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CHAPITRE VI PERVERSIONS SEXUELLES

Le^ perversions sexuelles ont été remarquablement étudiées par Thoinot, à l'ouvrage duquel nous ferons de continuels emprunts dans les pages qui vont suivre.

Le but de l'amour normal consiste dans le rapprochement de l'homme et de la femme. Quant à l'excitant génésique normal, il est constitué, pour l'homme, par la représentation psychique de la femme nue et surtout des organes génitaux de la femme; inversement pour la femme.

On dit qu'il y a perversion sexuelle lorsque l'excitant génésique n'est plus l'excitant normal ou lorsque l'excitation génésique aboutit à un acte différent du rapprochement sexuel.

r^ous étudierons successivement l'inversion. du sens génital, le fétichisme, le sadisme, le masochisme.

^ l. — Inversion du sens génital.

Les invertis sont des individus qui recherchent les satisfactions génitales dans les rapports d'homme à homme ou de femme à femme, d'où leur nom d'homosexuels.

Historique. — L'inversion a été pratiquée à toutes les époques et dans tous les pays, mais avec des recrudescences dans les périodes de débauches.

On trouve dans la Bible la récit des événements qui surrinrent à Sodome, oïi les habitants voulurent abuser des deux anges qui s'étaient rendus chez Loth, après avoir annoncé à Abraham que Sarah lui donnerait deux fils. De cette histoire vient le nom de sodovde donné à l'une des pratiques habituelles des invertis, le coït anal.

En Grèce, l'inversion ne devait pas être exceptionnelle, puisque Hippocrate avait inséré la phrase suivante dans le serment qu'il faisait prêter aux jeunes médecins : « Dans quelque maison que j'entre, ce sera pour l'utilité des malades, me préservant de tout

méfait volontaire et corrupteur, et surtout de la séduction des femmes, des ganons libres ou es' laves. »

Saplio a célébré l'amour homosexuel entre femmes, auquel on a réservé depuis le nom de mpkUme.

Enlin, à Home, les esclaves se livraient à la prostitution pédérastique. Les grands eux-mêmes pratiquaient linversion : César ne fut-il pas dénommé « le mari de toutes les femmes, la femme de tous les maris » ? Néron ne fit-il pas châtrer Sporus pour l'épouser ?

Pendant le moyen âge, le pape Sixte IV reçut une pétition des cardinaux pour- ol)tenir « la permission de commetti'e le péché homosexuel pendant les trois mois de grande chaleur ».

11 est inutile d'insister sur les faits d'homosexualité qui ont, de nos jours, défrayé la chronique scandaleuse, aussi bien en France qu'à l'étranger.

Pénalité». — Le Code pénal français ne punit plus l'inversion sexuelle, tant (pi'elle ne s'accompagne pas d'outrage public à la pudeur ou qu'elle n'est pas pratiquée avec violence. Cependant, même sans violence, les faits d'inversion sexuelle doivent être regardés comme des attentats à la pudeur, s'ils sont commis sur des enfants de moins de treize ans ou sur des sujets de moins de vingt et un ans par un ascendant ou une personne ayant autorité sur ce sujet.

En Angleterre, en Allemagne, en Autriche, au contraire, les faits d'inversion sexuelle continuent à être sévèrement punis par le Code pénal, quelles que soient les circonstances dans lesquelles ils ont été accomplis.

Étiologie. — 11 convient de distinguer nettement V inversion-vice et V inve-rsioti vraie ou urnnisme.

L'inversion-vice peut être le résultat de la luxure ou delà dépravation ; elle disparaît alors à volonté et ne s'accompagne jamais d'aversion hétéro-sexuelle.

Elle peut être le fait de la nécessité et sévit dans les aggloméralions masculines, collèges, prisons, bataillons d'Afrique, etc. 11 est curieux de constater que la nécessité peut faire apparaître l'inversion sexuelle chez les animaux : Féré l'a constatée chez les hannetons; Buffon disait : « Après continence, le coq se fait une poule du premier mâle qu'il rencontre ».

La crainte des maladies vénériennes a souvent provoqué les pratiques inverties : on dit que Henri lll devint pédéraste après avoir contracté une blennorragie avec une femme. Le remède ne préseive d'ailleurs pas du mal, car nous avons observé que la blennorragie rectale n'est pas r-are chez les pédérastes passifs, et, par suite, la blennorragie urétrale chez les pédérastes actifs.

Enfin l'inversion-vice peut être professionnelle chez les individus qui s'appliquent à satisfaire les autres inverlis. Bien souvent, d'ailleurs, ces misérables individus, qui s'offrent dans les villes aux désirs des invertis coni^rénitaux, ne sont que des maîtres chanteurs disposés à exploiter les tristes penchants de ceux qui ont répondu à leurs avances.

Mais, pour le médecin, les faits d'inversion les plus intéressants sont ceux qui relèvent d'une anomalie innée de l'instinct sexuel relativement fréquente chez les dégénérés, supérieursou inférieurs. Le type de l'uraniste a surtout bien été étudié par Kraft-Ebing et par Magnan ; c'est lui que nous exposerons plus loin.

Signalons enfin l'inversion épisodique des psychoses que l'on observe dans l'épilepsie, la paralysie générale, la démence sénile.

Urauisrue ou inversion sexuelle vraie. — Chez les uranistes, le penchant homosexuel apparaît dès l'adolescence, au moment même où l'instinct sexuel s'éveille, et s'accompagne souvent d'aversion hétéro-sexuelle.

L'uraniste se rend parfaitement compte de l'anomalie des désirs dont il est obsédé ; il lutte longtemps avec angoisse et ne trouve de soulagement dans son état qu'en donnant satisfaction à son penchant. Sitôt l'acte commis, il est pris de remords.

Tels sont les caractères qui montrent bien que l'inversion vraie s'accompagne de symptômes identiques à ceux que l'on observe pour tous les actes morbides des dégénérés : obsession, angoisse, impulsion, conscience complète de l'acte, remords.

Mais si certains invertis se désespèrent toute leur vie de la triste situation qu'ils doivent à leur tare psychique, beaucoup en prennent aisément leur parti et s'abandonnent rapidement sans retenue et sans remords à leur penchant.

Les uranistes sont le plus souvent des pédérastes passifs-; ils s'efTéminent, portent des bagues, épilent leur barbe, se fardent et parfois même portent un costume féminin. Presque tous professent une répulsion marquée pour les sports masculins et s'occupent de travaux féminins, tapisserie, etc.

On observe chez eux une pudeur homosexuelle ; tel inverti se montrerait nu à des femmes qui se cache soigneusement devant des hommes inconnus.

Des symptômes inverses s'observent chez les femmes uranistes, qui parfois portent le costume masculin. Tandis que les invertis hommes s'efforcent de dissimuler leurs organes génitaux à l'aide d'un bandage, une jeune femme vêtue en homme, conduite à l'hôpital à la suite d'un accident, portait un coussinet rembourré au-

(lovant du pubis pour simuler la saillie des organes génitaux virils.

L'amour des invertis est, comme Ta fort bien dit Kraft-Ebing, la caiicature de l'amour normal : mêmes passions, mômes jalousies, mêmes infidélités, mêmes ruptures.

EfTéminés, les uranistes sont le plus souvent des pédérastes passifs ; ils recherchent dos adultes mâles et vigoureux et n'ont guère de goût, par suite, pour les autres uranistes ; ils se trouvent donc dans l'obligation de se livrer soit à des invertis par vice, soit à des professionnels: « Un penchant qui paraît très ordinaire dans le monde uraniste, au moins en Allemagne, c'est la recherche des soldats» (Thoinot;.

Dans leurs rêves éroticiuos, même pendant l'adolescence, les uranistes entrevoient des rapports homosexuels.

On se rendra compte de la nature des amours homosexuelles en lisant les extraits suivants d'une lettre écrite par un inverti :

Oh! vite, une lettre un peu tendre ! Dis-moi que tu ne m'as pas oublié ! Pense aux heures délicieuses que nous avons passées dans ce Paris où je voudrais vivre près de toi ! Non, quand on s'est donné l'un à. l'autre comme nous l'avons l'ait, on ne peut pas s'oublier, n'est-ce pas? moti petit homme chéri...

Ah ! ce projet que je caressais si amoureusement depuis quinze jours, le voilà donc envolé ! Je ne pourrai serrer dans mes bras le cher petit homme qui a pris tout mon cœui'. J'avais tant besoin de venir causer avec toi. te dire que je t'aime à la folie, que je n'aime que toi, et que je languis sans mon petit homme... Si tu venais à X..., comme nous pourrions vivre économiquement, tout en étant très bien. Je vois que tu n'aimes pas beaucoup la vie à la campagne, mais auprès de ta petite femme, je l'assure que le temps ne te paraîtrait pas long, car elle redoublerait, si possible, de tendres.'ie pour son petit homme.

L'uraniste homme trouve sa satisfaction dans la masturbation mutuelle, manuelle ou buccale, et surloutdans la pédérastie passive, plus rarement active. Cependant il est des invertis qui se contentent de masturber les adolescents, sans chercher à être payés de retour; ce sont les plus dangereux, puisqu'ils peuvent recommencer indéfiniment leur manège et pervertir de nombreux jeunes gens.

L'uraniste femme pratique le friôadiAme, qui consiste dans le frottement mutuel des parties sexuelles, le sop/iisme ou onanisme buccal et la masturbation digitale.

Nous insisterons surtout sur les signes de la pédérastie, passive ou active.

Signes delà pértérastie. — Par le terme de pédérastie, il faut entendre le coït anal efTectué sur l'homme ou sur la femme.

Si le mariage exclut la possibilité du viol, au moins le mari peut-

il être poursuivi pour attentat à la pudeur avec violence, lorsqu'il s'est livré sur sa femme à des actes de pédérastie non consentis. Il y a même aggravation due à cette circonstance que le mari est de ceux qui ont autorité sur la femme. On conçoit que la peine des travaux forcés à perpétuité, à laquelle pourrait être condamné le mari, soit rarement infligée, si l'on réfléchit aux difflcultés que présente un premier coït anal et à la complaisance que doit avoir la femme pour que la tentative réussisse.

Nous exposerons les signes de pédérastie passive ou active tels que les a décrits Tardieu, et nous n'aurons pas de peine à prouver que la plupart d'entre eux n'ont aucune valeur.

Signes de la pédérastie passive. — Les stigmates qu'entraîne la pédérastie passive sont très difi"érents, suivant qu'il s'agit d'un coït anal unique, ou au contraire d'actescontre nature souvent répétés.

1° Attentat unique. — Pour apprécier sainement la gravité des lésions qu'entraîne chez le pédéraste passif le premier coït anal, il faut rappeler ce qui se passe après la dilatation brutale de l'anus avec les doigts, qui est souvent mise en œuvre par les chirurgiens pour la cure des hémorroïdes. On peut, en pareil cas, observer pendant deux ou trois jours un relâchement du sphincter anal avec incontinence des matières fécales; mais, vers le quatrième ou le cinquième jour, le sphincter a retrouvé sa tonicité, et la région anale présente un aspect normal.

On conçoit donc que, si le coït anal a été pratiqué sur un adolescent ou un adulte, non seulement sans violence, mais encore avec toutes les précautions que doit prendre un pédéj^aste actif e.xpérimenté, il ne subsiste peu de temps après aucune trace matérielle de l'acte accompli.

Il n'en est plus de même si le coït anal a été pratiqué avec violence, surtout sur un jeune garçon maintenu par des complices ou encore rendu inconscient soit parl'alcool, soit par un narcotique. Le cas de Toulmouche est à ce point de vue fort typique; il s'agissait d'un jeune homme enivré pour faciliter l'acte de pédérastie. « Il existait au-dessus de l'anus une tuméfaction avec contusion caractérisée par la couleur légèrement bleuâtre de la peau. La partie antérieure de l'orifice offrait une déchirure verticale longue de 12 millimètres et profonde de 2 millimètres. L'anneau du sphincter était très dilaté et ne se contractait aucunement sur le doigt. » Ces lésions assez considérables furent vite cicatrisées.

Assez souvent on observe, en plus, des lésions des organes génitaux, qu'expliquent les attouchements brutaux du pédéraste actif pris d'une excitation forcenée.

378 VIOL, A.VORTEMENT, INFANTICIDE.

Chez les petits <;arçons et petites filles assassinés par strangulation, il faut toujouis exaniinei- lanus, car fréquemment il s'ajïit de crimes sadiques, (l'est ainsi ([ue, ciiez la petite Neut (huit ans), Vibert a observé deux déchirures de l'anus, dont une intéressait toute la muqueuse; il fut possible de démontrer la présence du sperme dans le rectum.

Enlin l'existence dune maladie vénérienne; transmise pendant le coït anal apporte une preuve nouvelle de la réalité de l'attentat.

A ce point de vue, le chancre mou a peu de signification, lexistence d'une rectite blennorragique a déjà plus d importance. Quant au chancre syphiliticjue anal, qui chez la femme n'est pas forcément en rapport avec le coït anal, il a chez l'homme une valeur diagnostique beaucoup plus grande; l'existence d'un chancre intrarectal, enfin, apporte dans les deux sexes une preuve précise de la pédérastie passive.

2° PériÉRASTiE HABiTtEi.i.E. — Paimi les signes qui ont été signalés comme caractéristiques de la pédérastie passive habituelle, il faut dislinguer ceux qui sont relatifs à l'habitus extérieur des prostitués pédf'-rastes de ceux qui sont la conséquence même des actes de pédérastie.

C'est ainsi que Tardieu indique, au premier rang des signes de la pédérastie passive, \e développement excessif des fesses. Que cette confoimalion spéciale soit particulièrement appréciée du pédéraste actif et facilite reniflement du pédéraste passif dans l'armée de la prostitution masculine, le fait n'est pas douteux; mais, en attribuant ce signe à la pédérastie passive, on commettrait la même erreur que si l'on signalait le développement excessif des seins comme un des signes de la prostitution féminine.

Les autres signes qui, suivant Tardieu, ne permettent pas de méconnaître la pédérastie passive habituelle, sont la déformation infundibuliforme de l'anus, le relâchement du sphincter, la disparition des plis, les crêtes et caroncules au pourtour de l'anus, les ulcérations, les rhagades, les hémorroïdes, les fistules, la blennorragie rectale, la syphilis, les corps étrangeis introduits dans l'anus. 11 importe de faire successivement l'étude de chacun de ces signes.

D'après Tardieu, la déformation infundibuliforme de l'anus constitue le stigmate le plus caractéristique. Elle résulterait du refoulement graduel du périnée, la partie inférieure du sphincter se laissant dilater })lus vite que la supérieure, d'où l'aspect d'entonnoir. Eniéalité, Brouardel a démontré que cet aspect en entonnoir est produit par une contracture du releveur de l'anus, et, dans la majorité des ca*. il «i'aiiit d'une contiactuie réflexe occasionnée par une lésion

douloureuse de l'anus ou de la muqueuse rectale avoisinante. Aussi l'aspect inlundibuliforme s"observe-t-il dans tous les cas de rectite aiguë, de fissure de lanus ; d'ailleurs, il peut manquer dans la pédarastie passive habituelle, tandis qu'il est presque constant de l'observer pendant les quelques jours qui suivent le premier coït anal. Ce signe est donc loin d'avoir l'importance diagnostique que lui attribuait Tardieu.

Zacchias, qui observait à Rome au xvn® siècle, avait signalé chez les pédérastes le relâchement du sphincter et l'effacement des plis radiés de l'anus, qui devient lisse et uni. Casper, Tardieu, Vibert considèrent que c'est là le signe le plus probant de la pédérastie. Nous ferons remarquer en tout cas qu'il n'a de valeur que sur le vivant ; sur le cadavre, en effet, dès que la rigidité cadavérique a cessé, le relâchement de l'anus est constant. Même sur le vivant^ nombreuses sont les causes d'erreur, puisque le relâchement du sphincter peut s'observer chez les individus atteints de lésions médullaires avec paralysie sphinctérienne, chez les dysentériques, chez les sujets qui présentent de la diarrhée chronique, une rectite avec prolapsus de la muqueuse, enfin chez tous les cachectiques et surtout chez les tuberculeux avec entérite.

Comment admettre, d'ailleurs, que l'introduction de la verge dans l'anus puisse aboutir aussi aisément à la dilatation permanente de l'orifice, alors que le passage répété quotidiennement de matières fécales volumineuses n'entraîne pas le relâchement du sphincter?

Restent les fistules, les fissures, les hémorroïdes et même le cancer, que Tardieu considère comme des signes de pédérastie. Nous savons aujourd'hui que les fistules sont d'origine tuberculeuse et que le cancer n'a rien à voir avec la pédérastie. Quant aux fissures et aux hémorroïdes, il est difficile d'admettre que le coït anal puisse favoriser leur apparition, alors que tous les chirurgiens s'accordent pour envisager la dilatation de l'anus comme le traitement de choix de ces lésions chez les sujets qui en sont porteurs. En réalité, chez les hémorroïdaires, le sphincter a une tonicité élevée; ce n'est que lorsque la maladie dure depuis longtemps que le sphincter se relâche et que, suivant l'expression de Gosselin, les hémorro'ides paraissent avoir perdu droit de domicile dans le rectum.

En résumé, nous pouvons dire qu't^ n'existe aucun siyne probant de la pédérastie passive habituelle: que tous ceux qui ont été indiqués comme caractéristiques peuvent faire défaut chez des pédérastes invétérés, alors qu'on les rencontre chez des individus au-dessus de tout soupçon.

Signes ae la pédérastie active. — Lorsqu'il y a eu meurtre

du pédéraste actif peu après le coït anal, il est possible de retrouver dans la rainure préputiale des parcelles de matières fécales et des poils identiques à ceux qui garnissent la région anale du pédéraste passif.

Existe-t-ii des déformations de la verge qui permettent de diagnostiquer chez un individu les habitudes de pédérastie active? A cette question, Tardieu répond pai- Taffirmative.

11 distingue deux cas. Le plus souvent, la verge est petite et va en s'effilant de la base à la pointe (forme de la verge du chien). Rarement elle est grosse, et le gland est alors étranglé à sa base et allongé en forme de cône; de plus, elle est tordue sur elle-même, et le méat a une direction transversale. Lorsque l'individu se livre en plus habituellement à lonanisme, le pénis est renflé en massue et le gland élargi et aplati.

La valeur de ces signes a été avec raison considérée comme nulle par Casper et par Brouardel .

^2— Fétichisme.

L'excitant génésique normal est constitué pour l'homme, comme nous l'avons déjà dit plus haut, par la représentation psychique de la femme nue etsurtout des organes génitaux de lafemme; inversement pour la femme.

Cependant, déjà à l'état normal, la vue du bras, de la jambe, de la chevelure d'une femme peut suffire pour éveiller les désirs sexuels; pour certains individus, la vue ou la représentation d'une de ces parties du corps féminin constitue un excitant génital plus puissant même que la vue des organes génitaux. Mais, dans tous ces cas, le but est toujours normal et consiste dans la possession de la femme.

11 y a fétichisme toutes les fois que la vue ou la représentation d'une partie du corps féminin ou d'un objet féminin, dils fétiches, provoque l'érection et même l'éjaculation, sans éveiller le désir de posséder la femme elle-même.

Le fétichisme est habituellement hétérosexuel, plus rarement homosexuel.

Étiolo^:ie. — Les fétichistes sont des dégénérés chez lesquels les penchants morbides font éclosion de bonne heure, vers dix à treize ans. Us ont des rêves érotiquesoùles excitations génitales sont toujours liées à la représentation du fétiche.

Mais l'apparition de la perversion sexuelle est presque toujours liée à une impression vive survenue au moment de la puberté. Tel ce gentilhomme polonais, séduit, à l'âge de dix-sept ans, par

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