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CONSERVATION DES CADAVRES

Au bout de plusieurs années, la destruction des tissus finit par s'opérer, et on ne retrouve plus dans la bière de plomb que les os parfois ramollis, nageant dans un liquide visqueux, noir, ayant lapparence du cambouis. Sur les cadavres inhumés ainsi en bièie hermétiquement close, on ne retrouve qu'une faible quantité de larves et de chrysalides qui toutes appartiennent aux diptères des .eenres Calliphora, Curtonevra, Sarcophafja et Lucilia. Le cadavre ne renferme jamais que les travailleurs de la morl de la première équipe, ceux qui sont déposés à lélat d'oeuf soit immédiatement apiès la mort, soit après le début de la putréfaction, mais en tout cas avant la mise en bière.

Il est un certain nombre de cimetières dans lesquels la destruction des cadavres s'opère aussi lentement et d'une façon aussi incomplète que dans les bières de plomb. Lorsque les concessions sont faites pour cinq ans, et qu'au bout de ce temps on exhume les cadavres pour transporter leurs débris à la fosse commune, on trouve les tissus encore intacts morphologiquement et transformés en gras de cadavre.

Le sol de ces cimetières est en général argileux, imperméable aux gaz, et la bière de bois se trouve isolée par l'argile de l'oxygène, qui filtre au contraire à travers les terrains meubles. A Saint-Nazaire existait un semblable cimetière conservateur des cadavres ; on a drainé le sol. Il ne s'est pas écoulé d'eau par les drains, mais l'oxygène a pu circuler jusqu'aux bières, et les cadavres se sont détruits rapidement.

^ 5. — Conservation des cadavres.

Nous avons examiné un certain nombre de circonstances dans lesquelles la destruction des cadavres, si désirable pour l'hygiène des agglomérations, est plus ou moins entravée du fait des défectuosités du sol du cimetière ou des conditions de l'inhumation. Pour diverses raisons, la conservation des cadavres peut être voulue, lorsque la famille désire faire procéder à l'inhumation loin du lieu de la mort et lorsqu'elle espère rendre plus durable la dépouille de celui qu'elle a perdu. Dans ces cas, non seulement on cherche à s'opposer à la destruction tardive du cadavre, mais on s'efforce d'éviter la première phase de la putréfaction, celle qui correspond au développement des gaz putrides.

Les divers procédés mis en œuvre pour soustraire les cadavres à la putréfaction, pour les embautner, sont basés sur une constatation qui se dégage nettement de l'étude de la putréfaction : à savoir que,

sans microbes et sans insectes, les cadavres se conseivenl indrfininient. Il suflit donc, avant que la putréfaction ait débuté, d'imprégner le cadavre dune suljslance à la lois antiseptique et insecticide.

Les règlements administi'atifs interdisant l'emploi des substances susceptibles d"ètre utilisées dans les empoisonnements criminels, comme l'arsenic, le sublimé, on recourt d'ordinaire au cbiorurede zinc dilué au cinquième dans l'alcool ou la glycérine, que l'on injecte dans les artères par la fémorale ou par la carotide. On peut encore utiliser une solution de formol du commerce étendu de dix fois son volume d'eau, ou enfin l'alcool amylique (Dubois-Lacassagne' injecté dans les cavités naturelles.

Toutes ces opérations doivent être faites en présence du commissaire de police ou du maire, qui appose un scellé sur un flacon contenant une partie du liquide conservateur dont on s'est servi, et ce flacon est placé dans la bière à c()té du cadavre. Ces mesures sont destinées à faciliter les recherches chimiques dans le cas où, une suspicion d'empoisonnement surgis ant. l'exhumation du cadavre embaumé serait ordonnée.

Habituellement, pour empêcher le liquide de s'écouler pendant le transport du corps au cimetière, on se contente de placer dans le fond de la bière une certaine quantité de sciure de bois. Lorsque la S'iure est arrosée d'acide phénique, la putréfaction du cadavre est retardée.

Enfin, lorsque la mort a été la conséquence d'un empoisonnement par une substance douée, outre ses propriétés toxiques, d'un pouvoir antiseptique élevé, le cadavre se conserve parfois d'une- façon remarquable. Nous avons déjà signalé, en étudiant les intoxications, l'influence de l'arsenic, du sublimé, sur la marche de la putréfaction.

Il nous reste à décrire la momification des cadavres, qui se produit lorsque les tissus se dessèchent rapidement à l'air, ou qu'ils sont, par des pratiques d'embaumement, protégés contre l'action des microbes. On sait que dans les pays chauds, le Sahara par exemple, la j)utréfaction n'a pas lieu et que les cadavies des homme* et des animaux abandonnés au soleil se momilient ; les viscères se rétractent et les vêtements se confondent avec les tissus superficiels.

11 est des terrains sablonneux dans lesquels les liquides du cadavre sont assez lapidement absorbés pour qu'il ne se produise pas de putréfaction gazeuse ; le cadavre se momifie. Enfin, lorsqu'il s'agit du cadavre aseptique d'un nouveau-né, soustrait à la pénétration

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des germes, lorsque, par exemple, le fœtus morl reste dans la cavité utérine, on observe encore la momification des (issus.

Chez les Égyptiens, la momilication était recherchée systématiquement non seulement pour les cadavres humains, mais aussi pour ceux des animaux domestiques et même sauvages; il nest pas rare de retrouver des cavernes renfermant les cadavres momifiés d'un grand nombre d'animaux, bœufs, chiens, crocodiles. Les embaumements étaient pratiqués sous linfluence des idées religieuses régnantes, aussi bien pour assurer la conservation des corps que pour éviter les inconvénients de la putréfaction au point de vue de l'hygiène sociale.

La pratique des embaumements constituait donc une industrie religieuse qui faisait vivie des villes entières, comme Thèbes. Après avoir enlevé rapidement après la mort les intestins, l'estomac et les viscères, que l'on suspendait au soleil afin de déterminer une dessiccation rapide, suffisante pour entraver le développement de la putréfaction, le corps était desséché de la même façon. Puis on enroulait autour des membres et du tronc des centaines de mètres de bandelettes imprégnées de résine qui pénétrait progressivement dans les chairs desséchées et assurait leur conservation. 11 fallait plus d'un mois pour procéder à l'embaumement ; au bout de ce temps, le cadavre devant être enseveli complet, les viscères desséchés étaient attachés autour du cou. Ces cadavres se sont conservés intacts depuis a 000 ans ; ce sont les momies que l'on peut voir aujourd'hui dans les musées et même chez des particuliers.

§ 6. — Faune des cadavres

Avant même qu'ait débuté la putréfaction microbienne, certains diptères déposent leurs œufs à l'orifice des fosses nasales et à l'angle interne des yeux du cadavre. Bientôt les larves prennent naissance, s'enfoncent dans les cavités nasale et orbitaire et poursuivent parallèlement aux microbes, le travail de destruction des tissus.

Pendant plusieurs années, des générations d'insectes et d'acariens s'appliquent à consommer les matériaux du cadavre abandonné à l'air libre, les espèces se succédant régulièrement ; chaque escouade se met à l'œuvre lorsque la précédente a consommé les substances qui conviennent à son mode de nutrition ou lorsque la putréfaction a convenablement modifié la composition des tissus pour qu'elle puisse les utiliser.

C'est à Mégnin que l'on doit d'avoir formulé les lois de celte succession des travailleurs de la mort, grâce auxquelles il est possible d'obtenir des indications sur l'époque de la mort.

Nous passei'ons d'abord en revue ces escouades de travailleurs, dans l'ordre même de leur succession, et nous indiquerons les mœurs de chaque espèce d'insectes ou d'acariens que l'on peut trouver sur les cadavres. .

Pour faire œuvre utile, il est nécessaire de pouvoir déterminer a\cc précision chacune de ces espèces, par l'étude des pupes vides, des larves ou des insectes adultes; c'est une tâche pour laquelle le médecin légiste devra presque toujours demander le concours d'un entomologiste compétent.

L'étude de la faune des cadavres, en dehors de ses applications médico-légales, présente une haute portée philosophique, car elle fait compi'endre comment les substances complexes qui ont appartenu à des êtres vivants peuvent être modifiées et utilisées par des animaux inférieurs, si complètement que, lorsque l'œuvre de ces travailleurs est terminée, il ne reste plus du cadavre qu'une poussière, constituée par les excréments des insectes et des acariens qui se sont succédé sur le cadavre pendant plusieurs années.

1° Cadavres se détruisant à Pair libre. — La première escouade des travailleurs de la moit est constituée, d'après Mégnin, par des larves d'un certain nombre de diptères, communs dans nos appartements ou dans les localités rurales.

Dans cette escouade, .Mégnin range les diptères des genres Mitsca, Ciirtonevra et Calliphora, qui ne déposeraient leurs œufs que sur des cadavres encore frais.

Depuis que notre collègue Brumpt nous a fait remarquer que la mouche domestique ne pond jamais ses œufs sur des cadavres, nous avons fait éclore d'une façon systématique toutes les larves recueillies sur des cadavres au cours de nos autopsies, et jamais, en effet, nous n'avons observé la mouche des fenêtres [Musca domestica). Mégnin a donc commis une erreur en rangeant ce diptère parmi les travailleurs de la mort.

Brumpt a constaté également que Mégnin se trompait lorsqu'il déclarait que les Curtonèvres habitent exclusivement les localités rurales; si ce fait était exact, la présence de larves ou de nymphes de Curtonèvres sur un cadavre trouvé à la ville prouverait que ce cadavre a été amené de la campagne. En réalité, la Curtonevra slabulans (fig. 64, i), mouche robuste qui diffère de la mouche des fenêtres (fig. 64, f] surtout par la forme incurvée des nervures de l'aile, hante les villes où elle abonde dans les écuries et autour des marchés.

Nous relèverons enfin une troisième erreur de .Mégnin. Curtonèvres et Calliphores recherchent avec autant d'avidité les cadavi-es

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chez lesquels la putréfaction est commencée que les cadavres frais.

Ces diptères ne sont d'ailleurs pas d'ordinaire les premiers qui

Fig. 64. — Mouches qui déposent leurs œufs sur les cadavres (sauf AJusca domesticn) (1). 1, Musca (lomeiicas ; 2, Curtontvra stabulnns; 3, Sarcophaga carnaria ; i, Anthomijn vicina; ^,Calliphora vomitoria; ë,Lucilia Cœsar ; 7, Phora alerriinn.

se jettent sur les cadavres. Les Lucilies elles Sarcophages semblent douées d'un odorat bien plus subtil, et ce sont elles qui viennent immédiatement déposer leurs œufs aux endroits propices, si le cadavre est abandonné à l'extérieur des maisons. 11 n'en est plus de même pour les cadavres qui séjournent à l'intérieur des appartements, où ne pénètrent jamais des Sarcophages (mouches grises) et

(I) Les figures 64 à 91 sont empruntées au Précis de Parasitologie de M. leD' Guiart, qui a bien voulu nous autoriser à reproduire ici ces intéressants documents tirés de son excellent livre et exécutés d'après les ouvrages de Méjnin et R. Blanchard.

rarement les Lucilies (mouches vertes) alors que les Calliphores mouches bleues y sont toujours abondantes en été.

Ces rerlilicalions permettent donc de supprimer la première escouade de Mégnin et de la joindre à la seconde, qui comprend les diptères fréquentant les cadavres chez lesquels la putréfaction est déjà commencée.

Première escouade. — La première escouade comprend donc pour nous des diptères des genres Cnrtonerra, Calliphora, Sarcopha^/n, LucHia.

La Curtonevra slabulans, qui, à létal de larve et de nymphe (lig. 6fi;, ne peut guère être distinguée de la mouche domestique fig. 65j, ressemble beaucoup à cette mouche à l'état adulte. On la reconnaît surtout à la forfne spéciale de la nervure de l'aile qui se bifurque près de l'extrémité postérieure de l'aile en formant un angle ouvert fig. 64, 2) ; chez la mouche domestique, la nervure se bifurque également, mais les deux branches se rejoignent ensuite fig. 64, /,.

La CaUiphor avomitûria (lig. 64, o; est la grosse mouche bleue de la

\iande, qui atteint une longueur de 1.3 millimètres. La larve et la

nymphe (fig. 67) se distinguent facilement de celles des Curtonèvres

fig. 66) et des Lucilies (fig. 69), grâce à leur grande taille, mais se

rapprochent comme aspect de celles des Sarcophages (fig. 68 .

La Sarcophaga caruaria ffig. 6i, 3 est la grosse mouche grise de la viande, mesurant 14 à 16 millimètres de longueur et reconnaissable aux rayures noires du thorax. Cette mouche est vivipare ; elle dépose sur les cadavres non pas des œufs, mais des larves longues de 1™™,5 et larges d'un tiers de millimètre.

La Lucilia Cxsnr (fig. 64, 6) mesure de 7 à 9 millimètres et présente une coloiation verte, avec reflets brillants, avec des taches blanches sur les côtés du front.

Tous ces diptères déposent leurs œufs sur le cadavre en tous les points de la peau où existe une solution de continuité ; les larves, à leur naissance, n'ont pas la force, en eilet, de perforer i'épiderme. Si la peau est intacte, les mouches déposent leurs œufs au voisinage des muqueuses plus fi agiles, à l'orifice des fosses nasales, sur les livres et, avec une prédilection spéciale, à l'angle interne des yeu.x. Il suffit donc, pour éviter l'ensemencement des cadavres, de protéger la tête contre l'atteinte des mouches immédiatement après la mort.

Mégnin fixe à huit jours la durée nécessaii e pour l'éclosion des œufs; mais nous avons vu souvent l'éclosion se produire dans la saison chaude en moins de quarante-huit heures et même en

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Yingt-quatre lieuros. Ajoutons que les Sarcophages déposent sur le cadavre des larvos vivantes qui commencent immédiatement leur œuvre.

Au bout d'une dizaine de jours, la larve a atteint son dévelop[je-

fe.

Fig. 65. — Larve et nymphe fig. 66. — Lai-ve et nymphe de la Musca domestica de la Curtonevra stabii-

(d'après Mégnini. lans (d'après Mégnin).

Fig. tiT. — L.irve et nymphe de la f.'alliphora vomitoria (d après Mégnin).

ment complet, au moin.s quand la température est propice; elle sort alors du cadavre, s'immobilise et s'entoure d'une coque chitineus? pour se transformer en nymphe. Après une incubation qui peut durer de six jours à un mois, suivant les conditions atmosphé-

Fig. 68. — Lirve et nymphe de la Sirco- Fig. 69. — Larve et nymp'ie de la Lueilia p/iaga carnaria (i'aprii .\;égnin)- Cœsar (d'apns '•légninl.

riques, l'insecte parlait sort de sa nupe et ensemence bientôt à nouveau le cadavre si les générations précédentes n'ont pas utilisé toutes les parties molles ;. il s'en éloigne au contraire si ces parties molles ont été transformées par la putréfaction en adipocire ou en substance caséeuse.

Le cycle complet de l'insecte peut donc atteindre un mois envi-

ron ; Mégnin n'hôsitait pas à faire remonter la mort à un mois lorsqu'il trouvait des pupes vides sur le cadavre. iNous avons cependant vu le cycle s'opérer en une quinzaine de jours dans la saison chaude pour les mouches bleues et vertes, depuis le moment de la ponte des œufs jusqu'à l'instant où l'insecte parfait quille la pupe.

Tous les diptères que nous venons de di';ci'ire se retrouvent en (|uanlilé considérable sur les cadavres abandonnés à l'air libre pendant la saison chaude, hors des maisons, à l'état d'insecte adulte, de larves, de nymphes; à une période plus avancée de la putréfaction, on ne retrouve plus que les pupes vides. Si les cadavres ont séjourné dans un appartement, ils sont ensemencés presque uniquement par la CalUphora vomitoria, plus exceptionnellement par la Lucilia Cœsar, si les fenêtres sont restées ouvertes.

Les mouches n'existent que dans la saison chaude, depuis le printempsjusqu'au commencement de l'hiver. Lorsque arrivent les premiers froids, les nymphes, qui n'ont pas terminé leur évolution, succombent; quelques femelles fécondées se cachent dans les trous, où elles passent l'hiver, engourdies, et donnent au printemps les premières générations de larves et de mouches.

On pourrait donc affirmer, d'après Mégnin, que s'il existe sur un cadavre des vestiges de diptères, la mort est survenue après le mois de mars et avant le mois de novembre dans nos régions. Mais il faut compter avec la mouche bleue qui séjourne parfois tout l'hiver dans les maisons, et qui peut par suite ensemencer le cadavre d'un individu ayant succombé en dehors de la saison chaude.

L'ensemencement du cadavre n'est d'ailleurs pas fatal, même quand la mort est survenue en été, contrairement à ce que pensait Mégnin, soit que le cadavre ait séjourné avant l'ensevelissement dans une chambre bien close où ne fréquentait pas la mouche bleue, soit que la face ait été protégée contre l'approche de cette mouche. Chez une femme morte au mois de juillet dont nous avons récemment pratiqué l'autopsie après quatorze mois, il nous a été impossible de retrouver le moindre vestige d'un diptère quelconque.

Si les espèces décrites plus haut sont les plus fréquemment rencontrées sur les cadavres, elles ne sont pas les seules dans les quatre genres étudiés. On trouve également Sarcoj3/mg'aa)i;ensis, Sarcophaga laticrus, etc.

L'oeuvre des travailleurs de la première escouade est d'ordinaire terminée au bout d'un trimestre; elle se prolonge exceptionnellement pendant un second trimestre pour les grands cadavres. En tout cas, elle est surtout arrêtée par les premiers grands froids auxquels le cadavre se trouve soumis.

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Deuxième escouade. — Lorsque, aux dépens des albuminoïdes, la putréfaction a donné naissance à ïadipocire ou gras de cadavre, des insectes accourent dont les larves sont friandes de matières

Fig. 70. — Dermestes lardarius et sa larve (d'après Mégnin).

n. Agiossa pinguinalis ou pyrale de la

graisse (grcssis 2 fois).

grasses. Ces insectes sont des coléoptères du genre Dermestes et un petit papillon, V Agiossa pinguinalis ou teigne de la graisse.

Le coléoptère le plus souvent trouvé est le Dermestes lardarius (fig. 70), grand ravageur des viandes salées et des pelleteries, dont

Fig. 7?. — Pyophita petasionis, sa larve et sa nymphe (d'après .Mégnin).

la taille est de 7 millimètres ; on le reconnaît aux trois points noirs qui existent sur la moitié antérieure des élytres colorés en roux clair. La larve est longue de 10 millimètres, avec des anneaux d'un brun rouge, garnis de longs poils.

Deux autres espèces de Dermestes fréquentent également les cadavres, le Dermestes Frischii, entièrement noir, 7 millimètres de longueur, et le Dermestes undulalus, avec taches grises sur les élytres, 6 millimètres de longueur.

LWglossa pinguinalis (fig. 71) fait partie de la famille des Pyrales, petits papillons voisins des Teignes. Les chenilles sont blanches.

cylindriques à anneaux renflés, avec trois paires de pattes antrrieures écaillousts et cinq paires postérieures membraneuses. Les (fuls sont iMjiidus au mois de, juillet.

Trahiiinc escouade. — Au moment où la fermenlalion caséique de certaines nialières albuminoïdes développe des odeurs analofj;ues à celle du fromage pouiri, d'autres insectes, diptères et coléoptères, envahissent le cadavre.

Les diptères sont des Pijophila et des Anthomya.

La Pijophila jietasionis (fig. 72) est une petite mouche de 4 millimètres de longueur, analogue à celles ,qui déposent leurs œufs sui'

i^. 73. — Larve et nymphe de 1.4/1tk'jtnya vicina (d'après .Mégnin).

Fig. 7t. — A. Corynetes cœruleus ; B. Corrjnetes ruficollis ; C,s;i larve (d'aprèsMégnin).

les fromages. La larve est caractéristique, au moins à letat vivant, à cause de sa progression par sauts de carpe, bien connue chez le ver du liomage.

LWntliomya vicina (fig. 64, 4] est un diptère à corps plus allongéque celui des mouches, mesurant 5 millimèties de longueur, de mœurs rurales. La larve présente des prolongements stylilormes simples ou rameux, de même que les pupes (fig. 73).

Les coléoptères de la troisième escouade sont des Corynetes dont les adultes sont friands des liquides huileux suintant du cadavre et dont les larves carnassières font la chasse aux larves des Dermestes.

Le Coryri'-les cœruleus (fig. 74, A) mesure 5 millimètres de longueur ; très brillant, il est d'un beau bleu d acier. Le Corynetes ruficollis (fig. 74, B) possède un corselet rouge.

Quatrième escouade. — Lorsque les tissus du cadavre qui nont pas été consommés par les insectes piécédents se transforment en un liquide noirâtre, les émanations ammoniacales attirent les travailleurs delà quatrième escouade, qui accomplissent leur œuvre dans le cours de la deuxième année après la mort.

Les diptères appartiennent à la sous-tribu des Alcaliptères et aux

Balthazard— Médecine légale.

PI. II ..p. 4-62.

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