INFANTICIDE PAR SUBMERSION
criminelle des fractures du crâne qui en sont la conséquence. La circonstance que la respiration né s'est pas établie chez le fœtus ou ne s'est établie que d'une façon impaifaite vient à l'appui de la version indiquée par la mère.
Enfin, dans certain* cas, on trouve dans lexamen des taches suites draps qui garnissaient le lit de la mère, dans la découverte de méconium ou denduil sébacé, la preuve (jue l'excuse invoquée par la mère os( inadmissible.
.i; 2. — Infanticide par submersion.
Dans 30 p. 100 des cas d infanticide observés par Brouardel, le meurtre a été commis par submersion, 10 fols dans l'eau et 20 fois dans le liquide des fosses d'aisances.
Submersion dans l'eau. — En dehors de la résistance des nouveau-nés à l'asphyxie, que nous avons déjà signalée en étudiant la submeision, les signes qui permettent d'affirmer que l'enfant était vivant au moment de l'immersion dans l'eau ne diffèrent en rien de ceux sur lesquels repose le même diagnostic chez l'adulte.
La fluidité du sang, la présence d'eau dans l'estomac et de petits graviers dans les voies respiratoires prouvent que l'enfant a été immergé vivant et, par suite, qu'il s'agit d'un infanticide, l'enfant ayant vécu.
La docimasie pulmonaire doit néanmoins être pratiquée ; elle est parfois assez délicate, car la présence d'eau dans le poumon augmente la densité de l'organe, et certaines épreuves, la quatrième surtout, ne réussissent pas, alors même que l'enfant a respiré. D'ailleurs, l'enfant a pu être précipité dans l'eau assez rapidement pour n'avoir pas eu le temps de respirer, lorsque, par exemple, la femme accouche dans un bain ou au-dessus d'un seau d'eau.
Submersion dans les fosses d'aisances. — Lorsque le nouveau-né est encore vivant au moment où il est jeté dans une fosse d'aisances, ses violentes inspirations font pénétrer des matières fécales jusque dans les dernières ramifications bronchiques; à la coupe du poumon, lapression fait sourdre par lesbronches de petites chandelles de matières fécales. On peut encore en retrouver dans'^ l'eslomac.
Au contraire, si l'enfant était iléjà mort, les matières pénètrent dans le nez, la bouche, mais gagnent exceptionnellement le larynx ou la trachée, jamais en tout cas les ramifications bronchiques ou l'estomac.
Toutefois, l'enfant joté dans la fosse est parfois maintenu au-
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dessus des matières liquides par la masse dessédu'f <|ia' lOii apiielk' le chapeau : en pareil ra>, il ne se noie pas, mais meurt asphyxié par les gaz irrespirables qui conslituenf latmosphère de la fosse. Lorsque celle-ci, imparfaitement recouverte, est très aérée, comme il arrive à la campagne, lenfant peut survivre plusieurs heures ijualre jours, dans un cas de Bayard) et mourir par refroidissement ou même par pneumonie.
Les conditions de l'expertise varient beaucoup suivant la disposition des lieux daisances et de la fosse.
S'agit-il d'une fosse simplement recouverte dune dalle percée d'un large orifice, comme il n"en existe presque plus à Paris, mais comme on en trouve beaucoup à la campagne? Le corpsde l'enfant passe aisément par rorillce et ne poite, par suite, aucune lésion autre que celle qui a provoqué la mort, si celle-ci est antérieure à limmersion.
La femme prétend (juclle a accouché par surprise, alors quelle allait à la selle. Celte version n'est acceptable que dans deux cas également rares l'un et l'autre :ou bien le placenta a été expulsé en même temps que lenfant, laccouchement s'est fait en un temps, et alors on retrouve dans la fosse le placenta relié au fœtus par le cordon ombilical intact; ou bien on est en présence d'une rupture spontanée du cordon pendant le travail. Si l'examen du cordon montre qu'il existe une section nette faite au ciseau, avec béance des vaisseaux ombilicaux, la dernière version peut être écartée.
Mais, dans la plupart des lieux daisances, l'orifice n'a que lu à 12 centimètres de diamètre et est trop petit, parsuite, pour permettie aussi aisément que dans le «as précédent le passage de l'enfant, surtout des épaules, au niveau ilesquelles la largeur est de 14 à la centimètres. Aussi trouve-t-on fréquemment des fractures du crâne ou des clavicules dont l'examen permet de dire si l'enfant était vivant au moment de l'introduction dans la cuvette.
Ici la femme ne peut plus prétendre que l'enfant est tombé par son propre poids dans la fosse. 11 a évidemment fallu exercer un rlTort, parfois même violent, pour lui faire franchir l'orifice de la cuvette. Mais, si Ion retrouve lenfant dans la cuvette elle-même, surtout avec le |»lacenta encore relié au nouveau-né par le cordon ombilical, l'explication est admissible; encore i»eut-on poursuivre la mère, s'il est démontré que l'enfant a respiré, pour homicide involontaire par abandon ou omission de soins.
.\vec le système du tout à l'égout, appliqué dans un grand nombre de maisons parisiennes, le corps de l'enfant introduit dans la cuvette s'arrêterait presque fatalement au niveau du siphon dont est muni