‹ Précis de médecine légaleChapitre 141 sur 185 · CHAPITRK 11 SIGNES DE LA MORT · texte numérisé non relu

CHAPITRK 11 SIGNES DE LA MORT

Le (lia<,Mio.slir de la niorl lepose sur deux oi-dros de conslalalions : les unes, relatives à la suppression des grandes fonrtions qui rarartérisent la vie, n'onl qu'une valeur très relative; les autres, en rappoit avec les modiiications chimiques qui se produisent dans le^ tissus du cadavre, ne peuvent être faites quà une époque plus ou moins éloignée de la mort : mais elles ont une valeur absolue.

:; !«'. — Abolition des fonctions vitales.

La mort de l'organisme ne coïncide pas avec la mort simultanée de toutes les cellules qui le composent. Ainsi la fonction glycogénique et la fonction uropoiétique persistent dans le foie plusieurs heures après la mort (Bouchard, Broûardel) ; le cœur d'un individu décapité continue à battre un certain temps.

D'autre part, les fonctions nerveuses de sensibilité et de inotililé sont abolies chez les individus en état de mort apparente et chez les hystériques ; la circulation s'arrête pendant la syncope.

On conçoit, par suite, qu"il n'existe pas de signe pathognomonique de la mort basé sur la suppression d'une des fonctions vitales, et que le diagnostic ne puisse être posé, avec une certitude relative d'ailleurs, que si l'on a constaté l'abolition simultanée des fonctions nerveuse, respiratoire et circulatoire.

Sensibilité et luotilité. — Un individu qui réagit aux excitations sensitives ou sensorielles n'est pas mort, mais il peut en être de même d'un individu chez lequel les perceptions sensitives et sensorielles sont abolies. On sait, en eifet, depuis les travaux de Charcot, que certaines hystériques peuvent présenter une anesthésie généralisée, qu'elles ne réagissent plus aux piqûres d'épingles et même à des excitations plus violentes, tellps que celles qui résultent dq pincernent^du mamelon à l'aide dune pince à griffes (signe de la mort pour Josat). De même les hystériques peuvent tester insensibles aux excitations sensorielles de l'odorat gouttelette d'éther

^38 PnÉXOMÈ.NES CADAVÉRIQUES.

projetée dans les uaiiiics , ainsi qu'aux t'xcilations auditives ou \ isuelies.

L'immobilité musculaire se lentoiitie également dans toutes les circonstances où il s'agit de mort apparente. De plus, un individu moit réellement semble parfois faire des mouvements, les membres changeant de position lorsque s'installe la rigidité cadavérique.* (liiez un malade qui avait succombé au cours de laneslhésie chlorolormique, nous avons vu des mouvements de déglutition persister pendant plus de deux heures, et pourtant la section de l'artère l'adiale n'avait amené aucun écoulement sanguin.

Respiration. — Une glace est placée devant la bouche de l'individu ; s'il respire encore, l'air expiré chargé de vapeur d'eau vient frapper la glace qui se ternit. C'est là un signe de faible valeur, puisque la respiration est souvent abolie chez des individus qui ne sont qu'en état de mort apparente, alors que sur le cadavre il peut persister des contractions diaphragmatiques qui chassent l'air de la j)oitrine et produisent de ce fait la formation d'une buée sur la glace.

Circulation. — L'examen de la circulation est beaucoup plus important. Certes, il est des états, telsque la syncope, dans lesquels le cœur peut cesser de battre. Au moins cette suspension des contractions ne saurait-elle être de longue durée sans que l'individu passât de la mort apparente à la mort réelle.

i'our constater l'arrêt de la circulation, il est de tradition d'explorer le pouls et d'observer la cessation des pulsations de la radiale. A vrai dire, le coeur, lorsqu'il se contracte avec peu d'énergie, peut •tonner des ondées sanguines dans les artères, imperceptibles au doigt ; aussi Bouchut a-t-il eu raison de conseiller de ne jamais porter le diagnostic de la mort avant d'avoir pratiqué l'auscultation du cœur pendant au moins vingt minutes.

Les expériences sur le chien ont prouvé que, dans maintes circonstances, après avoir, à l'auscultation, constaté l'absence des bruits du cœur, on peut, en ouviant la poitrine, observer encore des contractions cardiaques trop faibles pour donner naissance à des bruits perceptibles pour l'oreille. Se basant sur ces faits, .Middeldorf conseille de ne pas s'en rapporter à l'auscultation et de piquer dans le cœur une longue aiguille, à laquelle les contractions des ventricules, si faibles soient-elles, communiqueront des mouvements oscillatoires. Bien que ce procédé ne fasse pas courir de grands risques à l'individu qui serait réellement en état de mort apparente, son application se heurterait en pratique à la résistance des familles.

Pour se convaincre de l'arrêt do la circulation, Icard pratique

Page 1