MORT PAR INHIBITION
liquide e.>( injecté en grande (luantilé. u l'ulUt' d un bock. L'ne aulie cause de niorl subite réalise à la perleclion le tableau de la mort par inhibition ; nous voulons pailer du choc anaphylactique. Avant la découverte de Richet, on n'eût pas manqué de rapporter à l'inhibition les accidents provoqués par linjection de doses minimes de sérums thérapeutiques à des individus sensibilisés par une injection antérieure. Nous avons observé en 1903 le fait suivant, qui nous avait fort intrigué: étant interne de Chantemesse, nous traitions le.s typhiques par les injections intraveineuses de sérum antityphique; un sujet avait reçu o centimètres cubes au début d'une fièvre typhoïde, qui avait évolué avec un minimum de symptômes, lorsque, trois semaines plus tard, il fit une rechute que l'on chercha à juguler par une injection intraveineuse de 2 centimètres cubes'de sérum antityphique. Linjection n'était pas plutôt terminée que le malade perdit connaissance, qu'il devint cyanose et que ses épaules se couvrirent d'un ponctué hémorragique. La mort serait sans doute survenue sans les soins qui lui furent immédiatementdonnés etquicons'stèrent surtout dans larespiralion artificielle énergiquement pralicjuée. Ce n'est que deux* ans plus tard que les publications de Richet nous fournirent l'explication de cet accident. Mort par choc traumatique. — U convient également de séparer des faits que nous rangeons sous le nom de mort par inhibition, les observations de mort à !a suite de traumatismes plus ou moins graves, ne semblant pas mortels par eux-mêmes et causant la mort par choc traumatique. Cette complication est en eflel due à l'action complexe de la dépression nerveuse produite par le traumatisme, du refroidissement, surtout lorsqu'il y a eu hémorragie, de la résorption de substances toxiques au niveau des muscles diiacérés et peut-être enfin de septicémies suraiguës.
La mort n'est pas immédiate en pareil cas et peut ne survenir qu'au bout de plusieurs heures. Le mécanisme d'inhibition du système nerveux n'intervient pas à un degré plus marqué que celui de la diminution de la dynaraogénie.
Parfois les accidents ne sont qu'une simple coïncidence et, lorsqu'ils sont déclenchés par un traumatisme minime, on est en droit de supposer que l'infection, qui a réellement causé la mort, est restée inaperçue. U en est ainsi dans une observation rapportée par Vibert sous l'épithète de mort par inhibition: une fillette de dix- huit mois reçoit à la tête une assiette lancée par son père ; grande crise de larmes, qui se poursuit toute la nuit, la journée du lendemain et se termine par la mort vingt heures après le traumatisme ; on n'aurait trouvé àl'autopsie qu'une simplecontusion despaupières.
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Nous ne pouvons retenir non plus une observation ilenicjuaidel, où le coup (le tète dans l'abdomen qui aurai tcausé l'inhibition cliez un individu, d'ailleurs en état d'ivresse, avait été accompagné de violences multiples, coups de bâton, de soulier, telles qu'ilcxistait une fracture du maxillaire inférieiu' avec saillie au dehors d'un des fragments. Inhibitions secondaires à des asphyxies. — 11 est bien certain que linliibition intervient dans la jtendaison, la suffocation, la strangulation et la submersion et qu'elle peut causer la mort à une période plus ou moins avancée de l'asphyxie. Mais le problème posé à l'expert nest pas là : il s'agit de savoir si l'individu s'est pendu ou s'est noyé, s'il a été étranglé ou éloulFé. Tout se borne donc à déterminer si l'individu était encore vivant au moment où le lien a été passé autour du cou, au moment où il est arrivé dans l'eau, ou encore si des violences capables de produire l'asphyxie par strangulation ou suffocation ont été exercées sur lui.
Toutes les fois, par suite, que nous trouverons des lésions d'asphxie caractérisées, toutes les fois que nous trouverons au-devant du cou ou autour de la bouche des lésions nettes, il sera difïicile d'admettre la mort par inhibition.
Le D'' Biaise ayant conclu à une strangulation à la main dans un procès qui s'est déroulé au .Mans, Brouardel a admis au contraire la mort par inhibition ; et pourtant la victime présentait des lésions d'asphyxie, spasme bronchique, champignon de mousse, emphysème sous-pleural, ecchymoses de Tardieu, et il existait sur les côtés du cou quatre traces unguéales d'un côté et deux de l'autre. Si de semblables lésions n'étaient plus suffisantes pour caractériser la strangulation, il faudrait renoncer à la diagnostiquer hormis les casoùla mainde l'agresseur, se déplaçant constamment, aurait laissé des traces très nombreuses sur le cou ou au-devant de la bouche. Il est bien inutile de même d'invoquer l'inhibition secondaire dans les cas où la mort se produit très rapidement, à la suite d'oblitération des voies aériennes par un bol alimentaire volumineux. La cause de la mort n'est pas l'inhibition, mais l'oblitérationdes voies aériennes. Mort par inhibition. — Le terrain étant ainsi déblayé, nou^ décrirons les faits réels de mort par inhibition, qui semblent échapper à toute critique. A côté de ces faits, il en est d'autres dans lesquels le même mécanisme de la mort a pu être admis avec vraisemblance, bien que le diagnostic par exclusion après autopsie minutieuse soit moins démonstratif.
l'n prêtre, qui vivait avec une femme, ayant causé du scandale, fut déplacé par l'évèque. Au moment de partir, le prêtre dit à sa maîtresse qu'il serait préférable de mourir et, en manière de plai-
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santerie. il lui sena Ip cou. La femme serait alors morte subitement. A laudience. un officier vint raconter un fait analoirue. qni ne se serait d'ailleurs pas terminé par la mort.
Les observations les plus probantes sont relatives à des coups sur l'abdomen pendant la période de digestion.
Deux enfants de douze et quatorze ans jouent ensemble: h. un moment donné lun d'eux lance à l'autre un coup de pied à Tépigaslre. -Mort immédiate : il n'existait même pas d'ecchymose à la paroi abdominale (Brouardel).
L'n jeune garçon de quinze ans reçoit un coup sur l'abdomen, tombe, perd connaissance et meurt rapidement. Aucune lésion à l'autopsie Maschka .
De n)ème dans l'observation de V'ibert relative à un garçon de dix-sept ans, qui reçoit un coup de pied au niveau du caecum. On trouve seulement deux petites ecchymoses sur le caecum et une contusion dans la région lombaire, produite au moment de la chute en arrière.
Les faits relatifs à la mort subite par coups portés sur le larynx sont plus rares et beaucoup sont moins probants.
Maschka cite le cas d'un homme dont le cou heurta à trois reprises le bord d'un banc et qui mourut subitement. Aucune lésion à l'autopsie.
Enfin l'inhibition mortelle pourrait être provoquée par un coup sur le testicule, par une cautérisation du col de l'utérus, etc. Mais il s'agit en général de perte de connaissance, suivie d'un prompt retour à la vie.
11 ne semble pas que l'un ait jusqu'ici publié une seule observation de mort par inhibition provoquée par l'émotion chez un sujet sain.
En résumé, on pourra admettre la mort par inhibition dans les conditions suivantes : lorsque la mort sera survenue subitement ou rapidement à la suite d'une irritation périphérique, portant sur l'abdomen, plus exceptionnellement sur le larynx, le testicule, le col de l'utérus ou toute autre partie du corps. L'autopsie ne devra permettre d'expliquer la mort par aucune lésion aiguë ou chronique ; on devra trouver le cœur distendu, sans caillots sanguins dans les cavités.