Coup de pression
Condition^ du travail. — Le travail dans l'air comprimé s'accomplit dans les cloches à plonfjeurs, caissons, tul)os, utilisés pour exécuter les travaux de fondation des piles de pont dans les rivières ou pour creuser un puits, une f,'alerie dans les terrains infiltrés d'eau ; en dehors de ces clrconstaiKes, les travaux sous-marins sont à l'heure actuelle accomplis par des scaphandriers.
La pression qui lègne dans un caisson est en rapport avec la profondeur atteinte par la base de ce caisson, puisque la densité de l'air doit être telle qu'elle s'oppose à la pénétration de l'eau dans l'intérieur de la cloche. Or une hauteur de 10 mètres deau équivaut à Une hauteur de 76 centimètres de mercure, soit une atmosphère. Donc, chaque fois que le caisson s'enfonce de 10 mètres, la pression doit y ètie élevée d'une atmosphère : elle est de 2 atmosphères â 10 mètres de profondeur, 3 atmosphères à 20 mètres, etc. Il en est de même dans l'enveloppe souple qui entoure le scaphandrier et le protège du contact de l'eau.
C'est à Saint-Louis, en 1809, lors de la construction du pont sur le .Mississipi, que l'on parait avoir atteint la plus grande pression dans les caissons. On descendit en elfet à 33°, 70, ce qui correspond à une pression de 4*'°, 4. Sur 3'j2 ouvriers qui prirent part aux travaux, 30 présentèrent de graves accidents et 12 moururent. Dans les sous-marins, l'utilisation de l'air comprimé comme force motrice amène une élévation de pression qui peut atteindre 2 atmosphères: tant qu'il n'existe pas de cause d'intoxication (air confiné, diffusion des vapeurs de benzol, etc.), les accidents causés pai'l'accroissement de pression sont sans gravité.
Les scaphandriers sont descendus en mer pour la pèche aux perles ou aux éponges jusqu'à 48 mètres de profondeur (Denayrouze), ce qui correspond à une pression de 5»"", 8, jusqu'à ÎJ4 mètres (Leroy de Méricourt), soit à une pression de 6»*", 4.
Pour pénétrer dans le caisson, l'ouvrier se fait écluser, c'est-à-dire qu'il pénètre dans une petite chambre, appelée sas, communiquant avec le caisson grâce à une porte étanche. Dans le sas, la pression est élevée progressivement jusqu'à atteindre la pression qui existe dans le caisson; la porte intermédiaire est alors ouverte et l'ouvrier pénètre dans le caisson. Lue manœuvre inverse de déséclusage est employée pour la sortie.
Symptômes et accidents causés parle travail dans l'air comprimé. — Nous étudierons successivement les phénomènes