PREUVES DE L'AVORTEMENT CHEZ LA FEMME VIVANTE
produise pas au niveau du col des modifications aussi sensibles que celles aui sont observées après l'accoucliement à teim". Néanmoin-.
Fig. 54, rjô, 56. — Oritice dn col utéiin chez les nullipare-.
assez souvent, le simple examen du col permet d'affirmer que l'accusation d'un avoitement au cinquième, sixième, septième mois de la grossesse ne peut se soutenir.
De même, on doit toujours examiner 1res attentivement la femme accusée d'avoir récemment avorté pour savo'r si, en réalité, elle n'est pas encore enceinte. La femme peut avouer en effet, et nombreux sont les cas où le médecin et la justice ont été égarés par ces aveux. A la suite d'un examen incomplet, un expert, pressé par le juge d'instruction de conclure, déclare que la femme a avoité; celle-ci accouche peu de temps après en prison. ATarbes, une femme.
fig. 57. — Orifice du cul ulcriu chez ui e multipare.
400 VIOL, AVORTE.MENT, INFANTlCIDi:.
condamnée pour avortemenl, accouche au sortir de l'audience. En deliurs des circonstances, femme viei'ge ou nullipare ou enceinte, où la possibilité de l'avortement doit être écartée d'emblée, c'est encore l'examen des organes génitaux qui permet de découviir les traces d'un avortemenl récent. Si celui-ci est survenu avant la lin du hoisième mois de la grossesse, les traces (juil laisse au niveau du col sont nnnimes; l'orifice est bien légèrement béant, souvent il s'écoule encore une certaine quantité de mucus sanguinolent, mais le diagnostic dilFérentiel avec la mélrite cervicale est particulièrement délicat. Comme, à celte époque de la grossesse, les modilicaliotis de lorganisme, des seins en particulier, sont encore peu |)rononcées, on voit combien il importe d'être réservé pour- diagnostiquer l'avortement par le seul examen de la femme. Les dilticullés sont encore bien plus grandes, à vrai dire même insurmontables, si l'examen de la femme, au lieu d'être pratiqué dans les jours qui ont suivi l'avortement, est fait dune façon tardive, au bout de deux ou trois mois, par exemple.
Lorsque l'avortement s'est produit à une époque plus avancée de la grossesse, il persiste au niveau de l'utérus des signes d'autant plus nets que la grossesse était plus voisine de son terme normal. L'examen étant pratiqué les jours suivants, l'utérus apparaît gros, non encore rétracté complètement; le col est largement béant, avec la trace de déchirures récentes ; parfois môme il existe une déchirure non encore cicatrisée de la fourchette de la vulve et d'une partie du périnée, produite par le passage de la tête du fœtus.
Mais le signe le plus caractéristique de l'avortement consiste dans la rétention placentaire. Pendant les trois premiers mois, en général, l'œuf est expulsé en entier, aussi lavorlement se fait-il en un seul temps; il ne subsiste dans l'utérus aucun débris des annexes de l'œuf, et les dangers de complications sont relativement minimes. Après le troisième mois, au contraire, la déchirure de l'œuf est la règle; le fœtus est expulsé tout d'abord, puis, après un intervalle de temps variable, de quelques heures à plusieurs jours, le placenta. Lorsque, peu de temps après l'avortement présumé, la femme atteinte de métrorragie a été mise en observation, l'expulsion du placenta fournit la preuve péremptoire de l'avortement.
Mais, dans la majorité des cas, l'inculpation ne survient qu'après la délivrance. Aussi doit-on rechercher s'il n'existe pas, dans le sang rejeté parla femme, des débris du placenta, retenus un certain temps dans l'utérus. L'expulsion incomplète du placenta est en eilét fréquemment observée dans l'avortement, et c'est effrayées par les hémorragies et les phénomènes -infectieux qui en sont la consé-