‹ Précis de médecine légaleChapitre 55 sur 185 · STRANGULATION · texte numérisé non relu

STRANGULATION

site d'un diagnostic difTérentiel n'est pas aussi pressante que dans les autres cas, puisque, malgré les réserves que l'on devrait faire sur la cause réelle de la mort, strangulation ou sufTocation, l'homicide par asphyxie pourrait néanmoins être affirmé, et il n'y aurait pas de confusion possible avec le suicide.

Comment la strangulation a-t-elle été opérée? — Les lésions déterminées parla stiangulalion à laide d'un lien sont trop différentes de celles que produit la constriclion du cou avec la main pour que la confusion soit possible dans la majorité des cas.

En l'absence de lésions permettant d'affirmer la strangulation, le magistrat demande parfois à l'expert si celle-ci peut être accomplie sans qu'il subsiste de traces appréciables sur le cou de la victime. En réalité, les lésions peuvent être très minimes, mais elles ne font jamais défaut. Toutefois si, dès le début de la strangulation, l'individu meurt de syncope à la suite du coup, même léger, poité sur le larynx, ou encore d'inhibition, les lésions font défaut; en pareil cas, il y avait peut-être l'intention d'étrangler la victime, mais la strangulation n'a pas été consommée.

Le médecin légiste doit faire porter également son e.\amen sur les parties génitaleset l'anus, caria strangulation précède souvent ou suit le viol chez la femme et les petites filles, l'acte de pédérastie chez les hommes et les jeunes garçons. Chez une petite fille de huit ans, la petite Neut, étranglée, Vibert a observé deu.x: déchirures de l'anus et a retrouvé du sperme dans le rectum. Nous avons nous-même pratiqué l'autopsie dune prostituée, étranglée à la main dans un hôtel meublé où elle avait amené un individu; il existait du sperme dans le vagin et, particularité inléres.sante, l'individu avait obligé la fille à se laisser raser les poils du pubis.

L'examen de l'assassin présumé fournit-il des arguments en faveur de sa culpabilité? — La >;trangulaliun,nous l'avons dit, est rarement accomplie par surprise; elle est presque toujours précédée d'une lutte entre l'assassin et la victime. Nous avons retrouvé des traces de violences sur le cadavre de l'individu étranglé; on peut également les observer sur les mains etîa face de l'assassin.

Importantes surtout dans la stiangulatioii à la main, ces lésions consistent en morsures et en égralignures. Dans l'affaire Crémieu.v, Brouardel a fait mouler la mâchoire de la victime, car un pharmacien avait déclaré que, peu de temps après le moment de l'assassinat, un jeune garçon était venu se faire panser chez lui pour des plaies de la main qui ressemblaient à des morsures; lors(jue Hodister fut arrêté en Belgique, il fut facile de prouver la précision avec lauùelle la mâchoire de la veuve Crémieux.à qui il manquait

un certain nombre de dents, se superposait aux plaies de la main du jeune criminel.

Un juge d'instruction de Melun, préoccupé par une enquête qui lui était confiée, relative à l'étranglement d'une fille publique, rencontre dans la rue un individu dont le visage était couvert de griffes; il le fait arrêter. L'individu prétend dabord qu'il s'est blessé en traversant une haie, puis bientôt il avoue son crime.

Enfin, dans certains cas, les mains de l'assassin, souillées de plâtre, de charbon, de matières colorantes, ont laissé des empreintes accusatrices sur le cou de la victime ou sur ses vêtements.

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