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II—BLESSURES PAR INSTRUMENTS PIQUANTS

Elles sont caractéristes par l'étroitesse de leur orifice relative. ment à la profondeur de leur trajet (Vibert). Les instrument Piquants sont de plusieurs sortes :

a. Ceux qui possèdent une tige cylindrique ou conique, tels, les épingles, les clous, les poinçons, des dents de fourche, ete., et qui agissent, soit en écartant simplement les fibres des divers tissus traver. sés -— c'est le cas des instruments très-fins —, soit en déchirant au moins quelques-unes de ces fibres comme font les plus volumineux d’entre eux.

L'orifice des blessures produites par les premiers est rond, petit, le plus souvent exsangue et partant difficile à reconnaître à l’autopsie; celui des blesures produites par les seconds est infiltré de sang, rectiligne et d'autant plus allongé que l'instrument est plus épais. Cette fente apparaît très nettement non-seulement à ln peau, mais encore sur les divers couches des organes à structure fibreuse : aponévroses, séreuses, ete. où elle montre une direction différente sui. vant l'orientation des fibres.

b. Les instruments piquants comme les couteaux, les poignards, les ciseaux, ete, qui sont munis d’une ou de plusieurs lames avec un seul tranchant (le couteau de «che ordinaire), ou encore d’une lame avec double tranchant, produisent des plaies profondes ayant un orifice à bords nets, et surtout à direction indépendante de celle des fibres.

La blessure produite par la lame à un seul tranchant est souvent assez caractéristique, c’est-à-dire qu’elle a la f. .ne d’un triange dont le sommet correspond au côté tranchant et dont la base, avec ses fibres tassérs ou déchirées, correspond au dos de lu lame, Cet aspect de la coupe se retrouve aussi parfois sur les vêtements qu’il faudra toujours examiner avec soin et, au besoin, à l’aide d’une loupe.

Généralement, il faut j'avouer, la blessure n’a pas l'aspect caractéristique ci-dessus, mais présente des bords symétriques avec deux angles aigus à chaque extrémité, de sorte qu’il est impossible de dire Je quel côté se trouvait le dos de l'instrument, ou bien si ce dernier n'avait pas réellement une lame à double tranchant.

Lorsque la lame a atteint obliquement les tissus, les bords de la blessure sont asymétriques: l’un formant une sorte de lambeau retracté, l’autre laissant voir le tissu graisseux sous-cutané,

La présence d’un pli cutané peut donner lieu à une plaie en zigzag; en outre, la déviation de l'instrument au moment de son retrait de plaie, en détermine souvent une seconde à direction diffézente de la première. Le sommet de l'angle qui révnit ces deux plaies

indique le côté où se trouvait dirigé le tranchant.

La longueur de la plaie est ordinairement plus considérable que la largeur de la lame et cela s'explique par les mouvements de sec tion imprimés à l'instrument au moment de son introduction ou de sa sortie; elle peut cependant être plus petite si la lame est très mousse,

La profondeur du trajet peut être plus considérable que la longueur de la lame et il en est ainsi par exemple, à l'abdomen dont la paroi est facilement déprimée par le manche de l'instrument.

©. Il y a enfin les instruments Piquants avec tige triangu aire ou à plusieurs arêtes, tels les fleurets, lime, compas, ete. [ls de terminent des plaies tout à fait analogues à celles des tiges cylindre. coniques, si les arêtes sont mousses, et des plaies en forme d'étoi'e si, au contraire, les arêtes sont tranchantes.

En somme, il n'est pas toujours facile d'identifier une blessure donnée aveç la sorte d'instruments piquants emplovés: toutefois sur les os et en particulier au niveau du crâne, la forme de ja ulessure transversale reproduit assez fidèlement celle de l'instrument : fente osseuse allongée s'il s'agit d'un couteau ou d’un poignard, trou rond ou anguleux si l'instrument était muni d'une uge cylindroconique ou avec arètes,

Le danger des blessures par instruments piquants réside d'abord dans l’hémorrhagie qui se fait généralement à l'intérieur; mais le principal danger est l'infection déterminée par un instrument septique,

Les blessures faites par les fines aiguilles sont en général roff.nsives; celles produites par un intrument propre et bien tranchant, guérissent assez facilement. Toutefois, lorsque les tendons où leurs gaines sont atteints, notamment dans les résions palmaires et plantaires, le pronostic est toujours sérieux. Il est clair que les blessures pénétrant les cavités thoracique, abdominale, ete, sont très graves.

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