SADISME
une institutrice française, qui le masturba ; son regard tomba à ce moment sur les élégantes chaussures de cette femme; depuis, il devint fétichiste du soulier féminin. L'impuissance au coït était complète en 1 absence du fétiche ; marié, il devait tenir une bottine dans sa main pour pouvoir pratiquer le coït.
Fétiche. — Le soulier féminin est un fétiche fréquent; mais les objets les plus divers du costume féminin peuvent également en servir : chemises, bonnets de nuit, mouchoirs, dessous féminins, bas, etc.
D'autres fois, les fétichistes trouvent l'excitant de leurs sens dans une partie du corps de la femme : seins, fesses, mains, etc. Il en est même qui se complaisent dans la recherche des difformités ; le fétiche est alors constitué par une femme bossue, boiteuse, porteuse d'un large angiome ou dune tumeur pileuse.
Les fétichistes des fesses ont souvent allaire en justice, car l'orgasme vénérien survient chez eux quand ils se frottent dans la rue contre les fesses des femmes, et leurs pratiques obscènes éveillent lattention.
L'ne forme plus curieuse du fétichisme est celle qui consiste à salir d'encre la robe d'une femme, à la couper avec des ciseaux, ou encore à détacher d'un coup de couteau les nattes des fillettes.
Tantôt la possession du fétiche suffit pour provoquer l'érection et l'éjaculation, car les fétichistes sont en général deshyperesthésiques génitaux; mais assez souvent le fétichiste se masturbe en contemplant ou en touchant le fétiche. Tels ces individus qui se masturbent dans les mouchoirs de femme qu'ils s'ingénient à voler dans la rue.
;; 3. — Sadisme.
Le marquis de Sade a décrit les plaisirs que procurent les tortures que l'on inflige à autrui. Lesadisme n'est autre que la recherche des satisfactions génitales dans le spectacle de la souffrance d'autrui.
11 existe d'ailleurs une ébauche de sadisme dans l'amour normal, où les amants se serrentjusqu'à la douleur au moment de l'orgasme vénérien, où les taquineries, les bouderies semblent rendre plus intense le plaisir des réconciliations qui suivent les querelles. C'est surtout chez les animaux que l'on voit le mâle pratiquer parfois le coït avec une véritable brutalité.
Chez les sadiques, tantôt les cruautés sont suivies d'un coït normal, tantôt elles suffisent à elles seules pour provoquer l'orgasme vénérien. Verzeni. qui étranglait ses victimes, desserrait ses doigts appliqués sur la gorge dès que se produisait l'éjaculation ; si l'orgasme
vénôritMi tardait, il étranglait complètement la fillette et inùme mutilait ses organes génitaux.
Il est deux formes de sadisme : le grand sadisme et le petit sadisme, (|ui tous deux semblent être l'apanage de l'homme, en tant qu'ils comportent du moins des ci'uaulés physiques. Le sadisme de la femme semble surtout consister en cruautés morales.
Grand sadisme. — On connaît le plaisir qné[)rouvaiont Tibère, .Néron au spectacle des tortures; ces empereurs furent des sadiques- De môme Gilles de Rays, au moyen âge, qui tuait cent vingt enfants par an. Charles le Mauvais, roi de Navarre, faisait accoupler devant lui deux jeunes gens et les tuait d'un seul coup de poignard; puis il satisfaisait aussitôt sa passion sur une courtisane.
A notre époque, on peut citer : Verzeni qui, en quelques mois, commit en Italie six crimes sadiques; Gruyo qui tua en Espagne six filles publiques dans l'espace de dix ans ; Jack l'éventreur qui terrorisa à Londres le quartier de Whitechapel, où il mit à mort une dizaine de filles ; enfin Vacher, le tueur de bei-gers, qui, dans le midi de la France, viola et assassina dix-huit bergers et bergères.
Tous ces grands sadiques mutilaient les organes génitaux de leurs victimes.
A un degré moindre, on observe non plus la mort des victimes, mais des blessures nombreuses, parfois sans viol. La victime du satyre de Montrouge, une fillette de six ans que nous avons examinée, n'était pas déflorée, mais portait les traces de dix coups de couteau et de contusions nombreuses et hrutales.
Petit sadisme. — Le grand sadisme est heureusement exceptionnel ; il n'en est pas de même pour le petit sadisme qui se manifeste souvent sous des formes très atténuées ou symboliques.
La variété la plus fréquente est celle des sanguinaires et des flagellateurs.
Les sanguinaires trouvent leui- excitation génitale dans la vue du sang, en quantité si minime soit-elle. Ce sont des individus qui dans la rue coupent ou piquent les femmes, avec des ciseaux, un couteau, une épingle qu'ils retirent de la plaie souillés de sang. Chaque sadique vise presque toujours la même région du corps : fesses, parties génitales, doigt, bras.
Le marquis de Sade blessait les filles et les pansait ensuite; il n'a pas été jus(|u'au crime, qu'il s'est contenté de rèvei'.
Kraft-Ebing rapporte l'observation d'un jeune homme qui vil une femme de chambre se Wesser en cassant une vitre; il la pansa, suça son sang et eut aussitôt une violente érection, suivie rapidement