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ÉTIOLOGIE DU VIOL ET DES ATTENTATS A LA PUDEUR

Uses médico-légales; elles prouvent que l'absence de défloration ne doit pas conduire le médecin légiste cà conclure à l'existence d'un simple attentat à la pudeur.

§ 2. — Étiotogie du viol et des attentats à la pudeur.

Fréquence. — La statistique du ministère de la Justice ne sépare pas le viol de l'attentat à la pudeur.

Nombre l'roportion

des attentats des attentats sur

k mineurs de moins de \j nus la pudeur. aux autres.

En 1860 830 3,6 pour 1

En 1900 ; 679 7,7 —

En 1908 750 8,3 —

On voit donc que si les poursuites pour viols et attentats à la pudeur n'ont pas augmenté de fréquence, ces crimes sont actuellement commis beaucoup plus souvent qu'autrefois sur des enfants âgés de moins de quinze ans.

Les victimes ont surtout de sept à douze ans; les auteurs sont le plus souvent âgés de trente à quarante ans, mais les inculpations de vieillards ne sont pas exceptionnelles.

A la campagne, les victimes sont en général des adultes, alors qu'à la ville ce sont presque toujours des enfants.

Ajoutons que les auteurs sont aussi souvent mariés que célibataires.

Parenté entre auteurs et victimes. — Legludic a étudié 134 attentats à la pudeur; l'auteur élait 17 fois le père, 2 fois le beau-père, 2 fois l'oncle. Brouardel, Thoinot notent également l'inculpation du père dans 25 p. 100 des cas.

Si Ion tient compte de la rareté des poursuites, les filles hésitant souvent à dénoncer leur père, on se rendra compte de la fréquence du crime commis par les ascendants dans les milieux ouvriers, où toute la famille se trouve réunie dans une chambre unique, parfois même dans un lit unique. Les exemples suivants montreront les conditions dans lesquelles sont commis ces attentats.

Thoinot rapporte l'histoire du nommé C... qui a abusé de sa fille aînée, laquelle s'est enfuie et se livre depuis à la prostitution. H a une seconde tille de onze ans sur laquelle il se livi e à des attouchements impudiques avec la main et avec la verge, mais sans tentative d'intromission. Arrêté, il avoue les faits, mais se défend en prétendant qu'il voulait s'assurer que personne n'avait touché sa fille.

.Nous avons observé nous-mêmela lille M..., âgée de dix-huitans. victime, depuis l'âge de huit ans, d'attouchements obscènes de la part de son père. A seize ans, le père Ta violée et elle a fait une fausse coiiclie de deux mois et demi. Depuis cette époque, les relations sexuelles se sont poursuivies régulièrement dans le lit même où couchait la mère, faible d'esprit. La lille .M... est actuellement enceinte de sept mois. Elle a une sœur âgée de huit ans, sur laquelle le père a commencé à pratiquei* des altouchements.

Causes des attentats à la pudeur. — Nous n'aborderons pas ici les questions fort délicates qui surgissent dans les procès relativement à la responsabilité des auteurs des attentais à la pudeur, problèmes qui sont du domaine de la psychiatrie. Cependant nous indiquerons rapidement les mobiles qui poussent ces individus à commettre les attentats.

Dans une première catégorie, il faut ranger les vicieux et les blasés, qui, ayant parcouru la gamme des sensations sexuelles permises, en arrivent à se livrer aux pires dépravations. Il faut remarquer que les perversions génitales apparaissent souvent au moment même où la puissance génitale diminue; des excitations plus violentes sont alors nécessaires pour produire l'orgasme vénérien. Brouardel insiste avec raison sur le rôle important que joue l'oisiveté, chez les fonctionnaires mis à la retraite, par exemple.

L ne deuxième catégorie comprend des malades atteints de tares physiques, impuissance, malformations génitales telles que l'hypospadias. Ces individus se résignent rarement à la condition que leur impose leur tare physique au point de vue génital.

En situation ridicule devant les femmes, ils recherchent les petites filles ou les petits garçons. Bien des crimes, commis sur des prostituées, trouvent leur explication dansces maltormations : au moment de pratiquer le coït, la lille, s'apercevant de la tare, s'y est refusée ou s'est moquée de l'individu; celui-ci l'a alors frappée ou tuée.

L'ne place spéciale doit être réservée aux individus atteints de maladies vénériennes, telles que la blennorragie aiguë. Sûrs d'être repoussés par les prostituées qu'ils fréquentent habituellement et qui ne pratiquent pas le coït sans se rendre compte auparavant des dangers de contamination auxquels elles sont exposées, ces individus violent des petites filles ou commellent des attentats à la pudeur sur des petits garçons; ils sont souvent poussés au meurtre par la nécessité de faire disparaître un témoin accusateur.

Restent enfin les sujets atteints de tares nerveuses, que Sérieux a fort ingénieusement classés en spinaux, spinaux-cérébraux postérieurs el antérieurs et cérébraux antérieurs.

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