‹ Précis de médecine légaleChapitre 124 sur 185 · MANŒUVRES ABORTIVES · texte numérisé non relu

MANŒUVRES ABORTIVES

plus élevée que celle qui est utilisée pour ohtenir uu effet thérapeutique.

i 4. — Manœuvres abortives.

Lorque la femme est arrivée au septième mois de la grossesse, les causes les plus secondaires peuvent déterminer l'accouchement prématuré. Il en est ainsi pour la fatigue et pour les traumatismes même minimes du col, comme peuvent les occasionner le coït et les injonctions vaginales administrées sans précaution. Comme Tenfant né avant terme est, dans la grande majoiité des cas, voué à la mort ou à une existence misérable, Pinard regarde avec raison comme une nécessité absolue le repos de la femme pendant les trois derniers mois de la grossesse.

Au point de vue criminel, les avorlements provoqués sont exceptionnels à la période tardive à laquelle nous venons de faire allusion ; c'est dans les premiers mois que la femme cherche à se débarrasser du produit de la conception. A ce moment, les causes que nous avons indiquées n'ont aucune efficacité pour procurer lavortement.

Le coït, même fréquemment répété, les injections vaginales chaudes, froides ou tièdes, la marche forcée, les bains ne peuvent arrêter le cours de la grossesse, à moins que, par suite d'une circonstance pathologique, la femme ne soit prédisposée aux fausses couches ; au contraire, les chocs violents sur l'abdomen, les compressions énergiques et durables de l'utérus sont capables à eux seuls de provoquer lavortement ; encore n'agissent-ils pas fatalement, et nombreuses sont les observations de femmes enceintes ayant subi de graves traumatismes sans (jue lavortement en résultât.

Et la meilleure preuve de rineflicacilé de tous ces moyens, c'est que la femme, décidée à se faire avorter, y recourt d'abord à ca-use de leur simplicité, mais elle doit bientùt s'adresser aux breuvages aborlifs et le plus souvent recourir ensuite aux manœuvres directes sur l'utérus, seules réellement efticaces. (jè sont ces dernières que nous devons à présent étudier.

L'a vertement criminel a été pratiqué malheureusement par de? médecins, auquel cas le procédé utilisé est l'un de ceux qu'emploient les accoucheurs lorsque, dans l'intérêt de la femme ou de l'entant, ils jugent nécessaire d inteirompre la grossesse. Pendant les trois premiers mois, la consistance des os du fœtus est assez minime pour que le curettage de l'utérus, après dilatation préalable du col, constitue un procédé aisément utilisable. A une époque plus avancée de lagrossesse, on risquerait, avec la curette tianchante, de perforer l'utérus, dont les parois sont devenues assez minces ; avec la curette

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mousso, on ne serait pas ceitain de débairasser la cavité utérine de tous les débi'is placentaires, et on exposerait la femme aux hémorragies et à l'infection ; aussi le curettage ne constitue-t-il pas un procédé utilisable sans dangers apr«'s le troisième mois. Il est alois nécessaire de perforer ou de décoliei- les membranes ; nous n'entrerons pas dans le détail des instruments très perfectionnés qui ont été imaginés dans ce but par les accoucheurs.

Dans la plupart des cas, l'avortement est pratiqué par des sagesfemmes, des matrones ou des herboristes, incapables de mettre en œuvre des procédés qui exigent à la fois une instruction médicale et une instrumentation compliquée. D'ailleuis, ces avorteurs de profession se préoccupent toujours des dénonciations possibles, et, en restreignant au minimum les préparatifs de leurs manœuvres, ils s'efforcent de donner à la femme le moins d'armes possible contre eux. Aussi réalisent-ils la perforation ou le décollement des membranes par des procédés simples qui n'obligent pas à placer la femme dans la position gynécologi(|ue.

Généralement, la femme qui désire interrompre le cours de sa grossesse doit revenir plusieurs fois chez l'avorteur; pendant les premières séances, l'individu se contente d'introduire le doigt dans le vagin, et ce n'est que la quatrième, cinquième fois, qu'il se livre, sans même que la femme s'en aperçoive, à la manœuvre qui provoque l'avortement.

Cette manœuvre consiste en général à introduire dans le col de l'utérus, en se guidant sur le doigt placé dans le vagin, un instrument piquant, tel que tringle de rideau, épingle à chapeau, aiguille à tricoter. L'écoulement du li<|uide amniotique, en jet ou goutte à goutte, montrée à lavor^teur que les membranes ont été perforées et que son œuvre est accomplie.

Souvent, la femme restant debout ou assise sur le boid d'une chaise, l'utérus est en rétroversion ou en antéversion, et l'instrument piquant, alor-s même qu'Userait introduit dans le col, ne peut gagner la cavité utér'ine ; si à ce moment l'avorteur cher'che à for-cer il peut perforer le col de l'utérus, ou même un cul-de-sac vaginal, auquel cas l'instrument pénèti'e dans la cavité péritonéale. De même l'instrument, corr*ectement inti'oduit dans l'utér-us, peut produii'e une i»erfor'ation de la paroi. On voit donc que ces manœuvres sont loin d'ètr-e sans danger, et c'est en effet la mort d'une ou de plusieurs femmes par péritonite aiguë qui vient en général interrompre la séi'ie des opér'ations exécutées par les avorteurs de pr"ofession.

Lorsque l'instrument introduit dans l'utérus n'a pas une e.vtrémité

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