MORT SUBITK CHEZ LES ENFANTS
rules clos, mucus abondant à la surface de la muqueuse, conlenu liquide de Tinteslin.
En dehors de ces lésions, (|ui conslituent la cause immédiate de la mort, on en trouve d'autres qui ont agi comme causes prédisposantes, mais qui sont loin dèlre constantes : rachitisme, eczéma, hérédo-sijphilif:.
L'eczéma [xjuiiait dailieurs provoquei- la mort raj)ide par un processus dauto-intoxication, à la suite de la suppression du suintement et de la résorption des produits toxiques éliminés par la peau.
Chez un certain nombredenfanls on a trouvé à l'autopsie l'hypertrophie du thymus. Cet organe, qui pèse environ 10 grammes à la naissance et arrive à peser t-i grammes à Tàge de deux ans, pour décroître ensuite, arrive à peser, dans les cas d'hypertrophie, 20, 30 et même 40 grammes.
Ln très petit nombre d'observations, tout à fait démonstratives Lange, Clessin, Strassmann), prouvent que le thymus hypertrophié peut exercer une compression de la trachée un peu au-dessus de la bifurcation et causer l'asphyxie ; mais il s'agit en général de dyspnée progressive avec cornage et non de mort subite.
Dans là majeure partie des cas, le thymus a été incriminé, à la suite des travaux de Paltauf, non pour la compiession delà trachée, mais à cause de l'intoxication dont il seiaitle point de départ. Dans l'ignorance des lésions du thymus susceptibles de provoquer semblable auto-intoxication, il faut, pour établir la réalité d'une mort subite due au thymus, 'deux conditions: la première est de constater une hypertrophie notable du thymus, sans compression bronchique : la seconde est de ne trouver aucune lésion, autre que celles du thymus, capable d'expliquer la mort. Or, daps l'immense majorité des cas, comme nous l'avons indiqué plus haut, on trouve des lésions de bronchite aiguë ou de catarrhe intestinal, suffisamment développées pour que, même au cas assez rare oî^i le thymus est hypertrophié, il ne soit pas logique de faire jouer un rôle à cette glande dans la production de la mort subite. Richter fait remarqueique dans les observations de mort subite par hypertrophie du thymus, l'état des poumons est insuffisamment décrit et Ferrin de la Touche, qui a eu l'occasion de pratiquer l'autopsie de deux enfants dont la mort avait été attribuée au thymus, a trouvé des lésions de bronchite capillaire.
La mort subite de l'enfant pose deux problèmes dont la solution est également malaisée. Tout d'abord lorsque l'enfant est trouvé mort dans son lit, à côté d'un adulte, on peut supposer qu'il a été
4W Prih'NOMKNF.S CADAVÉRIQUES.
involonlairenicnl t'IoullV par compression ilu lhora\;on réaliU'jamais Slrassmaiin n'a rencontré un seul cas prol)anl de mort survenue par ce mécanisme, ou du moins il n'a jamais pu en apporter la démonstration ; nous n'avons pas été plus heureux dans notre pratique et toujours il existait des lésions de bronchite ca])illaire suffisantes pour expliciuer la mort. En second lieu, quand un enfant succombe très amaigri, on peut se demander s'il n'a pas souffert d'une alimentation insuflisante, procédé commode pour amener la mort sans laisser de traces; là encore la preuve est bien difficile à donner et les lésions d'intertrigo, montrant le peu de soins donnés à l'enfant, ne sont qu'un des éléments de preuve à rapprocher des témoignages; l'atrophie de l'enfant peut être la conséquence et non forcément la cause de la gastro-entérite, constante en pareil cas.
>; 7. — Mort subite de cause inconnue.
La putréfaction apporte un obstacle parfois insurmontable à la constatation des lésions qui ont causé la mort subite ; certes, mémo en cas de putréfaction avancée, il est encore possible de retrouver des lésions scléreuses, néphrite interstitielle, artérite des coronaires, des lésions hémorragiques, hémorragie cérébrale, mais les altéralions plus discrètes, comme la méningite suppurée, l'œdème pulmonaire aigu, sont complètement masquées. On devra donc en pareil cas conclure, à la suite de l'autopsie, que l'état avancé de la putréfaction ne permet pas d'indiquer avec sécurité les causes de la mort. On signalera avec soin les lésions traumatiques, s'il en est de reconnaissables, qui pourraient faire penser à une mort violente.
Mais alors même que la conservation du cadavre est parfaite, l'autopsie ne permet pas toujours de déceler la cause de la mort subite ou rapide. Nous avons vu, en effet, qu'il existe des altérations des glandes à sécrétion interne, thymus, corps thyroïde, surrénales, encore mal connues, qui seraient capables de provoquer la mort rapide par des phénomènes d'auto-intoxication. Dans certains cas, le microscope lui-même est impuissant à révéler ces lésions ou ne montre que des altérations banales. Nous verrons également, en étudiant la moil par inhibition, que la mort peut résulter d'un arrêt réflexe des mouvements du cd'ur sous une influence minime ; lorsque l'individu a succombé en dehors de la présence de témoins, la cause provocatrice d'une inhibition peut échapper.
fyP médecin légiste devra donc sans hésitation avouer au magis-
MORT PAR INHIRITIOX. 4<^1
liai tiuil lui a t'I»'! impossible de trouver la rause de la iiioil, plutôt que de risquer une conclusion erronée, que d'invoquer trop iacilement l'inhibition, par exemple, qui sert trop souvent à masquer l'impuissance où l'on est d'indiquer la cause véritable.
j; 8. — Mort par inhibition.
L'excitation d'un nerf moteur produit une contraction musculaire ; il s'agit là d'une action dynamogénique du système nerveux connue de longue date.
En i84o, les frères Weber firent connaître une action inverse de certains nerfs, action inhibitrice (de inhibcrc, suspendre, empêcher, arrêter). Ils montrèrent que l'irritation du bulbe ou du pneumogastrique amène l'arrêt du cœur en diastole.
Pfluger établit en 1857 la possibilité d'inhiber les mouvements de l'intestin par l'excitation du bout périphérique des nerfs splanchniques.
Enfin, en 1801, Rosenthal parvenait à arrêter la respiration par l'excitation du bout central du pneumogastrique.
Les actions inhibitrices peuvent d'ailleurs être réalisées non seulement par l'excitation des nerfs eux-mêmes, mais par voie réfiexe; c'est ainsi que l'excitation des terminaisons du nerf laryngé supérieur peut provoquer l'arrêt de la respiration et même la mori subite (l>aul Bert).
A la suite des nombreux travaux de Brown-Séquard, on a conslalé que le champ de l'inhibition était extrêmement vaste, tant dans le domaine de la physiologie normale que dans celui de la physiologie pathologique.
("est ainsi que l'on peut rapportera un mécanisme d'inhibition la syncope cardiaque, la syncope respiratoire et l'arrêt des échanges entre le sang et les tissus, qui se produisent à des degrés divers lorsqu'on pique le bulbe au niveau du plancher du quatrième ventricule. Nombre de phénomènes, où intervient la congestion d'un organe, reconnaissent pour cause principale l'inhibition des vasoconstricteurs, telle l'érection du pénis.
Enfin l'inhibition peut être mise en évidence dans l'arrêt d'un grand nombre de symptômes morbides, comme la toux, le hoquet, le bâillement, l'éternuement ; le tremblement dans certaines maladies est parfois suspendu par inhibition, de même que peut cesser d'être perçue la douleur causée par des névralgies.
Les phénomènes d'inhibition interviennent donc avec une très grande fréquence dans la vie normale ou dans la maladie. On peut également les mettre en évidence dans toutes les morts survenant
à la suite dune aponie plus ou moins longue et où la cessation de ceitaines fonctions résulte moins de lépuisement nerveux, abolissant les actions (iynamogéniques, que de perturbations occasionnant l'excitation des nerfs d'inhibition.
Dans tous ces cas l'asphyxie est primitive et l'inhibition est secondaire. Il en est de même ainsi dans un certain nonibie de morts violentes, comme les asphyxies, où le mécanisme d'iniiibilion peut (Hre invoqué, mais où il apparaît secondaire à une perturbation essentielle des fonctions vitales.
Ce serait élargir à l'excès le cadre médico-légal de la mort par inhibition, que de comprendre dans notre étude tous les faits de mort lente ou rapide où le mécanisme de linhibilion intervient pour une part plus ou moins importante dans la genèse de la mort, l.es seuls faits qui méritent de l'etenir notre attention sont ceux où il s'agit d'inkibition primitii e.
Nous envisageons par conséquent les faits de mort subite observés à la suite d'une irritation périphérique, parla mise enjeu de l'action darrêt dune fonction essentielle à la vie.
Ainsi délimitée au point de vue médico-légal, la mort par inliibilion, par la disproportion entre la cause et l'effet, est de nature à atténuer la responsabilité pénale de l'agresseur; elle exclut tout au moins l'intention de donneila mort.
Pour admettre la mort par inhibition, il est donc indispensable que les caractères suivants se trouvent réunis: mort subite ou très rapide, en une ou deuxminutesau plus; traumatisme périphérique relativement minime et n'ayant pas occasionné de lésions graves et mortelles par elles-mêmes; absence de lésions organiques, cardiaques ou nerveuses chez le sujet, ayant réellement provoqué la mort, l'irritation périphérique ou l'effort, l'émotion, n'ayant été que des causes occasionnelles.
Parmi tous les faits qui ont été publiés, nous commencerons donc par opérer une ventilation et nous écarterons ceux qui ne répondent pas aux caractères que nous venons d'indiquer; le diagnostic de la mort par inhibition est, en effet, ainsi que l'a fort bien exposé .Minovici(l , un diagnostic par exclusion.
Morts subites dans les maladies des organes. — Nous avons longuement étudié précédemment les diverses maladies organiques ([ui provoquent la mort subite ou lapide, et nous avons montré qu'habituellement la mort survient à l'occasion d'un effort, d'un
(l) MiNOVici, KUide' médico-légale sur la rnorl par inhibition .'i la suite dp* coups sni l'abdomen et le larynx. 'Ilièse de Paris, IsSS.
MORT PAK I.NHIBITION. iî» ;
li-auina(isnie minime, dune émotion, de la colère uu même simplement d'excès alcooliques.
il est presque certain que chez unaorlique, un traumatisme léger, agissant surtout par l'émotion, provoquera la mort par un niéi-anisme d'inhibition, mais en pareil cas, ce qui est essentiel ce n'est pas l'inhibition, c'est la lésion athéromateuse de l'aorte, associée habituellement à la coronarite. Un homme de soixante ans reçoit sur la tète un débris de plâtre détaché d'une cheminée et meurt sur le cotip; à l'autopsie, nous conslatons qu'il existe seulement une petite ecchymose frontale, mais les lésions de l'aorte sont considérables et s'accompagnent d'une hypertrophie du ventricule gauche remarquable; nous ne pouvons conclure à la mort par inhibition, mais à une syncope chez un cardiaque, causée bien plus par l'émotion que par le traumatisme, d'autant plus que la région frontale n'est pas de celles dont l'iriitation est réputée inhibitoire.
Pour ces raisons, nous ne pouvons accepter sans méfiance toutes les observations anciennes de mort par inhibition dans lesquelles l'autopsie n'a pas été pratiquée ou a élé insufflsan'e. laissant dans 1 ombre les causes réelles de la mort.
De même nous écarterons tous les faits dans lesquels la perte de connaissance, consécutive à un traumatisme périphérique minime, n'a pas entraîné la mort, puisquen pareil cas on ne possède aucun renseignement précis sur l'état des organes.
Par exemple ce paysan qui, à la suite d'une piqûre d'abeille, eut une syncope et qui deux ans plus tard mourut subitement à la suite d'une nouvelle piqûre, devait avoir une lésion cardiaque expliquant sa susceptibilité extraordinaire.
On peut également invoquer la niyocardite chez ce vétérinaii e. atteint de cystite avec urines purulentes depuis un an, très alFaibli et qui mourut subitement au moment où l'on sapprétait à pratiquer sur lui l'opération de la taille. L'infection indubitable des reins ne permet pas, surtout en l'absence d'autopsie, de rapporter cette mort, comme Ta fait Cazenave de Bordeaux), à une mort par inhibition causée par la frayeur.
Morts subites de cause mal élucidée. — (Chaque fois que. par suite de l'absence d'autopsie ou d'une autopsie insuffisante, la cause de la mort reste mystérieuse, on a tendance à prononcer le mot d'inhibition, ce qui tendrait à élargir sans respect pour la vérité le cadre des morts par inhibition. Il en est souvent de même pour l'hystérie, en clinique, à laquelle on rapporte des troubles nerveux qu'un examen plus appi'ofondi permettr-ait jiarfois de rattacher à des élsions organiques.
Il convienl de dire que les médecins légistes sont souvent gênés dans leurs constatations pai- la putréfaction et que d'ailleurs la science n'est pas en état d'élucider les causes de la mort dans tous les cas. Ces considérations montrent seulement qu'il ne faut pas invoquer linhibilion loules les fois où Ion se trouve embarrassé, mais seulement lorsque les faits répondent neltenieni aux caractères indiqués pour ce genre de mort.
Tel cas, qui semblait rentrer dans l'inliibition, trouve dans des recherches ultérieures une e.xplicaliun plus salisfaisante; il en a été ainsi pour les morts subi (es dans les maladies des capsules surrénales, glandes dont le rôle élail inconnu il y a trente ans. Le dernier mot nest pas dit dans cette voie et il est encore des glandes dont le rôle est mal connu et dont le bon fonctionnement est pourtant indispensable à la vie.
D'autres fois la cause de la mort est méconnue et le médecin légiste se laisse impressionner par la brusquerie des accidents consécutifs à une irritation périphérique pour incriminer l'inhibition, par exemple lorsque la mort est consécutive à des manoeuvres pratiquées SU!' le col de l'utérus en vue de l'avortement. Sans nier la possibilité d'un mécanisme d'inhibition dans quelques cas, nous avons la certitude que souvent la mort reconnaît une autre cause: la pénétration d'air ou du liquide caustique de l'injection dans les vaisseaux placentaires et utérins. Vibert a relaté la mort d'une des femmes que fit avorter une matrone, la femme Thomas, d'après le récit même delavorleuse; ayant introduit une canule dans l'utérus, la matrone se préparait à faire passer une injection lorsque la patiente se plaignit d'un grand malaise, demanda que l'on cessât, l»erdit connaissance et mourut en quelques minutes. Ce ne sont pas là les caractères de la mort par inhibition, si brusque qu'elle ne permet pas au sujet d'indiquer les symptômes qu'il éprouve; lascène se concilie beaucoup mieux avec l'hypothèse d'une asphyxie consécutive à la pénétraliou d'air ou de liquide caustique dans les sinus utérins. Mais semblable lésion doit être méthodiquement recherchée à l'autopsie, sous peine de passer inaperçue: une ligature sera placée à la base du cœur dont les cavités seront ouvertes sous l'eau. IM'océdant ainsi dans un cas semblable, Corin a trouvé de l'air dans le cœur droit, ce qui prouve que l'explication donnée par nous n'est pas une simple vue de l'esprit.
C'est encore à la pénétration d'air dans les veines qu'il convient de rapporler certaines morts subites survenues à la suite d'injections intraveineuses de sérum ou de solutions de novarsénobenzol. Le fait est surtout admissible lorsque le