EXPERTISES MÉDICO-LÉGALES RELATIVES A L'AVORTEMENT
^5 1 . — Les preuves de l'avortement chez la femme vivante.
Lorsque le médecin est commis pour examiner une femme accusée d'avortement, il doit rechercher avant tout, d'une part, si la conformation des organes génitaux n'apporle pas la preuve que la femme n'a jamais conçu; d'autre part, si la femme n'est pas encore enceinle au moment de l'examen. Dans les deux cas, l'accusation devrait être aussitôt ahandonnée.
L'ne jeune lille fut arrêtée le jour de son mariage à la suite dune dénonciation calomnieuse; l'expertise, conlice à Brouardel, prouva que la fille élait vierge.
L'examen du col de l'utérus donne parfois des preuves aussi démonstratives de l'inanité de l'accusation. Chez la nullipare, l'orifice du col a la forme d'un ovale à giand diamètre transversal ou d'une fente transversale; dans le premier cas, lorifice est étroit; dans le second, les lèvres sont appliquées l'une contre l'autre. Tout le pourtour de l'orifice est d'une régularité parfaiie et ne présente nulle cica,trice, nulle encoche (tig. u4, 55 et 56).
Au cônlra're, lorsqu'une femme a eu un ou plusieursenfants, l'orifice du col est béant et capable dadiiietlre l'extrémité du doig;. De plus, on observe, sur le pourtour, des encoches assez profondes qui correspondent aux cicatrices des déchirures du col pendant l'accouchement. Lorsque l'orifice a la forme d'une fente transversale, il existe toujouis deux encoches aux extrémités; sinon les cicatrices sont irrégulièrement réparties autour de l'orifice ;fig. 57).
Ceries, lorsqu'une femme possède un col ayant l'aspect d^ celui des nullipares, on nen doit pas dédu re qu'il n'y a pas eu d'avortement, surtout si la femme est examinée un temps assez long après l't'pociue présumée de l'expulsion de l'embryon ou du f«i'tus. On conçoit en ell'et que le passage d'un œuf de petites dimensions ne