DÉTERMINATION DE LÉPOQUE DE LA MORT
très avancée et que les matières albuminoïdes sont au moins partiellement transformées à Télat de substance caséeuse, des mouches (le la quatrième escouade, attirées sans doute par les émanations putrides, déposent leurs œufs à la surface du sol. Le? larves s'enfoncent dans le sol jusqu'à 1 mètre, 2 mètres de profondeur et pénètrent dans les bières de sapin, entre les planches disjointes par l'humidité. Pour faire ce long parcours, les larves emprunle nt sans doute les galeries creusées par les vers de terre.
On trouve ainsi les larves, nymphes et adultes de deux petits diptères déjà décrits : YOphira cadaccrina et un peu plus lardivela Phora ((ter rima.
L'Ophira cadaierina est souvent accompagnée par un petit coléoptère, le Philolonthus ebeninus (fig. 90").
Au même stade apparaît souvent un autre coléoptère, qui vil dans Iherbe des cimetières, le RhizopkaQus parallclocolUs fig. 91 . Nous l'avons trouvé en grande quantité, à l'état de larve et à l'état adulte, sur les parties caséeuses du cadavre dune femme inhumée depuis quatorze mois et morte en juillet.
•i 7. — Détermination de l'époque de la mort.
La détermination de l'époque de la mor-t se présente en pratique dans des conditions très difTérentes, suivant que la mort est récente ou remonte à une date déjà éloignée de plusieurs mois ou plusieurs années.
Mort récente. — Si l'on pratique seulement lexamen du cadavre, c'est d'après l'état de la rigidité cadavérique et de la température que l'on estimera l'époque de la mort. Si la rigidité est complète et si la cause de la mort ne paraît pas être l'une de celles que nous avons signalées dans les cas de rigidité précoce, on peut dire que la mort remonte au moins à douze heures et au plus à deux ou trois jours. Si le cadavre est encore chaud, si la température mesurée dans le rectum est supérieure à la température ambiante, on doit conclure que la mort remonte à moins de vingt-quatre heures. On conçoit d'ailleurs que les conditions climatériques d'une part, les circonstances particulières à chaque cas d'autre part, soient susceptibles de faire vai"ier dans des limites assez étendues ces appréciations, qui ne doivent jamais être trop formelles ni trop précises.
Le début de la putréfaction, l'apparition de la tache verte de l'abdomen impliquent dans les saisons intermédiaires un délai de trois à quatre jours depuis le moment de la mort.
470 PHÉNOMÈNES CADAN KKlgUES.
Nous ne reviendrons pas sur l'examen des cadavres qui ont séjourné dans l'eau, ayant déjà indiqué, en étudiant la submersion, les caractères grâce auxquels on peut établir la duiée approximative de l'immersion.
Contenu ga^^ti'ique. — 11 est quelque.'ois possible, lorsque l'autopsie est laite peu de temps api' s la mort, d'indiquer, d'après l'examen du con'enu gastrique, si l'individu a succombé à jeun ou aprèslerepas, etcomhiende tempsaprès. .Malheureusement, ladigestion se poursuit parfois après la mort, et il en résulte des causes d'erreur.
Individus rasés. — La mesure de la longueur des poils sur un Cad ivre permet de résoudre le problème chez les individus rasés : on sait qu'un individu s'est rasé ou fait raser tel jour, à telle heure ; il est alors possible de déterminer l'épo luede la mort avec une certaine précision.
Ou mesure la longueur des poils à l'aide d'un compas d'épaisseur muni d'un vernier donnant le dixième de millimètre. En divisant ce nombre par 0™™, 021, qui représente la croissance horaire du poil de barbe, on obtient le nombre d'heures qui se sont écoulées entre le moment oîi l'individu a été rasé et la mort.
11 convient de pratiquer une vingtaine de mensurations au moins sur des poils des joues, du menton ; on évitera d'examiner les poils du cou et surtout ceux de la région maxillaire, où le rasoir coupe d'ordinaire les poils de barbe moins nettement au ras de la peau.
Supposons que la longueur moyenne des poils atteigne 3°i'^,3 : on en pourra déduire que la mort est survenue 1Îj7 heures, soit environ six jours et demi, après le morne .t où les poils ont été rasés pour la dernière fois.
Si la longueur moyenne des poils est faible, 0°™,7 par exemple, ce qui est le cas le plus fréquemment observé dans la pratique, l'indication est beaucoup moins précise, mais malgré tout intéressante. Dans l'exemple cité, il se serait écoulé trente-trois heures entre le moment où les poils ont été rasés et la mort, mais l'erreur peut atteindre quatre ou cinq heures en plus ou en moins.
Les indications déduites de la croissance des poils rasés sont beaucoup plus précises que celles que l'on peut tirer du degré d'usure des pointes.
On a souvent affirmé que les poils continuent à croître après la mort : bien que Napoléon l"eût été rasé peu d'heures avant sa moi t. on aurait trouvé, lors du transfert du corps, des poils de barbe longs