SIIL QUESTIONS RELATIVES A L'HOMICIDE
Les multiples questions re'atives aux circonstances mé lico-légales dans lesquelles l'homicide à éré commis, ne peuvent toutes être prévues par l'expert ; il fera bien dans tous les cas, de se préparer à ré- Pondre le mieux possible aux suivantes :
1° Avec quelle arme la blessure at-elle été fuite 2—I1 est en £cnéral, facile de ne pas confondre les blessures faites par les diffé. rentes variétés d'instruments, surtout si l'on a bien présent à la m& moire les caractères propres à chacune d'elles. On devra toutefois les analyser avec soin, car un certain nombre peuvent prêter à confusion; ce sont, entre autres, les plaies par instruments tranchants simuiant des plaies contnses et vice-versa; les plaies Par armes à feu datant l'apparence de celles produites par les instruments Piquants,
Il est, par contre, presque toujours impossible de dire qu'un ins- ‘'ument donné d'une variété admise, est l'instrument employé, à rions de la présence, sur cet instrument, de certains caractères indiquant l'usage qu'on en a fait : telle serait, par exemple, la présence de tches de sang, de poils, de tissus, ete, de même aussi, les ébréchures, l'épointement, une cassure, ete.
2° Dans quel ordre les blessures ont-eiles été faites?—$Si Ja pretitre blessure à déterminé la mort, elle sera imprégnée de sang, tand's que la seconde en présentera peu ou point: cela est particulière. ment vrai, lorsque les deux blessures exposent également à une héhorrhagie importante,
On ne saurait admettre dans tous les cas, que la blessure la plus erave ou mortelle, soit toujours la dernicre : car le meurtrier peut tontinuer de frapper, même après un premier coup mortel, surtout si la victime ne s’est pas de suite abattue.
Quand deux plaies faites Par instrument tranchant se traversent, l'est aisé de dire quelle est la première en date: si l'on accole d’abord ‘ormalement, c’est à dire dans une ligne continue, les lèvres de Ja Première, on obtient aussi le rapprochement des lèvres de Ja seconde inals avec une ligne brisée; si au contraire, on commence par rapprocher les bords de la seconde sur une ligne continue, on s'aperçoit que laccolement normal des borits de Ja première est impossible,
Lorsque deux balles ont pénétré la boîte crânienne à quelque istance l’une de l'autre, les irradiations de fracture de la première Sont complètes, tandis que la seconde balle produit des fissures secondaires, incomplètes.
Comme l'arme (un couteau, par exemple) est en général tachée le sang lors de la première blessure, elle s'essuie souvent sur les habits en produisant la seconde, |
L'arme qui a servi à faire plusieurs blessures, finit souvent par s émousser, s'ébrécher sur les os, de sorte que les premières blessures < ront plus régulières que les autres.
Les blessures dues, par exemple, à une chute (blessures agonques) sont évidemanent consécutives aux blessures mortelles qui ont amené la chute.
Les blessures ducs à la défense sont présumées être antérieures à la blessure mortelle,
3° Ÿe-t-il eu plusieurs agresseurs?--La preuve d'une agres ‘on faite par une où plusieurs personnes appartient surtout à l'en. quête judiciaire; mais l'expert doit lui-même rechercher les indices qui mlitent en faveur ou contre l'agression multiple,
Dans le cas d'une seule victime portant plusieurs blessures faites par Ji mème arme, lhypothe+ d'un seul agresseur s'impose ordinairement; il en est de même lorsqu'il ÿ a plusieurs victimes et que es victimes sont des enfants; telle fut l'agression commise par Tom Nulty, à Rawdon (1896).
Les blessures muitiples faites par des armes d'esnèces différentes ‘i ggèrent ordinairement l'idée d’une agression multiple: cependant ren n'empêche le mème agresseur de se servir successivement d'un bâton et d’un poignard, d'une arme à feu et de la crosse de cette arm
Plusieurs blessures faites par des armes de même espèce mais de calibres différents comme. par exemple, deux nlaies portant deux balles de dimensions, de poids. ete., inégaux, sont en général, la preuve d'une agression multipie.
Le lieu du crime peut aussi fournir des indices utiles, telles les empreintes de chaussures diverses dans la neige, la boue, le sang, etc.
4° En quel endroit la victime a-t-elle été frappée? y à souvent intérêt à connaitre l'endroit où la victime a succomhé, si elle a pu pircourir tel'e où telle distance après avoir été blessée même morte!lement, ou si le corps a été déplacé après la mort.
Il est certain qu'une blessure mortelle n’abat pas toujours le suict à l’endroit même où il a été frappé; toutefois, certaines blessures telles que, section de la moelle, fracture des mermhres inférieurs, ete. exeluent souvent la marche.
C'est la présence, la quantité et la dispotion du sang répandu Gui nous indiqueront l'endroit où la victime a été frappée et celui où elle a succombe.
Huy a pus de doute que la présence d’une mare de sang abon-
dante près de la victime indique l'endroit où elle est morte; mais la présence d'une traînée de sang sur le sol et surtout, de gouttelettes
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strmenres
aitérieiles sur les objets ou les murs
à quelque distance de là, indique un déplacement de la victime après
réception d'un coup fatal,
On n'oubliera pas que le sang peut provenir du meurtrier lui-même, de ses propres blessures.
des taches, des empreintes, etc, souillé du sang de sa victime ou
5° Quelles éuient les posilins respectives de la victime et de l'agresseur au moment où le Coup à été porté? — Lorsque la victime est frappée debout, le sang se répand surtout au-dessous de la blessure et y tache les vêtements ; lorsqu'elle est couchée sur le dos ou sur le côté, le sang s'écoule de même vers les parties situées au-dessous de ‘a blessure.
Le siège de la blessure, soit en avant, soit en arrière de la victime, n'indique pas nécessairement la position occupée par l'agresseur : Mais la direction de la plaie dans le cas d'un instrument tranchant, "u son trajet dans celui d’une arme à feu où d'une arme piquante, Peuvent indiquer l'attitude respective des deux parties,
Dans certains cas, il faut tenir compte de la taille comparative tes deux sujets: un individu de tite taille ne pouvant, par exemle, enfoncer un couteau de haut en bas,
dans la tête ou la gorge d’un individu de haute taille, à moins que celui<i ne soit penché, où placé sur un plan moins élevé,
De la correspondance des blessures et des trous sur les vêtements,
Un peut déduire la disposition de ceux-ci au moment des coups.
6° La mort a-l-elle été la conséquence directe des blessures? .— Les conséquences des blessures nécessitent une étude détaillée qui sera “ite plus loin. Nous rappellerons ici, seulement, que cette question Fst souvent soulevée par la défense, et qu’il appartient à l'expert d’indiquer les circonstances qui
, dans un cas donné, ont Pu aggraver 1a ou les blessures.
S’il est en effet, des blessures tellement graves qu'elles doivent uécessairement entraîner la mort, il en est d'autres qui deviennent inortelles, soit par la coexistence d’une affection organique telle que, le diabète, les cardiopathies, ete. soit par le fait d’une complication ‘infectieuse due à la négligence de la victime: ou bien à la maladresse, 4 Finattention, ete, du médecin traitant.
° Combien de temps avant la mort, la victime a-t-elle accompli certains actes physiologiques tels que, miction, défécation, ingeslion d'aliments, ete?—Nous savons que la digestion des divers aliments se produit en un temps variable suivant les individus, et qu’elle est même susceptible, une fois commencée, de se continuer jusqu'à un certain point après la mort; cependant Ja présence ou l'absence d'aliments dans l'estomac, leur degré de transformation. permettront d’apprécier d’une façon approximative, le moment du dernier repas.
Il sera même souvent possib'e de dire quels ont été les aliments
li gérés, et ct examen alimentaire est facile, sinon à l'œil nu, du moins à l'aide du microscope,
L'absorption de certaines liqueurs sera souvent reconnue par leur odeur spéciale,
La défécation n'expulse pas toujours complètement les matières contenues dans le rectum; par contre, elle s'accompagne presque toujours de l'évacuation de la vessie,
8° La victime a-t-elle pu accomplir certai … actes aprés avoir flé frappée? —La question se pose ordinairement à l'occasion de blessures dont la gravité peut éveiller des doutes sur la possibilité d'accomplir certains actes tels que, cris, paroles, marche, etc. ete,
L'expert se rappellera que de nombreux exempes démontrent ne les Lie ur. les plus graves n'entraînent pas toujours une mort immédiate et permettent souvent l'accomplissement d'actes exigeant une grande somme d'efforts,