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INTOXICATIONS PAR LES SUBSTANCES ORGANIQUES

§ I. — Intoxication par I alcool.

L'alcoolisme joue actuellement un rôle si considérable dans la pathologie que létude de ses diverses manifestations gastriques hépatiques, nerveuses, est exposée avec beaucoup de détails dans les traités de médecine. Il n'entre pas dans nos intentions de tracer ici l'histoire complète de l'intoxication alcoolique chronique, que nous envisagerons seulement dans ses rapports avec la médecine légale Encore laisserons-nous de cùté tout ce qui a trait à la responsabilité des alcooliques inculpés de délits ou de crimes.

L'empoisonnement aigu parl'alcool peut aboutir à la mort par des mécanismes divers, qui doivent être connus du médecin légiste rhargéde déterminer la causedune mort subite. Déplus, l'alcoolisme chronique imprime une évolution spéciale aux lésions d'origine traumatique ; aus;i l'expert doit-il tenir compte de celte influence aggravante de .l'alcoolisme, soit pour décharger un accusé inculpé de coups et blessures ou d'homicide, soit pour diminuer la responsabilité patronale dans un accident du travail.

Empoisonnement par l'alcool. — L'alcool ne figure pas dans la liste des poisons criminels, mais il a été assez souvent utilisé dans un but de suicide.

Intoxication aiguë. — Les phénomènes d'intoxication aiguë constituent l'ivresse, consécutive aux libations trop copieuses. Après une période d'excitation qui dure plusieurs heures, survient une phase de dépression pendant laquelle Tindividu^ivre tombe dans un sommeil voisin du coma. Si même la quantité d'alcool ingéré a été considérable, si les vomissements n'ont pas amené le rejet d'une partie du poison, la température s'abaisse et la mort peut succéder au coma- L'usage de l'absinthe, des amers, a modifié le tableau classique de l'ivresse grâce à l'intervention des effets toxiques des essences ; en pareil cas, le coma est souvent précédé de convulsions violentes. Les ivrognes sont exposés à se refroidir pendant leur sommeil; il en-

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résulte l'apparition de paralysies périphériques, en particulier de paralysie faciale, le froid favorisant la production de la névrite alcoolique ; parfois même éclate deux ou trois jours après une pneumonie. Mais ils sont avant tout exposés à mourir rapidement d'hémorragie méningée.

Si l'individu est trouvé mort dans la rue, surtout s'il a fait pendant son ivresse des chutes qui ont engendré des plaies ou des ecchymoses, les suspicions d'homicide surgissent et entraînent 1 intervention du médecin légiste, qui doit indiquer la cause de la mort. 11 suffira, en pareil cas, de signaler l'existence d'une hémorragie pour pouvoir conclure qu'il s'agit d'une mort naturelle. Mais, si l'individu sest suicidé avecl'alcool ou si, étant ivre, il a été victime d'un accident, écrasé par exemple par une voiture, il importe d'établir l'imprégnation alcoolique du cadavre.

La recherche de l'alcool doit porter sur le contenu de l'estomac, le sang, le cerveau, le foie, les reins et l'urine. Elle ne peut fournir de résultats que si la putréfaction n'est pas encore commencée. L'alcool est extrait des viscères triturés et additionnés d'eau par distillation, et le produit obtenu est ensuite rectifié. On obtient à la lin un'mélange d'alcool et d'eau sur lequel on vérifie les propriétés physiques et chimiques de l'alcool.

Intoxication chronique. — « Tout ce ([ui ne dépend pas à proprement parler de la nature de la blessure ne saurait être imputé à son auteur « (Fodéré). Le médecin doit donc déterminer, parmi les complications de la blessure, celles qui sont dues à l'alcoolisme antérieur de la victime. 11 en est ainsi pour le delirium tremens, dont l'apparition chez un alcoolique est souvent provoquée par un traumatisme. L'agresseur ne saurait être rendu responsable d'un accident qui est une complication de l'alcoolisme, bien plus que du traumatisme.

En matièrerriininelle, ce fait n est pas contesté; il n'en est plus de même quand il s'agit d'un accident du tra\ail. La Cour de cassation a décidé en effet qu'en pareil cas, le juge, dans la fixation de l'indemnité due par le patron, ne doit pas tenir compte de l'alcoolisme antérieur, mais seulement de la diminution de capacité subie par l'ouvrier après l'accident.

D'ailleurs, si les conclusions médico-légales peuvent être précises en ce qui concerne le deliriums tremens, il n'en est plus de même pour les autres complications de la blessure. Comment apprécier et surtout démontrer la part exacte de l'alcoolisme dans le développement d'une suppuration, d'une septicémie, d'une gangrène, à la suite d'un traumatisme ?

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