COUP DE PRESSION
physiologiques qui surviennent pendant la phase de compression et pendant le séjour (hins l'air comprimé, et lesphénomt-nes morbides qui peuvent apparaître soit au moment même de la décompression, soit plus ou moins tardivement.
1" Compression. — Lorsque la pression s'élève dans le sas, les ouvriers éprouvent des douleurs d'oreille dues à l'inégalité des pressions qui s'exercent sur la membrane du tympan. Quelques mouvements de déglutition suftisent en général pour taire pénétrer l'air dans l'oreille moyenne par la trompe d'Eustache et pour rétablir l'égalité de pression. La voix devient nasonnée ; à partir de 3 atmosphères, il est impossible de siffler.
2° Séjour dans l'pir comprimé. — Le nombre des mouvements respiratoires diminue en même temps qu'augmente leur amplitude; lacapacité pulmonaire s'accroîtgràce à l'abaissement du diaphragme, consécutif à la diminution de volume des gaz intestinaux. Le pouls est ralenti et la pre>sionartérielIe plus élevéequ'à l'airlibre. La peau et les muqueuses pâlissent et la sécrétion urinaire devient plus active.
3° Décompression. — C'est seulement au moment où l'ouvrier, le scaphandrier reviennent à la pression normale que des accidents s'observent; d'où l'axiome des ouvriers tubistes : « on ne paie qu'en sortant » (Pol et Watelle).
La fréquence et la gravité du coup de pression dépendent du degré de pression atteint, de la durée du séjour dans l'air comprimé et surtout de la rapidité de la décompression.
Jusqu'à la pression de 2 atmosphères, la décompression ne provoque aucun accident sérieux. Après un travail dans l'air comprimé entre 2 et 3 atmosphères, on observe assez souvent des douleurs : tantôt il s'agit d'élancements localisés en certains points du tégument externe et que les ouvriers appellent les jouces; tantôt il se forme des tuméfactions douloureuses dans les muscles ou des gonflements périarliculaires accompagnés darthralgies. Les douleurs sont parfois assez intenses pour provoquer de l'impotence fonctionnelle et nécessiter le séjour au lit ; il est rare que la durée de ces symptômes se prolonge au delà de dix à douze jours.
Mais, au delà de 3 atmosphères, on observe parfois des accidents nerveux organiques graves; les scaphandriers peuvent être brusquement atteints de paraplégie avec troubles sphinctériens au moment où ils remontent sur le pont du navire. Ces accidents, relativement fréquents chez les pécheurs de perles, sont exceptionnels chez les ouvriers des caissons, qui ne travaillent jamais à de pareilles profondeurs ; ils sont dus à des lésions hématomyéliques, provoquées
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sans doute par de petites embolies gazeuses dans les artérioles de la moelle.
La grande majorité des accidents observés chez les ouvriers des caissons, à Paris, lors des travaux exécutés dans la Seine pour la traversée du Métropolitain, relevaient de névroses traumatiques, souvent primitives, d'autres fois grefTées sur des lésions réelles qui avaient provoqué les douleurs musculaires ou articulaires habituelles. Lun des symptômes les plus curieux consiste dans la surdité hystérique, souvent simulée d'ailleurs.