GÉNÉRALITÉS SL'R L'ASPHYXIE
lo Par pauvreté en oxygène de l'air inspiré.
:2oPar insuffisance de
là ventilation
pulmonaire.
Asphyxies
dites
tHécdniques. I
30 Par stase
pulmonaire
ou altération
du sahff.
a) SUiislitutioii d'un liquide à l'air. — Sulmiersion.
Azote, liydrogéne, carbures
d'hydrogène.
Acide carbonique et air
confiné.
Gaz dés fosses d'aisances.
b) Présence dans l'atnio- \ sphère d'un gaz inerte, j
I Aérotiautes et alpinistes.
c) Diminution do la près sion atmosphérique.
Compression ( Abcès du médiastin dés voies dérieilnés.
m Spontanée. (
(I) Provoqui'C.
a) Stase pulmonaire.
/)) Altération du sang.
Tumeur du médiastin.
Anévi-ysme de l'aorte.
Corps étrangers.
Néo -productions (tu- Obstruction l meurs du larynx, dl a lumière ) croup), de la trachée Sténoses cicatricielles, oii des i Œdème du larynx, bronches. ' Spasme glottique.
Abcès rétro- et latéropiiaryngiens.
Paralysie ou spasme des muscles respiratoires.
Pendaison.
Strangulation.
Par occlusion de l'ori- { fice des voies respi- Sulïocàliou.. , ratbires.
/ Par compression du thorax.
Asystolie.
\ Œdème aigu du poumon.
I Alélectasie puimo- \ Pleurésie. •
' nâire ' Pneumothorax.
Anémies graves.
Hémorragies abondantes, intoxications pit- poisons hémolytiques.
Poisons niéthèmoglo-
binisants.
Àilératiori transitoire pàl- l'oxyde de carbone.
Diminution de l'hémo ■ globine. . .
Altération de V Ihéhloglo- ' bine f
Mécanisme et durée de l'asphyxie. - Si Ion prend comme exemple de l'asphyxie les cas où les échanges gazeux au niveau du poumon sont complètement supprimés, tels que les cas de sufTocation, à la privation d'oxygène dans les tissus pourrait s'ajouter l'accumulation de l'acide carbonique dans le sang. Or l'acide carbonique est un gaz toxique, qui, à fortes doses, détermine une excitation
bulbaire se traduisant par des convulsions. A doses faibles, son action sur le bulbe est au contraire nécessaire et concourt à la régularisation des fonctions vitales.
A la vérité, il semble se dégager des expériences de Paul Bert cette notion que lacide carbonique n'existe pas en proportions élevées dans le sang asphyxique. Néanmoins, si l'on veut dissocier les phénomènes dus à la privation doxygène de ceux qui résultent de laccuniulation d'acide carbonique, il est nécessaire d'étudier lasphyxie par les gaz inertes, azote, hydrogène, oxyde de carbone. L'asphyxie due à la dépression barométrique ne saurait être choisie comme sujet d'études dans le cas qui nous occupe, car aux effets de lanoxhémie s'ajoutent ceux de la privation d'acide carbonique, de ïacapnie.
La durée de l'asphyxie chez l'homme ne peut être précisée, car il est impossible de défmir le moment de la mort. Cependant on peut convenir qu'il y a mort quand le cœur a cessé de battre depuis une minute, les chances de rappel à la vie à ce moment étant à peu près nulles.
Le terme moyen de l'asphyxie dans la submprsion et la pendaison ne paraît pas dépasser deux à trois minutes. Cependant on a signalé des cas de survie prolongée : cas de Pope, rappel à la vie d'un noyé resté douze minutes sous l'eau, cas deClarked'un pendu se réveillant sous le scalpel après dix minutes de suspension ; on pourrait rapporter bien des observations analogues. Mais il convient de ne retenir que celles où la durée a été mesurée la montre à la main, car l'appréciation au jugé du temps comporte des erreurs considérables. On pourrait objecter encore, pour expliquer dans ces cas la longue durée de l'asphyxie, pour la submersion que le noyé est revenu à la surface et qu'il a pu faire quelques inspirations, pour la pendaison qu'une tumeur ganglionnaire, la consistance anormale du larynx ont empêché la pression complète du lien sur les vaisseaux. Enfin, dans tous les cas d'asphyxie à durée prolongée, on pourrait penser qu'une syncope a pendant quelques instants supprimé les échanges respiratoires et ménagé ainsi la réserve doxygène du sang.
Les faits bien observés établissent que, dans les conditions normales, même après entraînement, la durée de l'apnée volontaire ne saurait excéder 2 minutes 15 secondes à 2 minutes 30 secondes. Le cas du capitaine James qui restait 4 minutes 14 secondes sous l'eau est exceptionnel et s'explique par un artifice qui consistait à déglutir de l'air dans une poche œsophagienne et à le régurgiter dans le pharynx au cours de l'immersion.
On peut d'ailleurs se rendre compte par un calcul très simple de
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la durée de l'asphyxie chez l'homme d après l'étude de la réserve d'oxygène disponible. D'après N'ierordl, un homme de TU kilogrammes possède 5 400 grammes de sang, renfermant 18 p. 100 doxygène ; même en supposant le sang veineux oxygéné par de grandes inspirations préalables, il y aura en tout 972 centimètres cubes d'oxygène dans le sang. Les 4 litres d'air contenus dans les poumons contiennent en tout 972 centimètres cubes d'oxygène et l'analyse du gaz résiduel, contenu dans les alvéoles au moment de la mort, montre que l'on peut utiliser les 40 centièmes de l'oxygène initial, soit 320 centimètres cubes. L'organisme dispose donc, au cours de l'asphyxie, des 972 centimètres cubes d'oxygène du sang circulant et des 320 centimètres cubes doxygène utilisables dans l'air alvéolaire, soit au total 1292. Or la consommation d'oxygène est de 380 centimètres cubes par heure et par kilogramme, soit, pour 70 kilogrammes, 440 centimètres cubes par minute. Au bout de 2 minutes 30 secondes, 1 100 centimètres cubesauront été consommés et la quantité d'oxygène contenue dans le sang sera trop faible pour entretenir la vie ; au bout de 3 minutes, elle serait nulle.
Effets de ïanoxhémie. — Paul Bert, Mosso ont étudié avec beaucoup de soin l'action de la privation doxygène. Comme nous l'indiquions, le système nerveux central, le système nerveux du cœur traduisent les premiers leur soufTrance : au moment même oîi un animal fait une inspiration d'oxyde de carbone ou d'air privé doxygène, sa pression artérielle faiblitet les battements de son cœur s'accélèrent. Plus tard disparaissent les fonctions motrices, puis enfin les fonctions de la sensibilité.
Mosso a démontré quelanoxhémie entraîne toujours une paralysie du pneumogastrique, et ce fait explique les lésions congestives du poumon, constantes dans les asphyxies, et surtout les ruptures vasculaires sous la plèvre, le péricarde, qui engendrent ces ecchymoses auxquelles on a donné le nom de taches de Tardleu. Enfin la paralysie du pneumogastrique explique également la fréquence des pneumonies qui surviennent au bout de deux, trois, quatre jours chez les individus qui ont subi un commencement d'asphyxie et qui ont été rappelés à la vie.
11 con\ient de distinguer quatre phases dans l'asphyxie : 1° Au début, les mouvements respiratoires sont ralentis et le cœur est accéléré. Cette période dure une minute environ et se termine par la perte de la conscience. 2" Dans cette période, le cœur est accéléré et plus fort ; c'est une phase d'excitation corticale, qui est souvent accompagnée de convulsions ; àlalinde la deuxième minute survient l'abolition des réfle.xes. S^» Les mouvements respiratoires se ralen-
tissent et devietirietit superficiels, tandis que le cœur cotitinue à battre. 4*> i\lais c'est seulement au milieu de la troisième minute que survient la paralysie du pneumogastrique, que les mouvements du cœur deviennent plus forts et plus rapides, que la pression sanguine s'élève jusqu'au moment où la mort survient. Pendant les trois périodes qui précèdent, le pneumogastrique n'était pas eiitièrement paralysé, car Dastre a démonf l"é que sa section amenait encore l'accélération du cœur.
Effets de V accumulation d'acide carbonique, l'hypercapnie. — La cause commune des asphyxies est l'anoxhémie ; mais, dans un certain nombre d'entre elles, l'accumulation d'acide carbonique dans le saiig engendre des accidents d'intoxication qui compliquent les phénomènes observés. Pour retrouver la part qui revient à l'acide carbonique en pareil cas, il suffit de placer des chiens dans une atmosphère renfermant 40 p. 100 d'acide carbonique. Paul Bert a montré qi>'en pareil cas la mort survient très rapidement, avec des convulsions, alors même que l'air respiré renfermerait des quantités d'oxygène très supérieures à la normale.
On peut donc dire que, lorsqu'il existe un obstacle à l'élimination de l'acide carbonique, la mort survient plus rapidement que lorsque l'asphyxie est due à l'anoxhémie.
Lorsqu'un animal respire de l'oxyde de carbone, il peut continuer à vivre pendant une demi-heure, une heure, alors que la quantité d'oxygène contenue dans son sang a diminué de moitié et même des deux tiers ; il meurt sans présenter de convulsions. Au contraire, s'il est asphyxié par suffocation à l'aide d'un masque de poix, des convulsions surviennent rapidement, et la mort se produit par arrêt die la respiration au bout de trois â quatre minutes, le cœur continuant à battre pendant Une oil deux minutes encore.
Lésions de l'asphyxie. — Parmi les lésions constatées â l'àutôpsie des individus asphyxiés, les unes sorti le fait de l'anoxhémie, les autres de rhypercapnie.
On tie s'étonnera donc pas si la cyanose dii visage et des extrémités, la coloration noirâtre du sang et sa fluidité, qui résUlterit de l'accumulation de l'acide carbonique dans le sang, font défaut chez les individus ayant succombé à l'asphyxie par l'oxyde de carbone ou par un gaz inerte.
Âu contraire, la congestion des poumons avec présence fréquente de noyaux apoplectiques dans le parenchyme, la Congestion de là muqueuse bronchique, les ecchymoses sous-pleu raies et sous-péricardiques, les sUffusions sanguirtes disséininées le long du tube
GÉNÉRALITÉS SUR LASPHYXIE. 129
digestif sont des lésionspropresàl'anoxhémie, etsous iadépendance de la paiésie du pneumoiraslrique.
11 est donc important de ne pas rapporter fatalement à l'action d'un |)oison sur l'estomac les ecchymoses de la muqueuse gastrique, et à la strangulation les taches de Tardieu.
La coloration noirâtre du sang est d'ailleurs habituelle chez les cadavres, les oxydations se poursuivant pendant un certain temps aux dépens de l'oxygène contenu dans le sang, et les microbes aérobies achevant la réduction de l'hémoglobine. Il n'est donc pas aisé de porter avec précision le diagnostic de moit par asphyxie ; mais si l'on tient compte du grand nombre de maladies spontanées qu se terminent par asphyxie, on se convaincra de l'intérêt minime que présenterait, au point de vue médico-légal, un pareil diagnostic. En réalité, il importe de mettre en évidence la cause de l'asphyxie, et c'est la constatation des lésions particulières engendrées par les violences qui ont produit l'asphyxie qui domine l'expertise médico-légale.
bALTH.VZABll. — M jd. lég., ï* édît.