ÉTAT DES LIEUX ET PHOTOGRAPHIE JUDICIAIRE
r.ertains penseront qu'il n'appartient pas au médecin légiste de relever l'état des lieux. Il paraît cependant indispensable que l'expert note avec soin toutes les particularités relatives à la position du cadavre et à l'arrangement des vêtements ou des armes.
La reconstitution du crime n'est possible que lorsqu'on peut étudier à tête reposée la situation des taches de sang et des diveises empreintes relevées sur les lieux du crime.
11 est donc nécessaire de procéder à une description complète, minutieuse, exacte des lieux du crime avant de déranger quoi que ce soit, avant surtout de toucher au cadavre et d'explorer ses blessures. En faisant cette description, on relèvera toutes les empreintes, traces, qui paraîtront susceptibles de fournir ultérieurement des indications pour la recherche des criminels, et l'on prendra les pi'écautions nécessaires pour protéger ces empreintes et ces traces.
.Mais auparavant il convient de fixer dans son aspect l'état des lieux à l'aide de la photographie. Dès que l'autorité judiciaire a acquis la conviction qu'elle se trouve en présence d'un crime, elle devrait veiller à ce que personne ne pénètre plus sur les lieux du crime avant que la photographie en ait été relevée. Nous indiquerons plus loin l'ensemble des prescriptions qu'il conviendrait d'observer pour la sauvegarde des preuves matérielles dans les enquêtes judiciaires.
La photographie, lorsqu'elle est exécutée dans les conditions habituelles, permet bien d'obtenir une impression d'ensemble sur les lieux du crime, et même d'indiquer la situation de la plupart des objets, mais elle est insuffisante pour reconstituer les
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dimensions exactes de ces objets et leur position respective précise. La méthode de pliotographie métrique imaginée par Bertillon a comblé la lacune que nous venons de signaler ; grâce à elle, on peut retrouver aisément les dimensions d'un objet, d'une plaie ; grâce à elle, il est facile d'établir un plan géomélriiiue précis des lieux, sur lequel on marque l'emplacement exact du cadavie et des objets qui l'entourent.
î (• — Photographie métrique.
Avec les appareils photographiques habituels, la mise au point s'obtient en modifiant la distance qui sépare la plaque du centre optique de l'objectif, en faisant varier le tirage de la chambre.
lîertillon a imaginé délaisser constante la valeur du tirage et d'obtenir la mise au point en changeant l'objectif. Les choses se l'assent alors de la même façon que pour la vision, où la distance du centre optique du cristallin à la rétine reste constante, la varialion du rayon de courbure du cristallin permettant d'obtenir la vision distincte.
On dispose dune séiie d'objectifs appropriés qui suffisent pour obtenir une mise au point convenable dans tous les cas qui se présentent en pratique.
Le tirage étant fixe, les objets situés à la même distance de l'objectif seront tr^ujours réduits dans la même proportion sur la plaque photographique. Il est donc possible d'encadrer l'image photographique d'échelles fixes de réduction et de distance.
Le tirage de la chambre noire étant de !'o centimètres, et l'objectif se trouvant à 1°», 50 au-dessus du sol, les objets se trouvant sur le premier plan de front de l'image seront à 1", 50 de l'objectif et leur réduction méliique sera de un dixiè?iie. Les objets situés à 3 mètres de l'objectif seront réduits au vingtième, et ainsi de suite.
On constate, sur la photographie reproduite figure Hb, que tous les bâtons verticaux ayant une hauteur uniforme de 1", 50, les extrémités supérieures des images se trouvent sur une même ligne horizontale, qui n'est autre que la ligne d'horizon. On constate également que l'image du bâton situé à 3 mètres de l'objectif est moitié moindre que celle du bâton situé au piemiei- plan, à 1™,50 de l'objectif.
Sans insister ici sur les constructions géométriques très simples
qui conduisent à l'obtention des échelles de dislance et de réduction, nous indiquerons seulement le moyen de les utiliser.
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Sur le côté gauche du cadre (lig. 115), on trouvera Véchelle des distances, graduée de 15 en 15 centimètres (on aperroit nettement les détails de la graduation en utihsant une loupe). Pour obtenir la
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distance d'un point quelconque, situé sur le sol, à l'objectif, il suffit de faire passer parce point une ligne horizontale et de lire la distance sur l'échelle de gauche, au point où coite échelle est i-encontrée par l'horizontale. Les horizontales préalablement tracées sur le sol, avec indication de la distance à laquelle elles se trouvent de l'objectif, facilitent la compréhension du procédé.
Au point oii la même horizontale rencontre à droite Véchelle des l'édiiciions, on obtient le nombre par lequel il faut multiplier les
Fig. 116. — Photographie des lieux cki crime (épreuve non encadrée). .Assassinat d une vieille (etnme aux Lilas.
dimensions des images des objets situés dans le plan de front correspondant pour avoir leur grandeur réelle.
Le point où une horizontale passant par un point situé sur le sol rencontre à gauche l'échelle des distances indique la distance de ce point à l'objectif photographique; le point où elle rencontre à droite l'échelle des réductions donne le coefficient par lequel il faut multiplier les dimensions des images des objets situés dans le plan de front correspondant pour avoir leur grandeur réelle.
Par exemple, si nous considérons le troisième bâton vertical, nous constatons que l'horizontale, menée par le pied de ce bâton,
rencontre à gauche l'échelle des distances au chiffre 3, 00, et adroite l'échelle des réductions au chiffre 20. Ola sienifie que le bâton
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