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EMPOISONNEMENT PAR LES SUBSTANCES CORROSIVES. 7S

ruiinue, on lui tait ingérer à temps une substance, telle que le -ull'ate de soude ou le sulfate de magnésie, capable de rendre insoluble le composé plombique non encore absorbé.

Forme chronique. — Dans la fontie chronique, l'intoxication >e manifeste par une anémie chronique et par le développement dp 1 artériosclérose généralisée, et aboutit dans les cas graves à la cachexie saturnine. Des complications surviennent dans le cours du saturnisme ; ce sont : les f:oli(juesdeplomh,\es paralysies periphériquet. les troubles hystériques et les accidents cérébraux, groupés sous le nom d'enccphalopathie saturnine, regardés par certains auteurs comme la conséquence de l'imprégnation des cellules cérébrales par le plomb, envisagés par d'autres comme des manifestations urémiques ; enfin la goutte saturnine. Le saturnisme chronique est étudié avec détails dans les traités de pathologie interne, et nounous bornerons à signaler les difficultés que l'on rencontre parfois en médecine 'légale pour établir une relation de cause à effet entre lintoxication par le plomb et les symptômes observés,

Quesstions médico-légales. — En cas d'intoxication aigué. la préuvedel'empoisonnement est aisée, car le plomb peut être retrouve en proportion notable dansl'intestinet même dans le foie elles reins.

Au contraire, le dieignostic du saturnisme chronique est un diagnostic clinique. Certes on peut retrouver le plomb dans l'organisme des intoxi(iués, et Meillère a montré qu'il s'accumule surtout dans les poils, les cheveux, les dents. Mais les accidents sont rarement mortels, et la présence du plomb n'implique pas d'ailleurs la preuve de l'intoxication. Pour les coliques de plomb, les paralysies saturnines, les caractères sont assez nets pour permettre d'affirmer l'influence étiologique du plomb. Mais l'artériosclérose, la néphrite se présentent chez les saturnins avec les mêmes caractères que fhez les alcooliques et les arthritiques; aussi est-il difficile daflirmer que le plomb a eu une part dans leur genèse et de déterminer quelle est

< ette part.

Nous avons déjà signalé quel rôle joue l'alcool dans l'apparition des svmptùmesde l'intoxication saturnine. Aussi, lorsque sera appliquée à l'alcool en France la loi sur les maladies professionnelles, sera-t-il équitable de tenir compte des habitudes d intempérance de l'ouvrier, (juandil s'agira de fixer l'indemnité h laquelle il aura droit.

|j 8. — Empoisonnement par les substances corrosives.

Sans être doués, à proprement parler, de propriétés vénéneuses, les acides p' l*^- ulrali- f^nnrentrés. les sels acides, le «^hlore. l'iode

déterminent une vjol«;nle inflammation de^ tissus, qu'ils corrodent et nécrosent. A vrai dire, alors même que ces substances sont introduites dans le tube digestif, il ne s"agit pas, au point de vue médical, d'empoisonnement ; les accidents observés sont analogues à ceu.x qui succèdent au.x brûlures produites par ces mêmes substances corrosives sur le revêtement cutané. .Nous ne voulons pas dire par là qu'à la suite desbrùlures occasionnées, pare.xemple, par le vitriol, l'intoxication ne joue aucun rôle dans la pathogénie des troubles morbides ; les produits toxiques qui résultent de la désorganisation des tissus sont résorbés et déterminent de graves lésions du foie, des reins, du système nerveux. ]\lais il n'y a pas action directe sur les tissus éloignés, il n'y a pas absorption rapide et ditTusion de la substance corrosive dans tout l'organisme.

-Néanmoins la jurisprudence a maintenu la distinction entre les brûlures produites par les substances chimiques sur la peau, qui rentrent dans les coups et blessures, et les brûlures produites par les mêmes composés sur la muqueuse digestive, qui sont englobées dans les empoisonnements.

Étioloj^ie. — Surun.tofal de792 accusations d'empoisonnement, la statistique relève en France :

l'ar l'acide sulfurique 36 empoisonnements.

— l'acide nitrique 3 —

— l'acide ctilorliydrirpii' 8 —

— l'eau de Javel l —

— la potasse 2 —

— lamQioniat|iii' .t —

— la teinture d'iode 1 —

Bien que ces substances soient, pour ainsi dire, dans toutes les mains, l'empoisonnement criminel est rendu difticile par leur saveur brûlante ; aussi est-il rarement observé. Dans la statistique que nous venons de rapporter, il s'agit en général de très jeunes enfants auxquels on a fait ingérer de force le liquide corrosif.

L'empoisonnement-suicide est beaucoup plus fréquent. La solution d'indigo dans l'aride sulfurique qu'einploient les blanchisseuses, l'eau de cuivre qui est une dilution d'acide sulfurique, l'eauforte des graveurs qui est de l'acide nitrique, l'eau régale constituée par le mélange d'acide nitrique et d'acide chlorhydrique, sont les substances acides qu'emploient le plus souvent les individus qui veulent mettre fin à leurs jours par ce procédé. La potasse, la soude, l'eau de .lavel, l'ammoniaque sous forme d'eau sédative ont été aussi souvent utilisées, .lohannessen a observé à Christiania,

KMPUISONNEMENT PAH LKS SUBSTANCES CuRROSIVES. "

dans l'espace (le cinq ans, UO ernpoisonnenieiils accidentels chez les enfants par la h'ssive de soude.

tnlin l'enipoisonnenienl acciilenlela également »Hé observé chez les indi\idus qui ont coulunie de boire dun coup, à la réiialatle ou ù même la bouteille. L'aspect huileux, liquoreux de lacide sultulique a ainsi cau.sé de fatales méprises.

L'acide acétique, lacide oxalique, l'alun sulfate acide dalumine tl de potasse), l'acide phénique ne comptent chacun à leur actif c|u"un nombre très restreint d'empoisonnements.

Symptômes. — Les accidents qui succèdent à l'ingestion des substances corrosives ne méritent pas pour chacune d'elles une description distincte.

Immédiatement après l'ingestion, le malade ressent une saveur brûlante dans la bouche, tandis qu'une douleur très vive se propage vers l'œsophage et l'estomac. Presque aussitôt surviennent des vomissements sanguinolents, de couleur noirâtre ou jaune, suivis de coliques et d'évacuations alvines. La soif est vive, la déglutition douloureuse, le ventre ballonné ou au contraire rétracté. Des phénomènes de choc nerveux se maniléstenl ; la physionomie exprime l'anxiété, le pouls est petit et fréquent. rex<rélion urinairê se tarit. »'t la mort peut survenir rapidement, dans l'espace <le quatre à cinq heures, parfois de deux à tiois jours.

Assez souvent, la survie est beaucoup plus longue ; après une première période pendant laquelle les symptômes de gastro-entérite sont très marqués, à la suite d'un traitement appro]»rié qui consiste à neutraliser la substance corrosive, les vomissements cessent et la douleur devient moins intense. Le contact de l'acide ou de l'alcali n'en a pas moins déterminé de graves lésions de la muqueuse digestive ; leur cicatrisation même engendre des troubles de la nutrition, qui, après plusieurs mois de souffrance, emportent le malade. Les glandes gastriques, intestinales sont en effet détruites, et la digestion est profondément troublée; les malades tombent dans le marasme et meurent parfois d'inanition, alors même que les cicatrices vicieuses, au niveau de l'iesophage, du pylore, ne provoquent pas des sténoses infranchissables pour les aliments. La guérison complète est très rare, pour peu que l'acide ou l'alcali aient été ingérés en solutions concentrées et en (juanlités appréciables.

Ce qui détermine en elTet la gravité de l'évolution morbide, ce n'est pas tant la quantité totale du corrosif ingéré que sa concentration. La même dose d'acide sulfurique, "t grammes par exemple, peut amener la mort, si elle est ingéiée pure, et ne déterminer que

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des accidents insignifiants, si elle est ingurgitée après dilution dans un litre d'eau.

Il n'est guère d'accidents qui imposent davantage 'l'idée d'un empoisonnement que ceux que nous venons d'indiquer. La brusquerie du début des accidents après l'ingestion du liquide corrosif, la sensation de brûlure horrible le long des voies digestives, les vomissements constituent un ensemble de symptômes qu'il est difficile de rapporter à une maladie spontanée. La péritoilite par perforation de l'estomac ou de l'intestin a pu provoquer une' suspicion d'empoisonnement par corrosif; mais, en pareil cas, la douleur occupe l'abdomen ; la bouche, la gorge, l'œsophage sont indemnes. Enfin, chez les très jeunes enfants, les brûlures de la cavité buccale et du pharynx ont été confondues parfois avec l'angine gangi^eneusej l'erreur ne saurait être de longue durée.

Souvent le liquide corrosif, soit au moment de son ingestion, soit à l'occasion des vomissements, détermine au niveau des lèvres des brûlures plus ou moinsétendues, qui permettent, jusqu'à un certain point, de diagnostiquer la substance ingérée. Nous indiquerons plus loin les caractères de ces escarres.

Enfin l'aspect des matières vomies est également variable suivant l'acide ou l'alcali ingéré. Dune façon générale, lorsqu'il s'agit d'une substanceacide, les matières vomies sont très acides au papier tournesol qu'elles rougissent, et si, par hasard, elles tombent sur une dalle de calcaire, il se produit une effervescence ; au contraire, les alcalis bleuissent le tournesol et ne dégagent pas l'acide carbonique du carbonate de chaux.

Avec l'acide sulfurique, les matières vomies présentent au début unecolorationbrunrougeâtre; elles sont bleuies par l'indigo, loisque la substance ingérée est la solution sulfurique d'indigo ; plus lard, elles prennent la couleur foncée du chocolat. Les vomissements, colorés en jaune dans l'empoisonnement par l'acide nitrique, ont souvent une coloration vert foncé quand ils sont provoqués par Tacide oxalique. Après ingestion d'acide phénique, l'odeur caractéristique révèle la présence de cette substance dans les matières vomies; il en est de même pour les hypochlorites et pour l'ammoniaque.

Anatomie pathologique. — Parmi les substances caustiques, les unes agissent sur les tissus en coagulant l'albumine; tels sont les acides sulfurique, nitrique, chlorhydiique, oxalique, phénique et le sublimé, lorsqu'il est ingéré en solution concentrée ; les autres ramollissent et dissolvent la matière organisée; telles sont la potasse, la soude, l'ammoniaque. Cette différence d'action des acides et des

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alcalis explique 1 aspect variable des lésions escarrotiques trouvées à l'autopsie.

Dans rempoisonnemenl par les acides, les escarres, soit au niveau de l'estomac, ^oit dans la bouche ou autour des lèvres, sont sèches et d un blanc grisâtre au début. Lorsque la niortjn'est pas survenue très rapidement, l'escarre s'intîlti'e de pigments sanguins et sa coloration se modifie. Les- acides sulfurique, chlorhydrique, oxalique coagulent le sang et dissolvent l'hémoglobine, qu'ils transforment en hématine, et l'hémaline qui imbibe les parties morti liées leur communique une coloration brune uu noire. Au contraire, l'acide phénique et le sublimé, qui coagulent également le sang, ne dissolvent pas sa matière'colorante, si bien que lescarre conserve sacoloration blanche ou grise.

Avec la potasse et la soude, la muqueuse tuméfiée reste transparente et. s'imbihanl du sang dissous, [)reu(l une coloration foncée.

.\ciDE sLLFLRiQLi:. — Les escarrcs du pourtour de la bouche sont devenues noires ; elles forment parfois des traînées analogues à celles que l'on trouve sur la peau des individus vitriolés. Ces mêmes lésions se relrouventdans la bouche, le pharynx, l'œsophage qui est parfois brûlé sur toute sa longueur. Lestomacest rétracté, au point parfois de n'avoir plus le volume du poing ; sa face interne parcheminée est convertie en une vaste escarre noire; si l'acide n'a été ingéré qu'en petite quantité, il reste parfois des portions de muqueuse moins altérées. Les perforations sont fréquentes ; en général, on aperçoit un trou irrégulier, à bords amincis, d'un diamètre de 2, 3 centimètres, siégeant sur la paroi postérieure. En pareil cas, l'acide a pu pénétrer dans la cavité abdominale, et l'on observe des nécroses partielles du foie, de la rate, de l'epiploon

On retrouve parfois, au niveau du duodénum, tes mêmes lésions que dans lestomac, mais le restant de lintestin est habituellement indemne. L'action coagulante de lacide s'exerce sur le contenu des vaisseaux qui rampent dans la paroi gastrique, et ces vaisseaux, artères et veines, apparaissent comme injectés par une masse solide sur la face externe. Des coagulations peuvent être retrouvées dans des vaisseaux plus éloignés, artère fémorale dans un cas de Tardieu, veines iliaques dans une observation de Grisolle.

Enfin, lorsqu'une partie du vitriol a pénétré dans le larynx, on retrouve dans l'arbre aérien des lésions analogues à celles que présente le tube digestif.

Si l'individu n'a succombé qu'après plusieurs mois, on trouve à l'autopsie des lésions de gastro-entérite alrophique et souvent un

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ou plusieurs rétrécissemenls libreux le Ions de l'œsophage el au niveau du pylore.

Acide mtriule. — Les escarres présentent une coloralion jaune ou jaune verdàtre caractéristique, dette coloration jaune, due à la formation de xanthoprotéines, est surtout marquée au niveau de répidernie et des muqueuses ; elle ne se produit qu'avec l'acide nitrique concentré. La perforation de lestomac est rai'e. Le cœur renferme du sang noir et liquide, mais les vaisseaux qui entourent l'estomac sont remplis de sang coagulé.

Acide CHi.ORnvDRiQUE. — Les escarres sont noires, mais souvent la muqueuse à leur niveau se détache et laisse une ulcération dont le fond est constitué par la musculeuse infiltrée de sang épais et noirâtre. Les lésions sont rarement généralisées à toute létendue de la muqueuse gastrique.

Acide oxalique. — Les lésions corrosives provoquées par l'acide oxalique sont moins graves qu'avec les acides sulfurique et nitrique. Aussi observe-t-on l'absorption dune certaine quantité du poison, qui peut déterminer des escarres loin du tube digestif, sur le diaphragme et au niveau des reins, par exemple. Les lésions inflammatoires sont très étendues sur la muqueuse digestive, mais les escarres sont toujours très circonscrites.

Potasse, solde. — Avec les alcalis, les lésions, moins profondes peut-être qu'avec les acides, sont toujours très étendues. La muqueuse buccale est épaissie, rouge, détachée par places en lambeaux; le pharynx et l'œsophage présentent les mêmes lésions. L'estomac n'est pas rétracté ; il renferme habituellement un liquide couleur marc de café. La muqueuse, dépouillée de son épithélium, forme de gros plis et apparaît colorée d'une façon uniforme en brun noirâtre; sur la coupe, l'imbibition par l'hématine dissoute va en diminuant vers la sous-muqueuse très œdématiée. La coagulation du sang est complète dans les vaisseaux voisins, mais les caillots sont mous.

Les sténoses cicatricielles s'observent quand il y a survie de plusieurs mois, comme après ingestion d'acides.

Ammoniaque. — Deux faits caractérisent l'empoisonnement par l'ammoniaque: l'incoagulabilité du sang et la stéatose des viscères. .Malgré ses propriétés caustiques, en effet, l'ammoniaque est extrêmement difTusible et constitue par suite un véritable poison, dont l'action peut être rapprochée de celle du phosphore. Cliniquement, lorsque la mort ne survient pas dans les premières heures, on observe de l'ictère, des hémorragies; à lautopsie, on trouve une dégénérescence graisseuse très développée du foie et des reinsr. En plus, il

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faut noter la rougeur généralisée delà muqueuse digestive. jusqu au niveau du duodénum, avec parfois des ulcérations plus ou moins profondes, des fausses membranes et des escarres sèches et jaunes.

Questions médico-Iég-a'es. — Les symplùmes et les lésions que nous venons de décriie permettent, à coup sur, daffirmer que la mort résulte de faction sur le tube digestif d'un liquide corrosif. Il n "y a donc de difficultés que lorsqu'il sagit de déterminer quel est <e liquide. Bien que les lésions diirèrent suivant les cas, on ne devra pas négliger la recherche chimique de la substance ingérée.

L"acide ou l'alcali ont parfois été saturés par les contrepoisons administrés, etiexpertise to.xicologique fournit souvent des lésultats négatifs, les sels qui résultent de la neutralisation de la plupart des liquides corrosifs, sulfates, chlorures, azotates, sels de soude, de potasse, d'ammoniaque, e.xistant normalement dans l'organisme ou s'y produisant au cours de la putréfaction.

Les résultats seront, en généial, plus démonstratifs, si 1 analyse peut porter sur les premières matières vomies ou sur les taches qu'a laissées sur les linges et les étoffes le liquide corrosif.

Toxicologie. — Les organes ti-iturés, estomac et son contenu, oesophage, langue et les matières vomies sont mis à digérer plusieurs heures avec leau distillée. Après filtration, le liquide présentant une réaction franchement acide, on ajoute un petit excès d'hydrate de quinine, qui donne avec l'acide sulfurique libre du sulfate de quinine, avec lacide nitrique libre du nitrate de quinine. Après évaporation au bain-marie jusqu'à consistance pâteuse. lextrait semi-fluide est traité par lalcool absolu, qui. parmi tous le? sulfates et les azotates, ne dissout que le sulfate et lazotate de quinine. L'alcool est alors évaporé, et, dans le résidu repris par l'eau, il est facile de caractériser la présence de Tac i de sulfurique. qui précipite avec le chlorure de baryum, en donnant du sulfate de baryte insoluble dans les acides azotique et chlorhydrique ; la présence de lacide azotique est décelée par la formation de vapeurs rutilantes en prr^sence de l'acide sulfurique et de la tournure de cuivre.

11 paraît toutà fait illusoire de rechercher l'acide chlorhydrique libre dans le contenu gastrique, puisque cet acide y existe normalement.

Pour l'acide oxalique, le procédé que nous avons indiqué oi-dessus pour la lecherche de l'acide sulfurique et de l'acide azotique donne de bons résultats. On transforme par addition d'ammoniaque 1 oxalate de quinine en oxalate d'ammoniaque, sur lequel on essaie les réactions caractéristiques des oxalates.

L'acide phénique, qu'il est possible de reconnaître en général a B.\LTH.\z.\BD. — Méd. lég., S^ édit. 6

82 liNTOXICATlMNS ET EMPOISON>EMENTS.

son odeur, peut être séparé par dislillation et agitation du liquide distillé avec léther. Après évaporation de Téther, on obtient le phénol, qu'il est facile de caractériser par la coloration bleu violet qu'il donne avec le perchlorure de fer, et par la coloration bleue en présence de l'hypochlorite de soude et de l'aniline (cette dern'ère réaction ne s'observe pas avec l'acide salicylique).

Les alcalis, potasse et soude, se transforment rapidement au .contact de l'air en carbonates. La recherche de ces bases ne donne pour ces raisons de résultats positifs que lorsque la mort a suivi de près l'ingestion du poison et que l'autopsie a été faite peu de temps après la mort. Ces conditions sont encore plus indispensables pour la recherche de l'ammoniaque, car cet alcali se forme dans l'organisme dès que débute la putréfaction.

Les matières suspectes sont mises à digérer douze heures dans l'eau distillée, puis filtrées. On dose avec une solution titrée d'acide sulfurique la quantité totale de potasse ou de soude contenue dans 10 cenlimèties cubes du liquide filtré, soit à l'état d'alcali libre, soit à l'état de carbonate. 10 centimètres cubes du même liquide sont additionnés de chlorure de baryum, qui précipite les caibonates, filtrés, et, si la liqueur obtenue est encore alcaline, c'est qu'il existait dans la solution primitive des alcalis libres; un nouveau titrage permet de les doser.

L'ammoniaque est caractérisée, dans le liquide obtenu en distillant les matières suspectes, par son odeur piquante, par les fumées blanches qu'elle donne au voisinage de l'acide chlorhydrique, et enfin par la coloration rouge brun qui se produit avec le réactif de Nessler.

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