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FNTOXICATION PAR LA STRYCHNINE

la brucine dans le mélange des deux alcaloïdes, en ajoutant à Tacide sulfurique, qui sert aies dissoudre, une goutte d'acide nitrique.

La brucine est caractérisée par la coloration rouge-sang qu'elle donne en présence de l'acide nitrique ; en chaufFant. la coloration passe au jaune, et, si on ajoute alors du prolorhjorure détain, elle devient violette; cette réaction est commune a la brucine et a iigasurine.

Les alcaloïdes des strychnées sont doués de propriétés physiologiques analogues, dont les efTets s'additionnent lorsque, au lieu de strychnine pure, un mélange complexe des alcaloïdes est ingéré.

Qae<»tion8 médico-légales. — La putréfaction ne semble pas amener une rapide décomposition de ces poisons. A propos de lalFaire Palmer. de nombreuses expériences ont été à ce sujet poursuivies en Angleterre; Roger a pu extraire la strychnine, après cinq semaines, du sang d'un animal putréfié. Dans un cas d'exhumation. Fresenius a retrouvé la strychnine onze ans après la mort.

Pourtant, si la survie est suffisamment longue, la strychnine s'élimine, et l'élimination se fait surtout par les urines et peut être complète au bout de quatre à cinq jours.

Les arguments d'ordre clinique ont ici une grande valeur, et il importe d'analyser avec soin les symptômes qui ont précédé la mort. Au moment du procès Palmer, les médecins légistes ont déclaré qu'une seule maladie, le tétanos spontané, était capable de déterminer des symptômes comparables à ceux de l'intoxication par les alcaloïdes des strychnées. Et, en effet, toutes les différences notées au point de vue clinique par les médecins anglais, entre la maladie spontanée et l'empoisonnement, n'ont, en médecine légale, qu'une faible valeur. Certes, dans le tétanos spontané, l'apparition des crises tétaniques est, en général, précédée pendant plusieurs jours de prodromes, céphalalgie, courbatures, insomnie, frissons; la contracture débute, en général, par les muscles des mâchoires, se propage plus lentement ; mais le tétano- peut débuter brusquement et évoluer avec rapidité.

Pour le tétanos traumalique, la notion même du traumatisme récent suffit pour poser le diagnostic.

Tardieu a depuis signalé Vépilepsie parmi les affections qui peuvent prêter à confusion avec l'empoisonnement par la strychnine ; en réalité, les accès convulsifs de l'épilepsie diffèrent trop des accès tétaniformes pour qu'un médecin puisse porter un diagnostic inexact. S'il n'a pas assisté à l'agonie, l'expert invoquera en faveur de l'épilepsie l'existence d'une crise convulsive unique, mais beaucoup plus

prolongée que n'est chacun des accès tétaniformes, qui dure au plus deux à trois minutes.

11 est deux affections qui s'accompagnent parfois de contractures généralisées et d'accès tétaniformes dont il n'a pas été parlé au procès Palmer, que Tardieu ignorait encore : la méningite c», rébrospinale et l'urémie.

La méningite cérébro-spinale, qui ne présente pas toujours le caractère épidémique, peut débuter brusquement, et, dans sa forme foudroyante, évoluer en moins de vingt-quatre heures. Le diagnostic est possible à l'autopsie, grâce à la constatation de traînées purulentes sous les méninges médullaires; pendant la vie, l'examen cytologique et bactériologique du liquide extrait par la ponction lombaire peut fournir les éléments d'un diagnostic précis. Ce sont là des méthodes de recherche que doit appliquer l'expert lorsqu'il en a la possibilité, car l'autopsie, lorsqu'elle est faite tardivement, ne donne pas toujours la démonstration de lésions qui sont parfois assez discrètes.

Vurémie enfin, dans sa forme éclamptique et surtout dans sa forme tétanique, simule au plus haut point l'empoisonnement par la strychnine. Le début peut être brusque, à la suite d'une fatigue, d'un refroidissement, d'excès alcooliques, sansqu'il y ait eu, dans les jours précédents, de troubles importants de la santé. A l'autopsie, la putréfaction masque souvent des lésions rénales que seul l'examen histologique pourrait révéler. Dans l'affaire Palmer, il semble qu'il en ait été ainsi, et que Cook ait succombé, non à l'empoisonnement par la strychnine qu'il a été impossible de retrouver par l'analyse chimique, mais à l'urémie.

C'est dire que l'expertise toxicologique peut seule donner la preuve nécessaire à l'accusation. On peut et on doit caractériser la strychnine, et, s'il s'agit de noix vomique ou de fève de Saint-Ignace, la brucine, par leurs réactions chimiques. L'expérimentation physiologique fournit une preuve complémentaire; l'injection dans le tissu cellulaire sous-cutané de la grenouille d'une dose de strychnine inférieure au dixième de milligramme détermine, au bout de cinq à dix minutes, l'apparition d'accès tétaniques qui se succèdent, séparés par des périodes de calme, pendant plusieurs heures, jusqu'au moment où l'animal meurt.

Il n'est guère facile de purifier la strychnine extraite des organes sans en perdre une certaine quantité, si bien que le dosage de cet alcaloïde est toujours illusoire. Les doses mortelles sont si faibles, 2 à 3 centigrammes pris en une seule fois, qu'il sufhtde caractériser la strychnine par ses réactions chimiques et son action physiolo-

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