INTOXICATION PAR LA BELLADONE
gique, pour démontrer la réalité de lintoxication criminelle ou médicamenteuse, suivant les données de l'enquéle judiciaire.
En l'ésumé. l'empoisonnement par la strychnine e>l prouvé en confrontant les résultats de lenquète au sujet des symptômes présentés par le malade avec les résultats de l'expertise chimique. L'absence de lésions à l'autopsie, en particulier de lésions rénales ou méningées, corrobore l'opinion qu'il ne s'agit pas d'une mort naturelle.
.; 6. — Intoxication par la belladone et l'atropine.
Les feuilles, la racine et les baies delà belladone ont des propriétés toxiques qu'elles doivent à la présence d'un alcaloïde, l'atropine.
L'empoisonnement par la belladone et l'atropine est presque toujours accidentel: on ne reirve, en elTel. en Franre, que sept cas d'empoisonnement criminel par cet alcaloïde, jusqu'en 1880. Il faut ajouter à cette liste la tentative d'empoisonnement de Bianchini, dont la preuve n'a pu être faite qu'à l'aide des symptômes éprouvés par la victime.
Habituellement, l'intoxication s'observe chezdes individus, surtout des enfants, qui, ignorant leurs propriétés vénéneuses. ing»'rent les baiesde belladone. D'après GaultierdeClaubry.centcinquante soldats présentèrent des symptômes graves pour avoir, au cours d'une marche, mangé ces fruits. En 1793, des orphelins élevés à la Pitié, et que l'on employait à ariacher les mauvaises herbes au .lardin des Plantes, ingérèient les baies des belladones que l'on cultivait dans le carré des plantes médicinales ; quatorze d'entre eux succombèrent. Cet accident ne s'observe qu'au mois de juillet, époque de la maturation des fruits de la belladone.
Symptômes. — Les effets de la belladone et de l'atropine sont identiques, l'alcaloïde toutefois agissant avec plus de rapidité, surtout lorsqu'il est introduit par la voie sous-cutanée. Le malade éprouve, au bout de quelques minutes, une sensation de sécheresse de la bouche et du pharynx, et bientôt après surviennent des vertiges qui ne font jamais défaut chez les individus empoisonnés par l'atropine; les malades titubent comme s'ils étaient ivres. Les nausées sont constantes, mais les vomissements rares. In autre symptôme constant et presque caractéristique est la dilatation de la pupille, bilatérale, égale des deux côtés: la mydiiase atteint souvent le maximum possible, et les pupilles sont insensibles à la lumière. En même temps la vision devient confuse, les objets prennent des contours flous, et parfois les malades ne distinguent plus autour
d'eux que des taches sombres et des zones claires. Les troubles pupillaires seraient dus à la contraction des fibres radiées de Tiris, les troubles de la vision à une paralysie de l'accommodation qui entraîne de la presbytie: les verres concaves peuvent, en effet, corriger le défaut de convexité du cristallin. Nul doute que la suppression du diaphragme de l'iris n'intervienne également pour rendre flous les contour des objets.
Les battements du cœur s'accélèrent; le pouls est fréquent, tant«")t faible, tantôt dur et vibrant. Les démangeaisons sont habituelles et généralisées à toute la surface du corps; la peau se couvre dune éruption érythémateuse. et parfois même survient du purpura. Les malades éprouvent de là difficulté pour parler ; la voix est rauque ou éteinte, le larynx douloureux : l'aphonie est même complète dans quelques cas.
Chez les adultes, on observe des troubles psychiques très spéciaux, consistant surtout en hallucinations visuelles ou auditives, en un délire gai, bruyant, parfois même erotique ; il peut survenir également des accès d'agitation furieuse, de courte durée, à la suite desquels les malades sont plongés dans un état de stupeur voisin du coma.
Chez les enfants, les phénomènes convulsifs sont constants, tantôt généralisés à tous les muscles du corps, tantôt frappant des groupes musculaires isolés.
Lorsque l'intoxication doit aboutir à la mort, au bout de vingtquatre à quarante-huit heures les malades tombent dans le coma.
La vessie et le rectum sont paralysés, et la sonde dailleuis ne permet d'extraire de la vessie que des quantités minimes d'urine. Le malade marmotte des paroles inintelligibles, grince des dents et présente de la carphologie ; la face est rouge violacé, le r égard fixe, et le corps se couvre de sueurs. La mort survient habituellement au bout de trois à quatre jours: mais on la vue se produire trois à quatre heures après l'ingestion du poison.
Sécheresse de la bouche, laryngite, dilatation pupillaire, délire, puis coma, tels sont les symptômes très spéciaux de l'empoisonnement par l'atropine.
Questions médico-légales. — La brusquerie du début des accidents que nous venons de rapporter, leur fugacité lorsque le malade survit, ne permettent pas de les attribuer à une affection organique des centres nerveux ; ils caractérisent un empoisonnement par un alcaloïde analogue à l'atropine. Parmi les solanées, en effet, la jusquiame ^^Hyosciamus niger,albiis) et la stramoine (Datura stramoniuin) renferment des alcaloïdes, l'hyosciamine et la datui-ine,