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L'AVORTEMENT A-T-IL ÉTÉ SPONTANE OU PROVOQUE

tériser l'avortement criminel par manœuvres directes sur l'utérus; ce sont les p!aies de l'utérus et, lorsque le produit de la conception est entre les mains de la justice, les plaies de lœuf ou du fœtus. Lésion»» des org^aiies g-énilaux de la femme. — Sur le

cadavre, il n'est pas rare de relever 1 existence dune péritonite généralisée qui a causé la mort, et cette jjéritonite a été consécutive soit à la perforation d'un cul-de-sac vaginal, soit à la jierforation de l'utérus.

Perforation d'un cul-de-sac vaginal. — .Nous avons déjà signalé la possibilité des fausses route> lorsque l'instrument piquant. destiné à produire l'avortement, est manié par un avorteur maladroit. Lantéversion de l'utérus, si fréquente chez les femmes enceintes, et qui applique l'orifice du col contre la paroi postérieure du vagin, crée des difficultés pour trouver cet orifice; aussi a-t-on vu souvent les traces d'une perforation partant de la partie antérieure du col pour ressortir à sa partie postérieure, et se continuer par le cul-de-sac vaginal de Douglas jusque dans le péritoine. Surtout lorsque le trajet de la plaie du col est nettement indiqué par une infiltration sanguine du tissu utérin, de semblables lésions ne laissent aucun doute sur l'avortement criminel.

Perforation de l'utérus. — Lorsque, à la suite d'une perforation de l'utérus par un instrument piquant, une péritonite suraiguë emporte la femme rapidement en vingt-quatre, trente-six heures, la plaie utérine infiltrée de sang est parfois assez peu modifiée pour qu'il soit facile de la rapporter à sa cause.

Mais en général une infection à forme gangreneuse se développe, au niveau de la blessure utérine, qui donne naissance à une perte de substance en forme de tronc de cône, faisant communiquer la cavité utérine avec la cavitépéritonéale, siège d'une péritonite généralisée.

D'après Thoinot et Paul, la perforation gangreneuse de l'utérus caractériserait la manœuvre abortive, en général l'injection intrautérine avec une longue canule rigide. Elle n'aurait rien à voir avec la métrite gangreneuse de Beckmann, observée en cas de rétention placentaire.

Infection utérine. — La mort de la femme est souvent causée par une septicémie streptococcique trouvant sa porte d'entrée au niveau de la plaie utérine, d autant plus à redouter dans les avortements criminels qu'aucune [récaution n'est prise pour assurer l'asepsie des instruments introduits dans l'utérus. Mais, dans les avortements spontanés, lorsqu il y a eu rétention de débris placentaires et que des soins immédiats n'ont pas été donnés à la femme .les mêmes

complicaiions ht'morragiques ou infectieuses peuvent se produire, et aucun signe ne |ierinel de distinguer l'avortement spontané de lavuitement provofjuc

Or, si l'on réllt'chit uu grand nombre de causes qui sont capables d'interrompre le cours do la grossesse, ï^oil du fait des intoxications et infections antérieuros ou actuelles de la mère, soit du lait de 1 r-tat de santé du père, soit enfin grâce à l'intervention de causes extérieures accidentelle-:, on conçoit combien l'expert doit être réservé avant d'affirmer l'avortement ci-iminel, s'il n'existe pas sur l'utérus ou sur le fœtus la trace de lésions traumatiques manifestes.

Lésions de l'teuf ou du foetus. — Quand l'avortement a lieu dans les trois premiers moi*, lœuf est expulsé dans son entier. Aussi Oallard a-t-il vou'u déduire de la décinrurede l'œuf la preuve de l'avortement criminel. Kn réalité, comme l'a indiqué (charpentier, bien que l'intégrité de lœuf soit la règle dans les avortements spontanés jusqu'à la sixième semaine, la déchirure peut pourtant s'observer; et, m -me si le fœtus mort a séjourné pendant un certain temps dans la cavité utérine avant d'être expulsé, il peut se produire une dissolution plus ou moins complète de l'œuf.

A parlir de la sixième semaine jusqu'à la dixième, les ruptures de l'œuf sont déjà beaucoup plus fréquentes dans les avortements spontanés; après la dixième semaine, elles sont la règle.

Il n'est donc pas possible de conclure à l'avortemint criminel d'après la déchiiure des membranes, quelle que soit la période de la grossesse à laquelle l'expulsion de Yn'uî s'est produite.

Les blessures du fœtus ne s'observent que dans les cas où l'avortement a été provoqué par ponction des membranes; encore sontelles rares, car le fœtus flottant dans le liquide amniotique se déplace aisément, fuit devant l'instrument. Sur soixante-sept cas (l'avortement, Brouardel n'a obsei-vé que huit fois des blessures du fœtus, siégeant au niveau du front, de l'aisselle ou du pli inguinal.

La constatation de cesblessures aurait une grande importance s'il était possible de démontrer qu'elles ont été faites sur le f(ptus vivant, alors qu'il était encore dans la cavité utérine, et qu'elles ne peuvent résulter de manœuvres ou de lésions accidentelles sur le nouveau-né ou le mort-né. Cette démonstration étant rarement possible, les blessures du fœtus ne conduisent pas d'ordinaire au diagnostic précis de l'avortement criminel.

De même les lésions du placenta, hémorragies interstitielles, foyers de nécrose, ne peuvent être rapportées qu'exceptionnelle-

A QUELLE ÉPOQUE RlîMONTAIT LE DÉBUT DE LA GROSSESSE? 405

ment aux traumatismes directs ou à l'action de substances caustiques, les maladies de la mère étant capables de les provoquer spontanément.

Lorsque l'individu inculpé d'avoir provoqué Tavortement est un médecin, el qu'il avoue, il invoque comme excuse la nécessité dii!ferrompre le cours de la "grossesse du fait des vomissements incoercibles qui ont cessé après la délivrance, ou encore d'un rétrécissement du bassin que l'examen direct permet ou non d'admettre. Plus souvent le médecin prétend avoir opéré une mole charnue ou une mole hydatiforme ; seuls des arguments d'ordre clinique peuvent être invoqués à l'appMi de la véracité de son récit. Les moles ne s'observent guère, en effet, que chez les femmes parvenues au voisinage de la ménopause ; d'autre part, elles provoquent au début de la grossesse des hémorragies abondantes et répétées.

Examen des lieux. — Les taches que l'on trouve sur les linges, draps, n'ont pas d'intérêt si elles sont constituées uniquement par du sang ; elles démontrent au contraire la réalité de l'avortement, s'il est possible d'y caractériser la présence de méconium ou d'enduit sébacé, par les procédés que nous étudierons plus loin.

L'examen des lieux oii l'avortement est supposé avoir été accompli amène partois la découverte de substances réputées abortives ou d'instruments que l'on pense avoir servi à provoquer l'avortement. Il s'agit parfois d'une seringue avec longue canule dont la femme a souvent de ta peine à expliquer la présence; mais, nous l'avons dit, le plus souvent les instruments utilisés pour perforer les membranes n'ont riendecaractérist que, et, s'il est possible à l'expert d'affirmer que leur emploi eût p -rmis l'avortement, r^en ne l'autorise à penser qu'ils ont été en etfet employés à cet usage.

§ 4. — A quelle époque remontait le début de la grossesse ?

L'examen de l'utérus soit sur la femme vivante, soit sur le cadavre, permet en général de constater que cet organe est beaucoup plus volumineux qu'à l'état normal. On pourra déduire de l'étude de ses dimensions que la grossesse avait dépassé le troisième mois,le(|uatrième mois, mais il est difficile d'être plus aftirmatif, l'utérus subissant après l'avortement une rétraction dont la rapidité dépend de bien des circonstances.

Des renseignements plus précis peuvent être déduits de l'étendue de l'insertion placentaire et niême de 1 étude histologique des débris de la paroi utérine oîi Ton peut reconnaître jusqu'au tioisièmemois

la structure de la caduque sérotine et ultérieurement les villosités placentaires.

Il uest possible d'indiquer avec exactitude l'époque à laquelle était parvenue la grossesse que si l'on peut pratiquer l'e-xamen du fœtus. En traitant de l'identité, nous étudierons les caractères tirés du poids du fœtus, de sa longueur, du développement des divers organes, à l'aide desquels on peut apprécier son âge.

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