RECHERCHE DU SANG ET DU SPERME
1- Cristaux d'Hémine otlenus sur la périphérie d'une parcelle de tache de sang. 2. Un point de la même préparation grossi.- 3 Crislaux obtenus par l'action sur le sperme du réactif deHorence.
J.B.BaUlière tlTils.
Paris. -Imp Ergeiraann .
FAUNE DES CADAVRES
genres Tyréophore, Lonchée, Opbyra et Phora. Ce sont de très petites mouches, mesurant au plus de 3 à 6 millimètres de longueur. La plus fréquemment rencontrée est la ^^ Phora aterrima (fig. 64, 7), qui atteint seulement la taille de 2 millimètres ; la larve et la nymphe, également très petites, ont une forme prismatique triangulaire, à arêtes arrondies (fig. 7o).
Les coléoptères appartiennent tous à la famille des Sylphides et aux genres Nccrophorus, Syliiha, llister et Sapriniis.
Mégnin n'a rencontré sur les cadavres humains qu'un seul Nécrophore, le Necrophùriisfossor, très voisin de celui qui est représenté figure 76 et qui est fréquent sur les Cadavres des taupes, souris et autres petits animaux, au-dessous desquels il creuse le sol pour les enfouir.
g. 75. — Larve et nympl.e de la Phora atTrima.
V\t. 7(5. — Necrophorus V s/iiilo (d'après Delormei (grossi 1 fois 1/2).
- Sylpha ohscura et sa larve (d'après Mégnin).
On trouve également plusieurs Sylphes, parmi lesquelles la. Sylpha
j.ig 7<. — Nisle" cadaveriiiiis (d'après Mégnin).
Fig. 79. — Saprinus rolundatus et sa4arve.
iutorulis, qui mesui^e 2o millimètres de longueur, et la Sylphi obscura (fig. 77), longue de 13 millimètres, coléoptères entièrement noirs qui dévorent les cadavres sans les enterrer comme les Nécro-
PQÉNOMÈNES CADAVÉRIQUES.
phores. Les larves sont noires, aplaties, formées de douze anneaux formant des dentelures latérales.
L'Hister cadaterinus (fig. 78 , long de G millimètres, a le corps presque carré et présente une coloration noire brillante. La larve vit plusieurs mois et s'enfonce dans la terre, comme celle des Sylphes, pour se transformer en nymphe et passer l'hiver dans cet état.
Le Saprinus rotundalus fig. 79) ressemble beaucoup au coléoptère précédent ; il s'en Fig. 80. — L'ropo'ia nummu- distingue par la ponctuation des élytres et laria femelle, face ventrale labscnce de stHes latérales.
{d'apréî Méenin). „. . i ■ > . ;
Cinquième escouade. — Les Acariens, qui constituent les travailleurs de la cinquième escouade, parviennent souvent sur le cadavre avant que les insectes de l'escouade précédente aient terminé leur œuvre.
Ils se'gor'gent de toutes les humeurs qui existent encore et pro-
Fig. 81. — Trachynelus cadaterinus femelle, face ventrale (d'après Mégnin'.
Fi^. 82.— Tra hynotns cadaverinvs femelle, face dorsale (d'apris Mégninj.
duisent la dessiccation complète du cadavre, transformé alors à l'état de momie.
Les Lropodes et les Tyroglyphinés arrivent dès le début de la période de dessiccation, et se vautrent dans les humeurs ; les Glycéphages n'apparaissent que plus tardivement pour humer les dernières traces de liquide.
On rencontre surtout les espèces suivantes : Wropoda nummularia (tig. 80^, dont la femelle mesure 0™'»,7 de longueur comme le mâle ; le Trachynotus cadaterinus fig. 81 et 82 ), dont la femelle
FAUNE DES CADAVRES
mesure 1°»™,1 et le mâle seulement 0°>",6 de longueur ; le Gly'iphngus cnrsor {Cig. 83 , remarquable par la gracilité des pattes ; le Tyrorjlyphus siro fig. 84\ dont les nymphes hypopiales s'attachent après les pattes des mouches qui les transportent sur les cadavres en voie de dessiccation ; enfin YFHntiostoma necrophaga (fig. 8b), petit acarien d'un demi-millimètre de longueur, qui forme l'arrière- garde de la cinquième escouade.
Sixième escouade. — Dès que certaines parlies des cadavres sont desséchées, momifiées, et bien avant que les Acariens aient terminé leur travail, des insectes surviennent qui rongent et font disparaître les tendons, les aponévroses, les poils et les cheveux. Pourvus de mandibules solides, ces insectes sont justement ceux qui s'attaquent aux étofTes de laine, aux fourrures et même aux collections d'histoire naturelle.
Citons d'abord un petit papillon, VAglossa cupreali, petit papillon
Fig. 83. — Glyciphagvs cursor femellP, face ventrale (dfpri-ï Mégnin).
84. — 7 yoglyphiis .«/ro femc le, face rentiale ('1 .nprès .^légnini.
Fig. 85. — Histios cma m crcphnga mâle idapiès .Még in).
voisin de VAglossa pinguinalis (fig. 71), que nous avons déjà décrit parmi les travailleurs de la deuxième escouade.
Le Tineola biselliella (fig. 86) est un papillon encore plus petit, dont la chenille, longue de 4 à o millimètres, s'enveloppe d'une gaine constituée par ses propres excréments.
Les coléoptères de la sixième escouade sont des Attagènes et des Balthazard. — Méd. lég., 3' édil. 30
PHÉNOMÈNES CADAVÉRigUES.
Anthrènes. L'Attagenuspellia, ravageui' de pelleteries, est fort voisin des Dermestes. LWnthremis museorum (fig. 87 a le corps arrondi
— Tineola hiselleUa.
A et B. papillons ailes déployées et au repos ; C et D, cheniJe, faces dorsale et ventrale ; £', nymphe (d'après Mègiiin).
(2™™,û de longueur) et vit sur les fleurs à létat adulte, mais il
Fig. 87. — Anthrenus museorum et sa larve (d'après Mégnin).
dépose ses oeufs sur les matières animales desséchées ; la larve, très caractéristique, est couverte de longs poils jaunes, barbelés et terminés, à la partie postérieure de la larve, par une sorte de dard mousse.
FAUNE DES CADAVKES.
Quand les tidvailleurs de la sixième escouade ont achevé leur œuire, il ne reste plus qu'une poussière fine, constituée par leurs propres excréments, car ils ont tout dévoré, mjme les parties les plus coriaces du cadavre, ne laissant intacts que les os.
Septième escouade. — C'est à ce moment qu'interviennent deux insectes qui consomment tous les débris laissés par leurs prédécesseurs, nymphes et pupes vides. Ils rendent impossible l'appréciation de l'époque de la mort, puisque toute tentative de détermination des espèces qui se sont succédé devient infructueuse. On peut dire toutefois que la mort remonte au moins à trois ans lorsqu'on trouve sur un cadavre les travailleurs de la sixième escouade ou les traces de leur passage.
Ces insectes sont deux coléoptères : le Tenelrio olscurus fig. 88),
Tenebrio i.bscurus et sa larve (d'après Mégnint.
Fig. S9. — Plinus brunneus (dapKs Mé^nin) .
mesurant lo à 20 millimètres: de longueur, dont la larve est voisine de celle du Tenebrio molitor ou ver de farine ; le Ptinus brunneus dig. 89', long de 2 millimètres, pourvu d'un corps épais avec corselet très bombé cachant la tète.
2° Cadavres inhumés. — La faune des cadavres inhumés est beaucoup moins riche en espèces que celle des cadavres abandonnés à l'air libre ; mais, par contre, les cadavres inhumés peuvent être dévorés par un nombre considérable d insectes. Les œufs déposés avant 1 inhumation donnent naissance à des larves, à des nymphes et à des insectes adultes, et ces derniers ensemencent à nouveau le cadavre tant que la putréfaction n'est pas trop avancée ou que la saison n'est pas trop rigoureuse.
On trouvera donc en général sur le cadavre les pupes vides des diptères de la première escouade chaque lois que la mort est survenue pendant la saison chaude. Si les fenêtres sont restées ouvertes après la mort, ou si le cadavre a séjourné quelque temps à l'air libre, les pupes seront celles de la Lucilia Csesar, de la Sarcophaga
carnaria, de la Curtonevra stabulans et de la CalUphora vomitona ; ce dernier diptère sera seul représente^, en général, si le cadavre a séjourné dans une chambre close.
Ajoutons enfin que l'ensemencement n'est pas fatal, puis ]u'il peut ne se trouver aucune mouche bleue dans la chambre.
L'absence de tout débris do diplèie sur un cadavre exhumé indique que la moit est survenue aune époque où il n'y avaitpasde mouches, c'est-à-dire avant le mois de mars ou après le mois d'octobre.
L'étude des diptères et des débris de diplères trouvés sur un cadavre exhumé comporte donc des applications médico légales importantes :
1° Il existe des débris de diptères : on en conclut que la mort est survenue pendant la belle saison, de mars à novembre.
2° H n'y a pas de débris
yt
Fig. 90. — Pkil .Unlliu^ theiihiU' (d'après Mégnin).
01 . — Rhizophagits paralltl colis rt sa larve, faces dorsale et ventrale (d'après Mégnin).
de diptères : on en déduit que le décès s'est produit en hiver, de novembre à mars.
Quelques réserves cependant s'imposent, puisque certains cadavres décédés l'été ont pu exceptionnellement n'être pasensemencés par les diptères et que, d'autre part, quelques mouches bleues continuent à vivre l'hiver dans nos appartements, capables de déposer leurs ceufs sur le cadavre.
La probabilité des conclusions que nous venons d'indiquer nen est pas moins très grande, malgré ces anomalies e.xceptionnelles.
Au bout de douze à dix-huit mois, lorsque la putréfaction est