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PUTRÉFACTION DES ORGANES

cerveau. Au bout de huit à dix jours, la substance cérébrale forme une masse homogène gris verdàlre, semi-fluide, qui se répand sur la table d'autopsie à l'ouverture de la cavité crânienne. A une époque plus tardive, cette masse diminue de volume et présente une odeur alliacée infecte.

Si l'autopsie est faite quand s'établit la circulation posthume sous l'influence de la putréfaction gazeuse intestinale, le cerveau apparaît toujours congestionné. Pourtant leshémorragies méningées et cérébrales sont faciles à distinguer de la diffusion de l'hémoglobine, qui se produit à ce moment ; le diagnostic en est moins aisé lorsque la substance cérébrale s'est ramollie et que l'hémoglobine a ditTusé complètement ou a perdu sa coloration.

Appareil génito-uriuaire. — Les reins ne subissent, au point de vue morphologique, que des modiflcations minimes, dans les premiers temps de la putréfaction, et les lésions macroscopiques, néphrite interstitielle, tuberculose et cancer, calcul, peuvent être retrouvées pendant longtemps. Il n'en est pas de même pour les lésions histologiques : les altérations des épithéliums des tubes contournés échappent à l'étude dès que débute la putréfaction. Le microscope ne permet plus de déceler que les formations kystiques et les hémorragies à l'intérieur des tubes urinifères et dans le tissu interstitiel, et cela même pendant un temps qui n'excède pas une quinzaine de jours.

Au niveau de la vessie, les altérations sont très précoces ; alors même que l'autopsie est faite au bout de vingt-quatre heures, l'urine fournit par la chaleur un léger coagulum d'albumine, alors même qu'il n'en existait pas pendant la vie. Lorsque la putréfaction a commencé, ce coagulum devient très abondant, si bien qu'il est impossible de conclure de lexamen des urines prélevées sur le cadavre à l'existence de l'albuminurie chez le vivant.

Lorsque l'on trouve du sucre dans l'urine, il est certain qu'il y existait pendant la vie; mais, malheureusement, les fermentations microbiennes font disparaître rapidement le sucre, et le diagnostic rétrospectif du diabète par l'examen des urines ne peut être posé que si l'autopsie est pratiquée peu de temps après la mort, ou du moins si le prélèvement de l'urine est opéré d'une façon précoce.

Les organes génitaux de l'homme disparaissent rapidement au cours de la putréfaction ; chez la femme, Vutérus résiste beaucoup mieux. Casper, dans une affaire d'avortement, put conclure, de l'examen de l'utérus pratiqué un an après la mort, qu'il n'y avait jamais eu de conception. Au contraire, dans une afTaire semblable, Brouardel retrouva, au bout de seize mois, un utérus ayant 16 cen- Balthazard. — Méd. lég., 3' édit. 29

limèires en tous sens, tel qu'on le voit après raccouchement à terme.

Système osseux. — Les os se conservent assez bien, et il faut un temps considérable pour qu'ils tombent en poussière; encore celte désagrégation ne se produit-elle pas toujours, puisqu'on retrouve intacts à l'heure actuelle les squelettes d'hommesinhumés à l'âge de la pierre.

La perte de poids progressive que subissent les os, que l'on apprécie aisément par la diminution de leur poids spécifique, permet d'estimer approximativement à quelle époque remonte l'inhumatiii). Mais la dessiccation du cadavre s'opère avec une rapidité variable avec les conditions d'irrigation, d'aération du sous-sol du cimetière, si bien qu'on doit indiquer dans cette évaluation des limites assez étendues.

Recherches bactériologiques sur le cadavre. — H y a souvent intérêt à déterminer si l'individu a succombé à une maladie infectieuse, en recherchant le microbe spécifique. Les expériences d'Achard ont montré que, très rapidement après la mort, le sang du cœur est envahi par des microbes provenant de l'intestin; déjà, au bout de vingt-quatre heures, il est impossible d'affirmer que les microbes retrouvés dans les cavités cardiaques ont joué un rôle pathogène pendant la vie.

Gradwohl a étudié la valeur qu'il faut attribuer en médecine légale aux recherches bactériologiques. Il a montré que, déjà au bout de dix heures, les microbes pullulent dans le sang du cœur ; au contraire, sur cinquante cadavres, il a recueilli le sang de la veine médiane céphaiique au pli du coude, et ce sang a cultivé seulement dans trois cas où les malades avaient succombé à une septicémie. Aussi peut-on ajouter foi aux examens bactériologiques pratiqués moins de vingt-quatre heures après la mort sur le sang des veines périphériques, si toutefois la putréfaction n'est pas commencée.

Les recherches spéciales du microbe du charbon, du tétanos, de la peste, du choléra réussissent souvent et donnent, quel que soit l'état de la putiéfaction, des résultats démonstratifs. Il en est de même pour l'examen des bacilles de Koch, qu'on peut déceler dans les lésions tuberculeuses du poumon et des autres viscères plusieurs mois après la mort ; encore faut-il se méfier de la présence de certains microbes de la putréfaction, qui, comme le bacille tuberculeux, possèdent la propriété de résister à l'action décolorante de certains acides, et employer pour cette décoloration l'acide nitri |ue au tiers.

Cependant, au cours d'une autopsie pratiquée après quatorze mois d'inhumation, nous avons pu constater, à l'intérieur d'un utérus

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