PIQÛRES ET COUPURES
sur le cou de la lemme la plaie présente des bords irréguliers, alors que chpz l'homme, qui avait fortement étendu latéteen arrière, elle montre une régularité parfaite.
Lorsque la mort est le résultat d'une section du cou, on admet, en général, qu'en cas de suicide la plaie est oblique en bas et à droite et qu'elle est plus exactement transversale en cas d'homicide. Cela dépend de la position respective de la victime et de lasresseur, et,si celui-ci est situé en arrière, laplaie présente exactement les mêmes caractères que dans lo suicide (affaire Pi ado).
De quelle époque datent les blessures? — 11 est facile d'ordinaire d'indiquer si une plaie par instrument lianchant ou f iquant a été faite pemlant la vie ou après la mort
Pour les plaies plus importante?, les caractères diflférentiels avec les déchirures des tissus du cadavre sont plus nets. Survenues au moment où les téguments avaient encore toute leur élasticité, leurs bords sont rétractés, épais et infiltrés de sang coagulé. Au contraire, les blessures cadavériques ont des bords pâles, livides, peu rétractés. Des difficultés d'interprétation surgissant lorsque, bien que faite pendant la vie, la blessure a été précédée d'une hémorragie abondante qui a supprimé brusquement l'afflux du sang dans les parties périphériques. Lorsqu'un traun atismeoccasionre un grand nombre de blessures, parmi le-quelIes une ru[ ture du cœur, il n'y a parfois pas traces d'épanclu ment sanguin nu niveau des plaies. Félizetafait à ce sujet des expériences intéressantes à labattoir; chez des veaux tués par section des carotides, il faisait aux cuisses des plaies profondes avant que le cœur cessât de battre, et pourtant les tissus restaient exsangues. De même, chez un décapité, Tourdesa observé une rétraction très faible des muscles au niveau de la décollation, sans ecchymoses infermusculaires.
D'autre part, les blessures fai'es après la mort peuvent saigner au moment où la putréfaclion débute et où, grâce à la pres>i)n des gaz intestinaux, le sang est chassé des orgares intrathnraciques vers les vais-eaux superfi'^iels; mais, le sang reste fluide. C'est ainsi que, < hez un individu noyé dans le gave de Pau et retiré à Lourdes, un médecin observa au niveau des plaies un suintement sanguin et conclut à un crime; en réalité, les blessures résultaient du choc du cadavre contre les rochers, et la pjlréfaction était la vraie cause de ces ps3udo-h4morrag-es.
Enfin, chez les noyés qui ont séjourné longtemps dans l'eau, il n'est pas toujours ai=é de reconnaître les caractères que nous avons assignés aux blessures faites pendnnt la vie; l'eau imbibe progressivement les tissus, dissout l'hémoglobine du sang qui diffuse, si bien
22't TRAUMATlSMtS.
(lue les épanchements hémorragiques se décoloient, l*our les plaies superficielles, au bout de huit à dix joui s, les lèvres sont décoloi-ées, lividi's comme si la blessuie avait été laite sur le cadavre. Pour les plaies profondes, les collections sanguines sont reconnais? ables pendant plus longtemps; en pailiculier les épanchements sanguins intracraniens sont encore visibles au bout de quinze jours et même un nois.
Dans quel ordre les blessures ont-elles été faites? — Lorsqu'une blessure est produite après lariét du cœur, elle ne saigne jas,
li^'. 2'. — I, plaies enlre-croisées AB, CD; 2, aspect après alTronlernent des lèvres de la plaie AB, faite la première : 3, aspect après affrontement des lèvres de la plaie CL), faite la seconde.
en gé lérjl, ou du moins trJs i'aib'emenl; si donc on observe chez
un individu, victime d'un homicide, une plaie exsangue, on peut
in iiquer que cette blessure est postérieure à celles qui sont inh!-
trées de sang coagu'é. Cette éventualité s'observe
surtout lorsque le cœur ou l'aorte ont été lésés,
donnant naissance à une hémorragie foudroyante.
Chavigny a montré qu'il était possible d'indiquer
sur le cadavre l'ordre de succession de deux plaies
par instrument tranchant, lorsque ces plaies se
cro'sent. Si l'on cherche en effet à affronter les bords
Fiu'. 22. — La des deux coupures AB, CD (hg. 21, 1), on constate
blessure CD qu'en rapprochant les lèvres de la plaie AB, faite la
aurèrk bi'ès^- pf6'"'èi"e, OU obtient laccolement de l'axe (fig. 21,2,
sure Mi. dù à ce fait qu'au moment où le coup a été porté la
plaie AB était déjà béante, ^i, au contraire, on pro-
cè'^e de même pour la blessure CD, l'affrontement des lèvres de la
plaie AB ne peut se proiuire 'fig. ?!, 3).
Lorsque les deux plaies présentent la disposition de la figure 22, on peu-t également dire que la plaie CD a été faite après la plaie AB, car il est invraisemblable d'admettre qu'un coup de couteau ait
PLAIES C0NTi:SE8. — ÉROSIONS. 225
pu porter rigoureiisemenl sur l'extrèmitfî d'une plaie df''jà existante.
III. - PLIIIES PAR INSTRUMENTS CONTONDANTS. >; I. — Plaies contuses en général.
Lorsqu'un objet présentant une surface mouss" vient frapper contre les tissus, la pression exorcôe tend à déterminer l'attrition de la peau et des parties profondes. Grâce à son élasticité, la peau se laisse parfois distendre sans se ronnpre, et l'on a affaire alors à une contusion plus oumoinsorrave. Lorsque, au contraire, la peau se déchire, il existe un-" plaie contuae.
Le nombre des corps confondants 'st infini; les écrasements, les chutes d un lieu élevé, les accidents de voiture et de chpmin de fer, les machines influstrielles produisent des plaies contus s. Au point de vue criminel, toutefois, les corps contondants ulilisés comme armes peuvent èt'e classés en trois sjroupes : les armes naturelles, points, pieds, ongles et dents; les aimes improvisi'es. bâton, canne, pi'Tre ; les arpies prépar'''es, arme à feu, coup de poing américain, casse-tête, canne plombée.
D'une façon eén<^rale, il est impossible de savoir par l'examen d'un» plaie confuse qu^l est l'objet qui l'a causée. C'est exceptionnellemenf que l'on peut affirmer qu'une plaio rectiligne, plus ou moins large, a été fait"^ à l'aide d'un bâton, d'une canne, d'une cavî^che. A la loupe, les bords de la plaie sont irréguliers, déchiquetés, ce qui dislingue la plaie contuse des blessures dues à des instruments Iranchants.
II peut arriver que la déchirure de la peau résulte non pas tant du choc de^o^jet que de li résis'ance d'unp saillie osseuse profonde. Un coup lie poing asséné sur la pommette, sur le rebord orhilaire, donne naissance à des pUies dont l'aspect, au premier abord, fait penser que la main était a'm'e d'un coup-de-poing américain.
On doit surtoMi différencier les plaies confuses consécutives à une agression de celles Tu'un individu peut se faire dans une chute sur le rebord d'un trottoir, dins un escalier. Dans ce dernier cas, les plaies sont multinles et s'accompagnent de nombreuses contusions. L'examen attentif du cadavre dans chaque cas particulier, lorsque les plaies ont été mortelles, permet seul de trancher entre l'hypothèse d'un crime et celle d'un acciden*.
§ 2. — Érosions par coups d'ongle.
lorsqu'un ongle a été appliqué avec force sur la peau, il se produit une petite section de l'épid-^rme qui a la forme arrondie de l'ongle Balthazard. — Méd. lés.. S* édil. 15