‹ Précis de médecine légale [microforme]Chapitre 78 sur 251 · SIL CONSEQUENCES DES BLESSURES · texte numérisé non relu

SIL CONSEQUENCES DES BLESSURES

La détermination des conséquences que peuvent avoir les blessures est un des problèmes les plus complexes qu'a à résoudre l'expert médical. Elle exige en effet, une connaissance approfondie nonseulement de la gravité immédiate que peut avoir une blessure dans “laque cas d'espèce, mais encore de celle ultérieure, que comaorte son évolution locale, norma'e on compliquée,

Dans une ation civile, c’est-à-dire lorsqu'une réparation pécuniaire est demandée, l'expert recherchera si les blessures entraîneront une incapacité de travail plus où moins longue, si elles peuvent être suivies de mort à une échéance plus où moins éloigné, ou seulement l'une infirmité permanente avce réduction particle où totale de Ja capacité de travail.

Dans l’action pénale en vue de la rénression des blessures. la lui, tout en laissant au juge un large pouvoir d'appréciation, a toutefois pris soin de mesurer la peine à la gravité de la lésion. Ainsi.

«ile distingue les bessures légères, les blessures graves et les blesures

mortelles,

Une blessure légère désigne une lésion qui ordinairement est peu étendue, qui guérit rapidement, sans laisser aucune difformité. Il ne semble pas que, dans l'esprit de la loi, une blessure légère par elle. même, puisse être considérée comme grave ou “dangereuse pour la vie”, suivant l'expression méme du Code criminel, à .ause de complications tout éventuelles comme, l'érésipèle, la lymphangite, le tétanos, la septicémie, ete. qui appartiennent à toutes lésions traumati. ques, sraves ou lévères,

El n’est pas facile, au moins dans certains cas. de préciser ce qu’entend la loi par biessure grave:

Art. 274, Code criminel: “Est coupable d'un acte criminel et passible d’un emprisonnement de trois ans, quiconque blesse illégalement une

autre personne ou lui fuit quelque lésion corporelle grave, soit avec soit sans arme où instrument,”

À côté, n effet, de blessures “ont le danger est imminent comme, par exemple, les plaies étendues, es fractures du crâne, le lé. +0ns des gros vaisseaux et des vrganes internes, ete, il et existe une foule d’autres dont le danger provient, soit de certaines conditions individuelles: âge, constitution (diabète, turerculese, cancer, vphilis, etc.), habitudes alcooliques: soit de condition générales: saison, elimat, défaut de soins, traitement suivi, ete: soit enfin de complia tions intercurrentes: les unes relatives à ja nature méme de ]n bios sure, les autres relatives à son siège anatomique,

A cette question donc: “la blessure est-elle grave?” l'expert ne saurait mieux répondre qu'en faisant une énumération complète de ses conséquences probables,

Une blessure est dite mortelle. lorsque, immmédiatement où lan un Court espace de temps après sa Production, elle ct suivie de mort Voici à ce propos, quelques articles intéressants à connaître :

Art. 254--Nu) n'est criminellement respolsable d'en avoirs tué un nntre à moins que la mort n'ait lieu dans l'an et jour de la cause da décès

2. Le délai de l'an et jour compte à partir du jour inclusivement où le dernier acte illégal contribuant à la cause de la mort à eu lieu.

3. Si la cause de la mort est une abstention de remplir uu devoir légal, le délai compte à partir du jour iuelusivement où à cessé cette abstention.

4. Si la mort est en partie causée par un acte illégal et en partie Par une abstention, le délai compte à partir du jour inclusivement où le dernier acte illégal a eu lieu, où l'abstent n 4 Cessé, quel que soit celui de ces événements qui a lieu le dernier. 56 V, ©, 29, art, 299.

Art. 255.—Nul n'est criminelle nent responsable de la mort d'un aie tre uniquement eausie Par une inflience sur son esprit, ni de Ja mort d'un autre causée par un désordre où jar une malalie provoquée par cette influence, sauf, dans l'un où dans l'autre cas, s'il 4 effravé volontairement un enfant où une Personne malade, 55-56 V.. ©. 29. art. 223.

Art. 256.- Quiconque, par un acte OÙ par une abstention, cause la Mort d'un autre, est réputé l'avoir tué, bien que l'effet dos coups où b'essures portés à cette personne n'ait été que d'accélérer s1 mort pendant qu'elle souffrait de quelque désordre où de quelque maladie provenant d'une autre cause 55-56 V., €. 29, art. 224,

Art. 257.- Quiconque, par un acte OÙ par une absteution, cause la mort d'un autre, est réputé l'avoir tué, bien que l'on eût pu prévenir sa mort en employant les moyens convenables, 55-56. €, 29, art. 225.

Art. 258.— Quiconque fnit une iésion corporelle qui par elle-même est d'une nature dangereuse, dont résulte la irort de la personne qui l'a reçue, est réputé l'avoir tuée, bien que la cause immédiate de la mort soit le traitement convenable où erron£ appliqué de bonne foi, 55-56 V., ©. 29, art. 226.

Nous étudierons successivement: 1° les conséquences générales et locales des diverses variétés de blessures dan: chaque région en particulier; 2° les processus morbides généraux d'origine traumatique ;

e A » « 3 la mort, consequence commune à toutes Jes blessures,

mit

A.—CONSEQUENCERS DES DIVERSES BLESSURES SUIVANT LES REGIONS, l°—Blessures de la tête,

Elles intéressent les parties molles, le crâne, les méninges et l'en. céphale,

a) Blessures des parties molles —Yles consistent dans des contusions simples où des plaies contuses (déchirures), plus rarement ‘dnns des plaies par instruments tranchants et par instruments piquants, .

Les lésions contusives sont d’origine accidentelle ou criminelle, les autres reconnaissent presque toujours une origine criminelle,

La chute est souvent productrice de la contusion accidentelle, notamment à la suite d’un coup mortel infligé à la victime elle-même ; l'origine accidentelle de la contusion est alors indiquée surtout par ‘# situation, Ainsi une blessure du sommet de la tête a plus d'une chance d'avoir une origine criminelle, À moins qu’il soit prouvé que ki personne soit tombée d’une hauteur assez considérable,

Dans les contusions simples, le sang peut se t’vandre sous le sir chevelu seulement, et ne rien laisser apparaître au dehors: quel- -quefois il donne lieu à une bosse molle, fluctuante.

Toutes les blessures des parties molles de la tête ont une tendance à saigner abondamment à cause de la multiplicité des vaisseaux et de la laxité du tissu cellulaire; il est rare toutefois que l’hémorrhagie entraîne la mort, excepté dans les blessures étendues.

Elles guérissent en général rapidement et par conséquent ne peuvent être considérées comme dangereuses.

Les complications particulièrement à redouter sont, l'érysipèle, l'abrès, le phlegmon diffus, ete. Lorsque la blessure siège au dessus de orbite et qu'elle a atteint le nerf susorbitaire, elle peut être suivie de troubles névralgiques et même de troubles de 1a vision par paralyse de la paupière supérieure. Toutes les blessures de l'orbite sont d’ailleurs sérieuses et quelques-unes très-dangereuses,

Une blessure du canal de Sténon entraîne généralement une fistule salivaire.

En général, les blessures de la face entraînent des difformités qui donnent lieu à une action civile.

L'expert se souviendra: 1° que les blessures des parties molles ne «donnent pas toujours une idée exacte des désordres profonds ou internes; 2° que des lésions, internes graves, telles que, ‘hémorrhagies cérébrales ou méningées, contusions cérébrales, fracture du crâne, etc., peuvent résulter d’une violence directe, sans que celle-ci ait laissé

aucune trace À l'extérieur; 3° que linflammation cérébrale succédent à une lésion traumatique, peut ne se manifester qu'après une

semaine et plus, qu'elle peut méme dans CertAINS Cas, rester jatetite pendant des mois pour sv erinitier brusquement par la mort.

b) Blessures du crûne.- Les instruments Piquants pénétrent ne “2 facilement lu boîte crâtienne, surtout au Niveau des sütures et «dl 'a portion écailleuse du temporal, L'orifice reproduit assez bien ja forme de l'instrument : trou rom! ou aligulaire, fente dont los extré mités sont parfois prolongées par des fissures,

Ces blessures sont, comme on conçoit, toujours darigre reusUs à cause des complications inflammatoires,

Les instruments à ln fois tranchants et Cotondants produisent, soit de simples entailles de l'os crânien, sdit iles sections complètes

Les armes à feu produisent des perforations de formes variée. tantôt l'orifice est ron l, plus souvent il est chan ré par suite de de ‘achement d’esquilles, Lorifice est toujours plus petit au niveau dk la table premicrement fteinte; par conséquent l'orifice 4 entrée 4 en sévasant de dehors en dedans, tandis que l'évasement est en cens contraire à l’orifice de sortie

Ces perforations s'accompagnent souvent de fissures en ravone, vu même de véritables fractures dues, soit à la Compression sitnple. ent, soit à l'action de: gaz d'explosion, soit enfin à la pression hy drostatique,

Les instruments on Mieux les corps centonlanta proisent sur tout des fractures du c'âne,

Celles-ci se divisent en fractures de la voûte et en fractures je la base,

Les fractures Je la base comportent en général un pronostic pins sombre que celles de la voûte; ji] est cependant important de se r'Appeler que dans certaine Cas, la guérison à lieu. Leur danger immé. d'at provient surtout des lésions des cent “es vitaux situés dans Ja moe le allor.gée, où de lépanchement Sanguin dans jes diverses parties de la base du cerveau, La Mort peut en outre sürvenir à la Stte de com Plications secondaires : méningite, abeès, ete. nonobstant les soins médicaux les plus attentifs.

Les fractures de la base sont, soit des fractures en fover siégeant surtout au pourtour du frou occipital, soit des fractures à longs traits s'étendant de la voûte à Ja base.

Les fractures en foyer résultent le plus souvent d'un mécaniime indirect: chute sur lee Pieds, sur le siège, où encore chat. d'un objet Sur la voûte, produisant dans l'un et l'autre cas, un tassement des condyles de l'occipital contre le sommet de la colonne vertébrale,

Les longs traits de fracture allant de la voûte vers ia base, rsu!tent d’une Compression violente et subite Par un agent extérieur. agissant ordinairement Par une surface d’ayplication plutôt large. Ces traits peuvent être multiples, bifurqués dans leur trajet; ils in. téressent toute l'épaisseur de la Paroi, ou bien ils sont constitués se1-

D om

lement par des fissures de la table interne ou de la table externe ; leur direction est, soit longitudinale, soit trunsiersale, mais correspond, en règle générale, à celle de l'application de ln violence. Si, par exemple, le coup à porté sur le vertex, les traits de fracture se font sur l'un ou sur l'autre côté, parfois même sur les deux côtés à la fois, et leur direction est plus souvent transversale que longitudinale; le coup porté sur la twmpe donne de même lieu à un ou plusieurs traits de fracture qui longent le rocher pour se perdre dans l'étage moyen; les violen. ces sur l'occtput donnent lieu à des irradiations vers l'étage inférieur ; les violences sur le front irradient longitudinalement vers l'étage antérieur,

Pour mieux comprendre le mécanisme de la production de ces traits de fracture, on a l'habitude de les comparer à ce qui se passe lorsqu'on comprime une noisette entre les doigts: l'éclatement à licu d'abord, non pas aux points de compression, mais dans lex parties intermédiaires dont la pression tend à élurgir le diamètre, le où les traits de fracture se dirigeant vers les pôles de compression — qu'ils i'attesgment d'ailleurs pas toujours,

L'endroit où à porté la violence peut donc rester inlemne de frac. ture: il peut même v avoir absence de lésions visibles à l'uxtérieur, l'ecchymose en particulier, restant souvent cachée sous le cuir chevelu.

Les fracassements de la plus grande partie du crâne a ppartiennent en général aux grands traumatismes: chute de haut sur la tête, écrasement, coups viril cts et répétés. Il faut se rappeler toutefois que certains crânes : roi mince peuvent être fracassés par des violences médiocres,

À côté des fractures À grands rayons dont le mécanisme est indirecte, on rencontre à la voûte, des fractures en foyer qui résultent toujours d'une violence directe limitée, tel, par exemple, un coup de marteau.

Ces fractures en foyer peuvent, si la violence a été suffisante, présenter des irradiations vers la base : mais le plus souvent, elles sont limitées à un endroit quelconque de la voûte. Elles sont on incompiètes, c'est-à-dire consistant en de simples fissures de la table interne surtout, où completes et alors, le ou les fragments osseux sont, soit déprimés seulement, soit détachés, Elles sont tantôt irrégulières, c'està-dire consistant en de multiples éclats, en nn fracassement limité, lequel n'indique autre chose qu'une violence locale plutôt grande, faite au moyen d'un instrument contondant à svrface assez large; tantôt elles sont régulières, c’est-i-dire montrant une perte de suhstance dont la forme affecte celle de l'instrument vulnérant: forme ronde, carrée, triangulaire, quadrangulaire, ete. [1 semble que ces fractures en forme puissent être produites seulement par des instru-

ments à petite surface (4 em. Carrés), où pur des instruments plus ler. gs agir ant pu: une Partie seulement le leur surface (Hofmann),

Les fractures de li voûte qui ne s'accompagnent d'aucun dépla. cement, he peuvent être rwonnues que par les symptômes: celles, au contraire, qui s'avompagnent d'un déplacement des fragments, se. ront diagnostiquées d'une part, à l'aide des signes de COM pression, d'autre part par la dépression des fragments ou Par leurs bords nbrupts

Dans ses efforts Je localisation de la fracture, l'evnert se sou viendra que celle-ci peut se faire en ua endroit éloigné et parfois d'amétralement OPpose au point contus,

Les fractures de l'étage antérieur donnent lieu à une effusion de sang duns les issus des régions orbitaires ; le ang et le liquide Gphalo-rachidien s'écoutent Aussi par le nez ou “'introduisent dans le Pharvnx: la Compression détermine ‘e ]n Paralysie des nerfs olfac. Gifs, optiques et oculo-moteurs,

Les fractu-es de l'étage moyen léterminent un éoulement de sang et de liquile céphalo-rachidien par le conduit auditif COrré-pOone dant uu rocher fracturé, Cet écoulement peut encore se faire par la trompe d'Eustiuhe, gi là EYmpas est resté intuot, Après quelques jours, il peut YAVOIr paralisie des nerfs auditif et facial,

Dans les fractures de la fose postirieure, Je sang ot le liquide céphalo-rachidien s'é oulent du côté du Pharvnx,

Dans tous les eus de fractures Ju crâne, l'expert aura soin de noter l'épaisseur de [a Part, afin de pouvoir au besoin, émettre une opion touchant Je degré de violence, Hévessaire À leur production.

On trouve quelquefois entre les Jéyres de la plaie osseuse, des C-rps étrangers et notamment des cheveux, On conçoit facilement que ceux-<i ne peuvent #intro luire entre les bords de la fracture qu'à la faveur d’une plaie des parties mol'es, ce qui peut avoir une cer. laine importance dans les exhumations tardives,

c) Blessures des méninges et le l'encéphale, — Parmi les blessures des méninges et de l’encéphale, il en est deux qui doivent particulièrement attirer notre attention, ce sont: Ja coutusion cérébrale et l'hémorrhagie inträ-crânienne.

Mais les traumatismes AYant atteint directement ou indirectement les centres nerveux cérébraux donnent souvent lieu à des phéhomènes cliniques de la plus haute IMmortance médico-lésale, Ces ; hénomènes sont les nns précoces et passagers, tels, la commotion vé. lcbrale, la CoMpression cérébrale, les troubies PsYchiques: les autres lardifs comme Jes Psychoses, la Paralvsie générale, la pachyménin- £ite; enfin il faut “oMmpter avec cette complication infectieuse, fré- Quénte et grave, qu'est la méningo-encéphalite.

l° Contusion cérébrale, — Elle consiste dans une attrition plus Où moins marquée du cerveau, plus rarement du cervelct, du bulbe et

de la protubérance; elle siège, soit duns l'épaisseur de la substai.e nerveuse: corps strié, corps calleux, centre ovale; soit, beaucoup plus . équemment, à l'écorce cérébrale même et notamment, au niveau cles lobes frontaux et teriporaux.

La contusion ecrébrale semble résulter de traumatismes vo lents tels que, chute, coup, avant porté sur la tête, mate sans que 2e crâne soit, dans tous les cas, fracturé, Elle se produit, soit au niveau de l'endroit frappé, — ce qui a lieu surtout lorsque le corps contondant n'a atteint le crâne que par une petite surface, ou qu'il a déterminé une fracture en foyer soit, et plus souvent, sur :a partie du cerveau diamétralement opposée. Le fait qu'il existe piusieurs contusions irrégulièrement distribuées, n'indique pas nécessai rement des coups multiples.

Au point de vue anatomique, la contusion cérébraie prend différents uspects suivant son intensité: tantôt la lésion apparait comme une plaque plus ou moins large, constituée par de petits points hemorrhagiques avec imbibition rougeñtre de la substance intermédiaire. tantôt la pulpe cérébrale est réduite en une boutllie rougeûtre par suite de son mélange avec le sang.

Il va sans dire que la pie-mére est toujours atteinte en men temps que la substance cérébrale qu'elle recouvre; ses lésions eonsistent, soit en de petites ecchymoses, soit en des épanchements plus considérables, dus à la rupture de cette membrane.

La contusion cérébrale est caractérisée au début an noins, par les mêmes symptômes que la commotion cérébrale dont elle ne se distingue d'ailleurs que par la présence de lésions anatomiques, A mesure que les symptômes diffus du début diminuent d'intensité, on en voit souvent apparaître d'autres à ocalisation spéciale (spasmes, contractures, paralysies) qui indiquent une compression cérébrale,

Les foyers de contusion peuvent se résorber ou se cicatriser sous forme de placards jaunâtres où de kystes: mais leur complication habituelle est la méningo-encéphalite qui est d'autant plus à craindre, que la contusion est plus étendue ou plus intense.

2° Hémorrhagies intra-crantennes. — Au point de vue de leur siège, les hémorrhagies intrarâniennes se divisent en hémorrhagies extra-méningées où extra-duré-mèriennes: hémorrhagies imtradure-mèriennes, 1. €. dans la cavité arachnoïdienne: hémorrhagies 8 us-pie-mèriennes; enfin hémorrhagies cérébrales. On comprend fa cilement que dans certains cas, l'épanchement puisse se montrer à la fois dans plus d'une de ces régions.

Chacun de ces groupes hémorrhagiques reconnaît une origine traumatique, mais Îes trois derniers reconnaissent en outre une orgine spontanée.

x). Hémorrhagie extra-dure-mérienne. — Elle résulte toujours

d’une violence ayant entraîné la Tüpture, soit des sinus: sinus lon. gitudinal supérieur, sinus latéraux et Pressoir d'Hérophile, sinus ca- Verneux; soit des petits vaisseaux méningés s'étendant de la dure. mère à l'os crânien : soit enfin de l'artère méningée moyenne, source ordinaire des hémorrhagies abondantes,

Il est très important de noter que la rupture de ces divers vaiseaux, particulièrement des vaisseaux méningés, peut avoir lieu sans fracture du crâne et même sans lésions des parties molles. L'absence de fracture dans ces Cas, quoique rare, trouve son explication d’une l'art, dans le siège anatomique des rameaux méningés, lesquels che. minent dans des gouttières creusées aux dépens de la Paroi interne des 08 de la voûte; d'autre part, dans le fait que la Paroï osseuse possède assez d'élasticité pour Supporter, sans se briser, une dépression ca. . pable de déchirer les vaisseaux méningés,

la déchirure des petits vaisseaux méningés donne lieu à de petits foyers disséminés çà et là entre la dure-mère et le crâne.

Quant à la rupture de la méningée moyenne, elle se fait, soit =u niveau du tronc, près du trou petit rond, dans les fractures de la base; soit, plus Souvent, au niveau de ses branches qui sillonnent In voûte. L'épanchement de sang est ici constitué par un caillot “nique que la section en un temps, de la ralotte tränienne, met parfaitement en évidence ; la forme et les dimensions de ce caillot sont toujours à peu près les mêmes: 3 à 4 pouces pour la hauteur et pour la longueur, 2 à 3 Pouces pour l'épaisseur, ce qui correspond à un volume moyen de 300 à 400 grammes de sang.

On comprend qu'un tel épanchement qui doit, en même temps qu'il se forme, décoller la dure-mère ct refouler le cerveau, ne se lanifeste parfois que plusieurs heures après l’accident, au cours des. quelles le malade jouit souvent de toute sa lucidits,

y). Hémorrhagies intraméningées — (sous-lure-mèrienne et sous-pie-mèrienne ), L'épanchement Provient, soit de la rupture des Vaisseaux de nouvelle formation comme dans la pachyméningite, soit, et plus souvent, de la runture des vaisseaux de la Ple-mère ; et dans ce dernier cas, le sang s'infiltre Presque toujours, à la fois dans la cavité arachnoidienne et à la surface même du cerveau.

Mais un point d'intérêt commun à toutes les hémorrhagies intraméningées de même qu'aux hémorrhagies cérébrales d'ailleurs, c’est qu’elles reconnaissent, soit une origine traumatique, soit une origine Spontanée; et le traumatisme Causal peut parfois ne donner lieu, ni à des lésions des parties molles, ni à une fracture du crâne,

La pachyméningite est constituée anatomiquement par des néomembranes qui tapissent la face interne de ja dure-mère et dont les vaisseaux, eux-mêmes de nouvelle formation, ont une paroi très friable.

Or, ce sont ces petits vaisseaux qui se rupturent, tantôt spon-

tanément, à l’occasion d’une congestion des méninges due, par exemple, à l'ivresse, à la colère ou autre émotion violente; tantôt sous saction directe d'un traumatisme même léger. Mais avons-nous dit, l’hémorrhagie intra-méningée est plus souvent due à la rupture des vaisseaux qui sillonnent la pie-mère, et ici encore, on peut trouver comme causes de cette rupture soit le traumatisme, soit l'alteration chronique des artères méningées et cérébrales.

4). Hémorrhagie cérébrale — Klle résulte de la rupture des petites artères qui circulent dans l'épaisseur de la pulpe cérébrale. Tantôt il existe plusieurs foyers sanguins de volume variable, tantôt il n'en existe qu’un seul qui siège le plus ordinairement au niveau de la capsule interne.

I nous suffira de mentionner ici les causes qui donnent heu à lhémorrhagie cérébrale spontanée: ce sont les lésions chroniques des artères cérébrales et les lésions chroniques du coeur et des reins.

Quant au traumatisme, on le retrouve souvent à l’origine des hémorrhagies cérébrales, alors même qu'il n’y a pas eu fracture du crâne.

Mais une question très importante se pose ici d'elle-même: comment l'expert pourra-t-il établir que l'hémorrhagie cérébrale ou l'hénorrhagie intra-méningée, suivant le cas, appartient au traumatisme plutôt qu'aux diverses affections déjà mentionnées comme productrices de l’hémorrhagie spontanée ?

Toutes les fois que ces hémorrhagies existent en même temps que des traces de traumatisme: plaie ou ecchymose du cuir chevelu, fracture du crâne, contusion cérébrale, il y a lieu de soupçonner que celui«i en est la cause, que les facteurs ordinaires de l’hémorrhagie spontanée : lésions artérielles méningécs et cérébrales, lésions rénales, hypertrophie du coeur, etc., soient présents ou absents. Mais on n’oubliera pas que l'individu surpris par une hémorrhagie spontance peut tomber et se blesser à la tête.

Un autre point important, soulevé de temps en temps devant les tribunaux, est celui qui a trait à la période de temps maxima durant laquelle l'hémorrhagie intra-crâänienne peut être rattachée à un traumatiime donné.

Si, en effet, les auteurs semblent unanimes à admettre la production d’hémorrhagies intra-crâniennes tardives — on se souviendra qu'elies peuvent aussi rester latentes pendant plusieurs jours — ils sont loin d'être d'accord pour fixer l'époque à laquelle ces hémorrhagies ne sauraient plus être raisonnablement rattachées au traumatisme incriminé: les uns vont jusqu'à accepter un délai de piusieurs mois, d'autres et en particulier Thoinot, croient qu'un délai de six à huit semaines est plus conforme au bon sens.

3° Commotion cérébrale. — On admet que dans certains cas, le traumatisme cränien, soit direct : coup où chute sur la tête, soit

indirect: choc où ébranlement secondaire de l’encéphale, puisse ameher une suspension plus où moins brusque des fonctions cérébrales sans lésion matérielle appréciable, C’est cet accident que l’on désigne sous le nom de commotion cérébrale,

Celle-ci peut done exister seule, mais le plus souvent elle s’ac- “otnpagne d'une blessure du crâne où du cerveau. Nous avons déjà dit qu'il fallait la considérer comme le premier degré de la contusion er céphalique,

Mais la commotion cérébrale reconnait elle-même plusieurs formes cliniques: légère, grave, foudroyante. La commotion Tégère se traduit par du vertige avec ou sans perte de connaissance — celle- 1 ne durant alors que quelques minutes —, pâleur de la face, ralentissement du pouls, faiblesse de la respiration, etc; la guérison complète survient après quelques heures, au plus. Dans la commotion grave, on observe Ja perte de connaissance, de sensibilité et de mouvement; les pupilles sont dilatées et ne réagissent plus; il y a souvent vomissements, perte d'urine et de matière fécale; le pouls et la respiration sont réduits au minimum. Le malade reste dans cet état quelquefois pendant plusieurs jours nour se rétablir ensuite lentement et d’une façon souvent incompl te. Les commotions graves laissent très souvent après elles, de la céphalée persistante, des étourdissements et surtout de l’amnésie, quand ce ne sont pas des accidents tardifs tels que, névroses, psychoses, etc,

La commotion foudroyante détermine le coma et la mort rapide, “ans que, encore une fois, l'on puisse trouver aucune lésion à l’autopsie,

D'ordinaire, les Symptômes diffus de la commotion cérébrale vont en diminuant à partir de l'accident, et font place à des symptômes à localisation spéciale, dus aux lésions qui souvent l’accompagnent: contusion cérébrale, hémorrhagie intra-crânienne avec ou sans fracture.

Comme la commotion «érébrale. accompagnée ou non de blessures de la tête, se produit souvent dans des rixes où les individus sont plus ou moins en état d’ébriété, il nous paraît opportun de rappeler l’analogie des symptômes dus à l'ivresse, avec ceux qui résultent de la commotion cérébrale.

De fait, nombreux sont les cas où ces deux ordres de symptômes ont été confondus, non seulement par des agents de police, mais encore par des médecins : l'autopsie elle-même, comme le note Taylor, ne laisse voir dans l'état du cerveau où ailleurs, aucune lésion pouvant Permettre une. distinction de ces deux affections.

On se souviendra que l'odeur d'alcool n’est pas une bien forte Preuve d'intoxication, bien que sa présence et l'histoire du cas puissent y laisser croire.

Plusieurs théories ont été émises pour expliquer les phénomè.-

nes de la commotion cérébrale ; nous n’en retiendrons que deux: celle ce Fisher et de Bergmann qui fait de la commotion cérébrale, une anémie aiguë de l’encéphale, sous l’influence de la contraction reflexe des vaisseaux ; celle de Duret qui l’attribue à une compression brusque du plancher du 4ème ventricule, exercée par le liquide céphalo-rachidien.

Queiques auteurs ont attribué à la commotion cérébrale, une action que d’autres croient exagérée, à savoir que la faiblesse du coeur serait, dans certains cas, telle que l'hémorrhagie n'aurait pas lieu dans les blessures qui accompagnent la commotion,

4° Compression de l'encéphale, — La compress'on dn cerveau a lieu dans les cas de tumeur, d’abcès: elle peut résulter de fractures du crâne avec déplacement des fragments; mais les causes les plus intéressantes de la compression cérébrale sont les épanchement: hémorrhugiques et en particulier, celui qui résulte de la rupture de l'artère méningée moyenne.

Les phénomènes de compression apparaissent évidemment avec d’autant plus de rapidité que l'extravasation s’est formée plus rapide. ment; mais souvent il existe un intervalle assez long (quelques heutes à plusieurs jours) entre l'accident ou les phénomènes de commotion cérébrale, et l’apparition des symptômes de compression, inter. valle durant lequel l'individu peut marcher, parler, bref, accomplir tous les actes ordinaires.

Les symptômes de la compression sont au début, des phénomènes d'excitation: céphalée, vomissements, agitation, délire, congestion de la face, etc., et ensuite des phénomènes paralytiques. Voici, d’après Agnew, un tableau comparatif des symptômes différentiels de :: commotion et de la compression cérébrales :

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