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SIL CONFORMATI ON DE L'APPAREIL GENITAL EXTERNE CHEZ LA FEMME

(Quelques notions d'anatomie médico-légale sont indispensables

Pour comprendre les Ksions que peuvent produire les différents attentats à la pudeur et notamment le viol.

Les parties sexuelles de Fappareil génital externe de la femme, qui intéressent davantage, sont: les grandes lèvres, les petites lèvres, le clite. 4, Je méat urinaire, la fosse naviculaire, l’hymen.

Les grandes lèvres sont deux replis cellulo-cutanés qui limitent extérieurement Ja fente vulvaire; elles se réunissent inférieurement eh une sorte de bride membraneuse qui se nomme Ja fourchette. Chez les petites filles et chez les filles nubiles mais vierges, les grandes lèvres sont en général, épaisses, fermes et saillantes, ce qui est dû AU coussinet graisseux qui double la peau. (Cette disposition leur permet de s'appliquer exactement l’une à l’autre, de recouvrir complète. Lent les petites lèvres et de fermer la vulve, 5

On comprend toutefois que la disparition du tissu graisseux sous- Cutané Par une cause quelconque (amaigrissement, maladie, ete.) Aura pour effet de modifier cet aspect des parties, c’est-à-dire de laisser ouvert l’orifice vulvaire, C'est d’ailleurs ce qui a lieu nor- Malement chez la femme d'un âge plus avancé, dont les grandes lèvres sont flasques et légèrement entr’ouvertes,

Les petites lèvres sont deux feuillets Muqueux qui doublent en Partie les grandes lèvres et qui, remontant vers Je clitoris, s’y entrecroisent pour former le Prépuce. Chez les petites filles, elles sont d'ordinaire complètement recouvertes et d’aspect rosé; mais il arrive aussi qu’elles sont très développées au point de dépasser les grandes lèvres de plusieurs centimètres, et cela, sans au’il puisse être invoqué aucun attouchement répété, aucune manoeuvre d’onanisme. Lorsqu’elles sont exposées à l'air, elles deviennent sèches et brunâtres : c’est ainsi qu’elles sont d'ordinaire chez Ja femme adulte.

Le clitoris est un petit organe érectile situé au point de jonction des petites lèvres. Il est analogue au pénis de l’homme. On ne saurait nier que les excitations vénériennes répétées et l’onanisme, aient parfois pour résultat d'augmenter Je volume du clitoris et de déterminer un état de congestion habituelle de son extrémité, mais

tion blennorrhagique, assez fréquente dans les affaires de viol. La fossette naviculaire est située en bas du canal vulvaire, entre la fourchette et lhymen. I] R’y & pas de douie qu’elle puisse être en.

largie par des tentatives répétées de coït incomplet; mais il faut aussi compter qu'une telle déformation peut être congénitale.

L’hymen est une membrane qui ferme plus ou moins l'entrée du vagin. Au point de vue histologique, cette membrane est constituée par une couche de tissu conjonctif, recouverte sur les deux faces par une muqueuse. Il est certain que l'hymen existe normalement chez toutes les femmes ; il ne saurait disparaître sans trace. Chez les enfants très jeunes, l’hymen est assez profondément situé, cela tient à l’abondance du tissu adipeux qui fait saïllir les grandes lèvres; mais cette disposition se modifie avec l'âge ou avec l'état d’amaigrissement, si bien qu'à l’époque de la puberté, il est déjà plus facile à apercevoir.

Sous le rapport de la forme et de la consistance, Phymen peut présenter de grandes variétés.

On compte trois principales formes qui sont par ordre de fréquence :

1° La forme semi-lunaire ou en fer à cheval (falciforme) : sorte de croissant ocupant la moitié postérieure de l'orifice vulvaire et dont les extrémités se dirigent de chaque côté du méat urinaire. Du bord libre, partent parfois deux encoches symétriques et plus ou moins profondes.

2° La forme annulaire ou circulaire, représentant une membrane adhérente dans toute sa circonférence et pourvue d’un orifice central ou excentrique ;

3° La forme labiée dont l’orifice représente une fente verticale, séparant deux bandes allongées qui se réunissent en ba: et en haut par une commissure plus ou moins haute.

Les autres formes de l’hymen sont dues, soit à l'existence d’anomalies :

4° Forme imperforée, très rare, qui, à l'époque de la menstruation, nécessite une petite intervention chirurgicale ;

5° Forme à orifices multiples: hymen criblé à trois ou quatre orifices, et hymen en pont, c'est-à-dire, à deux orifices seulement :— soit à l'existence de plicatures ou d’encoches, qui modifient l’un des trois types principaux ;

6° Forme lobée ou à lambeaux, c’est l’hymen labié dont les lèvres sont divisées par deux encoches (une de chaque côté) situées ordinairement à l’union du tiers supérieur avec les deux tiers inférieurs, Ces encoches d'origine congénitale, peuvent être plus où moins profondes au point même d'atteindre l’insertion vaginale de l'hyimen.

7° Forme en corolle, c’est lV’hymen à lambeaux nombreux se recouvrant en partie les uns les autres.

. 8° . Forme dentelée. lei les découpures ou encoches sont multiples et pen. profondes, donnant l'impression de dents,

9°. Forme frangée. Ici on peut voir sur le bord libre, de multiples prolongement très fins ayant l'apparence de cils.

KT

10° Forme en bourse, c'est ordinairement ja forme annulaire qui, trop large pour l’orifice du vagin, se plisse longitudinalement Pour prendre la disposition d’un cône dont le sommet dépasse souvent l'orifice vulvaire. Cette disposition de l’hymen se voit surtout chez lenfant et disparaît au moins en partie, chez les filles pubères,

Les dimensions de l'orifice hyménéal sont assez variables. Chez les enfants, on peut y passer une sonde de trousse; chez la fille nubile, on y introduit ordinairement l'extrémité du petit doigt; chez La femme adulte, vierge, il est rare que l'extrémité du doigt indiceteur ne puisse pas y être introduite, Mais ces indications sont, bien entendu, tout à fait générales; car g'il existe des cas où l’orifice hyinénéal est très petit, il en est d'aires, par contre, où il présente de grandes dimensions, et ce, indépendamment du coit ou de manoeuvres d'onanisme: l’hymen étant alors réduit à une bande!ette étroite, entourant l'ouverture du vagin.

La consistance de l’hymen, esi, avons-nous dit, aussi ,ariable que sa conformation. 11 y a des hymens à structure tendineuse et qui, partant, sont inextensibles, non dilatables: le fait n'est pas rare chez “: vieilles filles. Par contre, les hymens à structure fibreuse sont très extensibles, c’est-à-dire, parfaitement dilatables sans se déchirer, Ji y a enfin des hymens si minces, si ténus, qu’ils se rompent à la moindre pression.

De ce qui précède, on peut donc déduire, en thèse gérérale, que la virginité a pour caractère principal, l’intégrité de l’hymen, et pour caractères secondaires, de grandes lèvres fermes, s’appliquant bien par leur surface interne, de petites lèvres rosées et cachées par les premières, un vagin étroit et fortement plissé.

Chez la femme habituée aux rapports sexuels, les parties génitales prennent une apparence qui diffère de l’état ci-dessus. On trouve, en effet, dans les cas les plus ordinaires, des grandes lèvres aplaties et écartées, laissant voir des petites lèvres qui ont perdu leur couleur vermeille; un vagin enlargi ou du moins, facilement dilatable; enfin un hymen présentant ordinairement de multiples déchirures et dont les lambeaux toujours reconnaissables, sont tassés contre la paroi. Si l'hymen n'est pas déchiré, son orifice est largement dilaté.

Chez la femme qui a eu un ou plusieurs accouchements, le vagin prend une ampleur plus considérable, la fourchette est ordinairement déchirée, l’hymen est réduit en lambeaux multiples et très petits, ayant l'apparence de végétations et désignés sous le nom de caroncules myrtformes.

SIL CONDUITE DU MEDECIN EXPERT DANS LES EXPERTISES CONCERNANT LE VIOL 01 AUTRE ATTENTAT A LA PUDEUR

Le mdecin appelé par l'autorité judiciaire, à examiner une femme, une fille ou un enfant, ne devra procéder à cet examen qu'en présence d’un témoin: u: confrère, où une antre personne, IL sera utile qu'il interroge la victime où les parents, sur {a nature de Patterntat allégué, sur l'époque à laquelle il aurait eu lieu, sur ses

conséquences immédiates où ultérieures: hémorrhagie, sensation d’hu-

midité causée par le sperme, écoulement blanchâtre où purulent, La

comparaison des réponses des parents et de l'enfant et en particulier

leur discordance, permettront souvent au médecin de reconnaitre 4 ce dernier obéit à quelques suggestions,

Dans la grande majorité des ons, il Y a nécessité de faire des examens répétés, surtout pour faire le diagnostic de maladies vénériennes où pour suivre leur évolution. On coustatera l'état de: gang'ions inguisaux, et au besoin. on jettera un coup d'oeil rapide sur le reste du corps, afin de dépister les accidents sccon laires de la svphilis, Si on soupeonne l'existence d'une blesmorrhagie, on essuiera d'abord soigneusement le méat urinaire, puis on comprimera le canal d'arrière en avant. La matière suspecte est ensuite soumise à l'examen microscopique.

Le médecin doit éviter d'examiner pendant la période menatru-

elle; mais si toutefois il est forcé d'agir à cette époque, il devra renouveler sa visite, quand les parties auront repris leur état norma!,

Il arrive que la personne et surtout l'enfant, se prête plus ou moins volontiers à l'examen médical. Devant un refus obstiné, Pexpert se bornera à en prendre acte: mais si par crainte, pudeur, indocilité, où autres raisons, l'examen détaillé des organes est rendu très difficile, il se gardera bien de conclure d’après des constatations ‘dlouteus.s.

Si la chose est possible, l'expert se fera remettre les sous-vêtements que portait la victime au moment du viol ou de l'attentat. Ces pièces de vêtement seront mises sous scellé afin qu’il puisse être procédé ultérieurement à une analyse des taches de sang, de sperme, etc, qu’eiles peuvent contenir.

Si l'examen révèle des habitudes d’enanisme, il devra en prendre note ct les signaler, si on Jui demande de le faire, avec beaucoup de réserve.

Chez les enfants qui S'adonnent à la masturbation, on trouve souvent une augmentation de volume du clitoris et en outre, un état de congestion marqué de son extrémité, parfois un allongement des petites lèvres, enfin de petites é-orchures faites avec les ongles,

Pour pratiquer l'examen des parties génitales et en particulier

de l'hymen, il faut faire coucher la personne sur une table ou un lit, le siège placé sur ie bord du meuble, les jambes fléchies ot écartées ée facon à ce que la membrane hymen soit aussi tendue que possible, Les grandes et les petites lèvres sont écartées avec la main gauche ou par un aide, tandis qu'avec la main droite, une traction est opérée sur la fourchette. An besoin, on fait tousser la personne, on lui rapproche et écarte sucvess: sement les jambes. Il est eouvent utie d'examiner avec une loupe, pour confirmer ou mettre en évidence des cicatrices légères. El sera bon aussi, surtout chez les enfants, de passer un petit instrument morsse (sonde, baguette de verre, bulbe d’un thermomètre) derrière le bord libre de l'hymen, afin d'en mieux &endre les plis. D'ordinaire, chez la fille pubère, l'introduction du petit doigt est possible. $ IV. PREUVES MÉDICO-LEGALES DU VIOL.

Le viol tel que defini par le code criminel, n’e:t pas une constalation médicale; néanmoins les preuves que l'expert peut apporter n’en sont pas moins d'une e*‘rème importance,

Ces preuves médico-legales sont tirées de quatre sources différentes :

1° Du fait qu'il y a eu rajport sex'el;

2° Du fait que la victime porte des traces de violences extragénitales ;

3° Du fait que, à défaut de vivlences, la victime était ‘ans l’impuissance physique où morale de résister ;

4° De l'examen de l'inculpé.

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