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PREUVES DE LAVORTEMENT SUR LE CADAVRE

quence que les lemmes viennent demander des soins à Thùpital à la suite de leur avortement. Le secret professionnel observé parle médecin est pour elles la garantie que leur crime ne sera pas révélé à la justice; aussi, sur un nombre considérable d'avortements pratiqués chaque année à Paris, en voit-on une vingtaine à peine qui sjnt rob]et de poursuites judiciaires. Celles-ci ne se produisent en etl'et ([ue dans deux circonstances : ou bien une dénonciation, en général tardive, arrive au Parquet, et la preuve de lavortement est alors bien diflicile à trouver; ou bien la mort rapide de la femme après l'avortement a éveillé les soupçons du médecin de l'état civil ou de la famille. C'est ce dernier cas qu'il nous reste à examiner.

^ 2. — Les preuves de l'avortement sur le cadavre.

Commis pour pratiquer l'autopsie d'une femme que l'on croit avoir succombé aux suites d'un avortement provoqué, le médecin légiste peut trouvei" une cause toute différente pour expliquer la mort ; en pareil cas, tantôt l'examen del'utérus prouve péremptoirement qu'il n'y a pas eu de grossesse récente, le volume de l'organe est normal, la cavité utérine n'est pas agrandie ; tantôt, au conti aire, on trouve dans l'utérus un fœtus intact plus ou moins âgé, et cette constatation apporte la ])reuve que la grossesse n'a pas été interrompue.

-Nous avons eu l'occasion de pratiquer l'autopsie d'une femme que l'on supposait morte à la suite d'une tentative d'avortement ; celle-ci ne put être démontrée. L'utérus était normal et vide, mais il existait une grossesse extra-utérine dont les manœuvres abortives n'auraient en tout cas pu interrompre le cours.

S'il y a eu avortement ou tentative d'avortement, trois cas peuvent se présenter : ou bien on trouve dans l'utérus l'œuf complet, mais avec des lésions qui démontrent les pratiques criminelles ; ou bien on ne trouve que le placenta, ou bien l'utérus est entièrement vide.

Nous étudierons le premier cas quand nous chercherons à distinguer l'avortement criminel de l'avortement spontané. Si l'utérus renferme un placenta, la rétraction a été minime ; 1 utérus est gros et sa paroi, si la grossesse avait dépassé le troisième mois et pas encore atteint le quatrième, a une épaisseur de 2 centimètres environ. La présence du placenta ou seulement de quelques débris placentaires encore adhérents à la paroi de l'utérus suffit pour affirmer lavortement.

Si l'utérus est vide, sa cavité est néanmoins agrandie, et il est souventaisé de reconnaître sur la paroi interne la trace d'une inser- Balthazard. — Méd. lég., S* édit. 26

402 VIOL, AVORTEMKNT, INF.VNTICIDi:.

tion placeutaiie. Si lulérus est rempli de sang, Brouardel conseille de ne procéder à cette recherche qu''apri"'S avoir laissé séjourner pendant vingt-quatre heures l'utérus dans l'alcool fort, qui décolore riiémoglobine.

Les diliîcuUés ne se présentent donc à laulopsie que dans le cas où un lonç espace de temps scsl écoulé entre l'avorlement et la mort. L'r érus peut, enpareilcas, être revenu à ses dimensions normales; s'il est altéré, hypertrophié, il n'est guère possible de dire si la métrite constatée est consécutive ou non à un avortement qui s'est produit quinze jours, un mois et plus avant la mort.

Certains auteurs attichent en pareil cas une grande importance à la présence dun corps jaune dans un des ovaires. On sait qu'à chaque période menstruelle la vésicule de Grafl', qui a laissé s'échapper l'ovule qu'elle renfermait, subit une transformation kystique, s'hyperlrophie et devient le corps jaune, dont le diamètre varie de 2 à 10 millimètres environ. Lorsqu'il n'y a pas eu fécondation de l'ovule, le corps jaune s'atrophie rapidement, et, après trois ou quatre semaines, il ne persiste plus à la surface de l'ovaire qu'une petite tuméfaction scléreuse, qui bientôt fait place à une simple cicatrice étoilée.

Lorsque, au contraire, l'ovule est fécondé, l'hypertrophie du corps jaune augmente, et le diamètie atteint lo à 25 millimètres. Ces dimensions persistent jusqu'au quatrième mois, pour décroître ensuite, si bien qu'au moment de l'accouchement à terme le corps jaune n'a plus que 1 centimètre de diamètre.

La présence d'un corps jaune dans l'ovaire aurait donc un grand intérêt pour démontrer l'avorlement, s'il étaitpossible de distinguer nettement le corps jaune de la grossesse du corps jaune de la menstruation. Malheureusement, les caiactères difTérentiels, qui reposent surtout sur les plus grandes dimensions du corps jaune de la grossesse, n'ont rien d'absolument constant et ne sauraient être utilisés en médecine légale ; la présence dans l'ovaire d'un coi ps jaune d'un diamètre supérieur à 10 millimètres n'est qu'un signe de présomption en faveur de l'hypothèse d'une conception récente.

$ 3. — L'avortement a-t-il été spontané ou provoqué?

11 ne suffit pas de démontrer l'existence d'un avortement, récent ou ancien, il faut prouver qu'il s'agit dun avortement criminel, et c'est ce qui constitue la tâche la plus délicate pour l'expert.

Doux ordres de lésions sont capables, dans certains cas, de carac-

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