‹ Précis de médecine légaleChapitre 42 sur 185 · I.NTOXICATIÛN PAR LEg CANIBARIPES · texte numérisé non relu

I.NTOXICATIÛN PAR LEg CANIBARIPES

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nir avec les bases pyridiques et même avec certaines ptomaipes isolées par Brieger.

Le seul moyen dont dispose actuellement la médecine légale pour éviter les causes derreur dues à la présence dans les cadavres des ptomaïnes consiste à pratiquer les autopsies le plus rapidement possible et à disposer les organes de telle façon que la putréfaction soit rendue impossible. Ce dernier résultat est obtenu soit en conservant les viscères à une température inférieure à 0°, soit en procédant immédiatement à des prélèvements d'une partie des viscères, que Ion plonge dans l'alcool pur à 9T^°.

§ 9. — Intoxication par les cantharides et la cantharidine.

Un certain nombre dinsectes appartenant à des espèces de la section des Coléoptères renferment dans leur corps une substance toxique, non azotée, douée de propriétés vésican tes, la cantha ridine. Les plus employés spnt les cantharides oflicinaies (Cantharisvesicaloria), qui vivent sur les frênes et que l'on rencontre également aux mois de mai et de juin sur les troènes, les lilas et les chèvrefeuilles (fig. 8;.

La poudre de cantharides entre dans la composition des emplâtres vésicants et est utilisée également pour préparer une teinture alcoolique.

Les propriétés aphrodisiaques de la poudre de cantharides, connues de toute antiquité, ont

été le point de départ d'un grand nombre d'intoxications chez des vieillards qui espéraient retrouver la virilité de leur jeunesse. Mais l'empoisonnement n'est pas toujours volontaire, et bien des misérables ont confectionné avec la cantharide, en l'incorporant au chocolat, aux confitures, des pliiltres amoureux destinés à faire succomber des résistances vertueuses. Les propriétés abortives de la cantharide ne paraissent pas beaucoup supérieures à ses propriétés toxiques; très souvent la mort de la mère a accompagné ou suivi de près celle du fœtus.

Enhn nous avons assisté ces dernières années au procès du

Fig. S. — Cantharide olllcmale.

a, ses œufs de grandeur naturelle: b. les mêmes grossis.

vfsicatoire; on ne compte plus les accidents que les emplâtres à la cantharide ont déterminé chez les brightiques et chez tous les individus dont le lein est déjà lésé.

Pour toutes ces raisons, 1 étude de lintoxication par la cantharide présente un grand intérêt en médecine légale; cinquante-neuf fois d'ailleurs ces insectes ont été administrés dans un but criminel de 18.30 à 1889.

Symptômes. — Nous n'insisterons pas sur les propriétés vésicantesde la poudre de cantharides ou de la cantharidine appliquées sur la peau et sur les muqueuses. H est certain qu'au niveau de la phlyctène le principe actif des cantharides est absorbé, et la cantliaridine a été retrouvée dans la sérosité du vésicatoire, aussi bien que dans les urines des malades ; ce fait explique les intoxications produites par l'usage des vésicatoires.

Un jeune garçon de seize ans. dont Taylor rapporte l'histoire, ayant la gale, fut frotté sur tout le corps avec une pommade renfermant de la poudre de cantharides; il succomba au bout, de cin(i jours, après avoir présenté des symptômes d'intoxication analogues à ceux que provoque lingestion des cantharides.

La cantharidine est une substance diflicile à préparer et rarement employée en médecine; aussi ne connaît-on pas d'exemple d'empoisonnement criminel ou accidentel déterminé par elle. Habituellement l'intoxication résulte de l'ingestion de poudre de cantharides ou de teinture de cantharides.

En général, immédiatement après l'ingestion du poison, les malades éprouvent une sensation de brûlure dans la bouche et dans la gorge; puis, après un temps variable, de une à trois heures, apparaît une douleur vive au niveau du creux épigastrique. Les malades vomissent des matières glaireuses, striées de sang; leur visage se congestionne, et ils souffrent d'une violente céphalée. En même temps se manifeste une congestion extrême des organes génito-urinaires qui entrave la sécrétion de l'urine, qui détermine au niveau du méat une brûlure comparée à celle que produirait un fer rouge introduit dans lurèthre. L'envie d'uriner est continuelle et aboutit, au prix de douleurs très vives, à l'émission de quelques gouttes d'urine très riche en albumine et sanguinolente. La diarrhée est habituelle et s'accompagne d'un ténesme anal aussi pénible pour les malades que le ténesme vésical.

A ce moment, l'agitation est extrême; tantôt surviennent des phénomènes délirants, suivis d'accès de contractures, analogues à ceux du tétanos; tantôt se manifeste un délire erotique qui pousse les malades à se livrer à des actes obscènes. Rien ne peut alors

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