MASOCHISME
d'éjaculation. Depuis celle époque, il payail la femme de chambre pour pouvoir lui piqueile doigt et sucer son sang.
Les flageilateurs ont inspiré toute une littérature obscèneoùleurs pratiques sont exaltées. Dans bien des cas, d'ailleurs, il sagit bien plus de luxure et de débauche que de perversion sexuelle morbide. La ilagellalion s'exerce surtout dans les maisons de tolérance où, moyennant salaire, les femmes se prêtent aux fantaisies des sadiques, si leur cruauté n'est pas excessive. Mais il est des maîtres d'école pour lesquels la flagellation des enfants constitue ceitainement une forme de sadisme.
Les individus qui, dans les foules, pincent les fesses des femmes avec violence sont quelquefois atteints d'un sadisme à manifestations très atténuées.
Il convient d'ajouter que le symbolisme joue un grand lùle chez les sadiques qui se plaisent à injurier, à avilir la femme, plus encore qu'à lui infliger des souffrances physiques. Ce symbolisme j)rend avec beaucoup de sadiques un caractère ordurier; le marquis de Sade se plaisait à uriner sur une femme, à la souiller de matières fécales.
Étiologie. — Les sadiques sont toujours des dégénérés héréditaires. V erzeni avait deux oncles crétins et un troisième microcéphale ; lui-même présentait des stigmates de dégénérescence : asymétrie faciale, prognathisme et inégalité des deux oreilles.
Les caractères des actes de sadisme de ces dégénérés sont les mêmes que d'ordinaire : obsession, impulsion, acte accompli en parfaite conscience, remords parfois.
^ 4. — Masochisnne.
Le masochisme, vanté par le romancier allemand Sacher Masoch, est l'opposé du sadisme. L'excitantgénilal habituel est constitué par la douleur qu'éprouve le sujet lui-même. Le masochiste ne flagelle pas, mais se fait flageller.
Un conçoit, dans ces conditions, que les violences, auxquelles l'individu se soumet, comportent rarement des conséquences graves. 11 s'agit de fe-sées données par une femme, de massayes écossais, etc. : le co'it suit la flaeellation ou bien celle-ci suffit pour provoquer l'érection et l'éjaculation.
Le masochisme n'e-t d'ailleurs le plus souvent qu'une sinij)le comédie, dans laquelle le perverti se complaît à se faire insulter humilier par une petite fille ou par une prostituée déguisée en petite tille. 11 se livre parfois aux pratiques les plus répugnantes, se fait
uriner, déféquer sur lui. huit l'urine, mange les matières fécales de la femme, etc.
.Jean-Jacques Rousseau fut un masochiste nettement caractérisé qui se complaisait aux violences exercées sur lui. Tout jeune encore, son institutrice, Mlle Lambercier, le fouettait pour le punir : "J'avais trouvé dans la honte même un mélange de sensualité, plus de désir que de crainte de l'éprouver derechef de la même main )<; si bien que l'institutrice saperrut bientôt « à quelque signe que le châtiment n'allait pas à son but ».
Plus àisé, Jean-Jacques continua à pratiquer le masochisme symbolique : " Ltre aux pieds d'une maîtresse impérieuse, obéir à ses ordres, avoir des pardons à lui demander, étaient pour moi de très douces jouissances. »
§ 5. — Bestialité.
La Ijestialité consiste à rechercher la volupté génitale dans les rap. ports avec les animaux.
Elle peut se traduire par le coït que l'homme pratique avec des poules, des canes, des chiennes, des lapines ou des juments. Inversement, on aurait vu des femmes se livrer au coït vulvaire avec des rhiens, des hommes se soumettre au coït anal avec les mêmes animaux. En réalité, les observations sont peu démonstratives et Bouley a même prouvé l'impossibilité anatomique du coït anal accompli par le chien sur l'homme.
l'ne forme beaucoup plus fréquente de bestialité, qui sévit surtout chez les prostituées des grandes villes et ne donne jamais lieu aux interventions médico-légales, est constituée par le saphisme auxquelles ces femmes se livrent avec des chiens dressés à cet efTet.
Comme pour toutes les perversions génitales, la bestialité peut être due simplement au vice; mais souvent elle est observée chez les dégénérés et même dans les formes graves de la dégénérescence, aboutissant au délire lypémaniaque.