. Le treumatisme accidentel servira souvent d’excuse à la femme pour dissimuler un autre moyen abortif, Pour apprécier la valeur de cette excuse, l'expert se rappellera d’abord que les traumatismes les plus graves n’entraînent pas nécessairement une fausse couche; que, en ontre, lorsque celle-ci a lieu, le délai entre le traumatisme et l’expul-
s'on du foetus est fort variable. C'est évidemment dans le cas d’un long délai que la relation de cause à effet sera plus diffivile à éta- Hir; on ne saurait admettre cette relation que lorsque les douleurs, l'hémorrhagie, ou autres signes annonçant l'avortement, se sont produits peu de temps après le t-snmatisme pour se continuer jusqu’à l'expulsion.
Le massage, les fric ions, le pétriss,ze de l'utérus à travers la paroi abdominale, sont de mavens souv.:.t employés en pratique obstétricale pour activer les «ntraci ons usérines lorsqu'elles sont lentes ou trop faibles; mais il paraît que ces moyens sont incapables d'éveiller ces contractions si elles n'existent pas déjà. .
Les manoeuvres abortives internes portent directement sur l’uté-
is ou eur l'oeuf lui-même; ce sont: la douche vaginale, le tamponnement vaginal, les traumatismes de la surface externe du cl, la dilatation du col, le décollement des membranes, la ponction des membranes, le curettage utérin.
Les trois premiers procédés sont d’une efficacité inconstante. La douche vaginale est chaude et contient quelquefois une substance irritante; elle agit en traumatisant le cel et conséquemment, en amenant la contraction utérine: elle est surtout efficace dans les derniers tois de la grossesse ; les séances doivent être au moins de dix à quinze minutes, répétées plusieurs fois par jour pendant plusieurs jours consécutifs. Il est établi que les traumatismes exercés sur la surface externe du col au moyen d’un instrument, des doigts, où de la verge «coït brutal), peuvent parfois amener l'interruption de a grossesse.
La dilatation du col se fait rarement avec le doigt, mais plutôt avec des mèches de gaze, une éponge, des tiges de laminaires, etc. L'opération est longue et exige d'ordinaire plusieurs séances.
Le décoljement des membranes, leur ponction et le curettage utérin sont trois procédés qui agissent sur l’oeuf lui-même,
Le curettage ne peut avoir lieu que dans les trois premiers mois Je la grossesse, et il exige une habitude et des connaissances techniques que seul le médecin possède. Aussi est-il peu employé par les avorteurs ordinaires.
Le décollement et la ponction des membranes sont des procédés de choix, très-prompts et très-sûrs, pour produire l'avortement criminel. Ils sont maniés surtout par un opérateur étranger; mais la femme elle-même peut, sans l'aide de complice, jes employer avec succès et ses chances de réussir sont d'autant plus grandes que sa matrice est p'us accessible, c’est-à-dire plus abaissée, et le col utérin normalement plus ouvert comme chez la multipare,
La ponction des membranes de l'oeuf peut se faire à l'aide des instruments les plus divers, pourvu toutefois qu’ils soient assez longs, suffisamment étroits et résistants, pour pouvoir atteindre et pénétrer le col. On compte parmi les plus usités: des cathétères, des sondes
é‘astiques, des aiguilles à tricoter, des épingles à chapeaux, des ciseaux, des tiges en bois, des plumes d’oie, ete.
Le dicollement des membranes a lieu, soit à l'aide d’un instrument laissé plus ou moins à demeure—<’est là un procédé assez fréquemment employé par la femme elle-même, mais qui présente trop d'inconvénients pour l'opérateur étranger—, soit au moyen d’injections intra-utérines. La sûreté de ce : dernier procédé, sa facilité d’exécution, le peu de douleurs auxquelles il donne lieu (lopération peut être faite sans que la femme s’en doute, elle croit souvent n'avoir eubi qu'un toucher vaginal), enfin la difficulté d'en établir la preuve devant les tribunaux, expliquent sa vogue actuelle parmi nos avorteurs de profession.
Le liquide injecté est de l'eau pure ou un antiseptique quelconque à base de glycérine surtout. Une seule injection est parfois suf- ‘isante, surtout lorsque la quantité de liquide injecté est abondante.
La position gynécologique n’est pas ordinairement donnée à la
femine par lopérateur, rarement aussi fait-il usage du spéculum. 11]
introduit dans le vagin de la femme qui peut être debout, assise, ou
| vouchée, un ou deux doigts qui servent à diriger l'instrument jusqu’au «o! utérin.