II. — MALADIES DE LA NUTRITION ET CANCERS
5' I. — Diabète sucré traumatique.
Le traumatisme, àcausedes processus infectieux ou toxiques qu'il déclenche, est souvent provocateur d'une glycsurie passagère. Nous ne nous occuperons pas de ces glycosuries transitoires, toujours bénignes, et nous nous bornerons à rechercher si le traumatisme peut engendrer le diabète sucré, c'esl-à-dire une maladie chronique, caractérisée par la surcharge en glycose des humeurs et des tissus de l'organisme et par la présence habituelle du sucre dans les urines.
Pîithogénie. — (In sait qu'en piquant en un point déterminé, voisin du noyau d'origine du pneumogastrique, le plancher du quatrième ventricule, Claude Bernard a provogué la glycosurie chez les animaux; mais il s'agit là de glycosuiie transitoire. Par contre, Frerichs a observé le diabète vrai chez des individus atteints de lésions siégeant au niveau du plancher du quatrième ventricule, tumeurs, plaques de sclérose, hémorragies ou foyers de ramollissement.
Quels que soient les intermédiaires par lesquels les maladies nerveuses agissent sur la sécrétion pancréatique et sur la nutrition générale pour diminuer l'avidité des tissus pour le sucre, il n'en est pas moins établi qu'elles peuvent engendrer une glycosurie durable. On conçoit donc que les traumatismes qui atteignent le bulbe provoquent, dans certains cas, des lésions portant sur le centre glycosurique et qu'il puisse exister par suite un diabète sucré d'origine traumatique.
Cette pathogénie du diabète traumatique n'est justiliée que dans un nombre très restreint d'observations. Celle de Krerichs, concernant un jeune homme de vingt-six ans, tombé dune hauteur de 3 mètres sur le Iront, est la plus démonstrative; le diabète ne lut
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découvert que six mois plus tard et évolua à la façon du diabète pancréatique. A Taulopsie, on trouva au niveau du plancher du quatrième ventricule, près du noyau de l'acoustique, deux foyers hémorragiques de la grosseur d'une lentille dont l'examen histologique prouva l'ancienneté.
Dans la majorité des cas il n'existe, chez les individus atteints de diabète traumatique, aucune lésion nerveuse. On doit admettre alors que le traumatisme a provoqué de simples perturbations fonclionnelles du système nerveux dont dépendrait le trouble de la nutrition caractérisant le diabète. On sait d'ailleurs que, chez les individus en imminence de diabète, les cliagrins, les soucis, les émotions morales vives, ont souvent pour effet de précipiter la marche de la maladie. Le diabète traumatique est également consécutif de préférence aux accidents qui ont provoqué une frayeur intense, tels que les accidents de chemin de fer.
Aussi est-il admissible que, dans bien des cas, le traumatisme ait agi en déprimant lactivité nerveuse, créant chez le blessé non diabétique le ralentissement de la nutrition qui conditionne le diabète, ou exagérant les manifestations cliniques d'un diabète jusque-là latent.
Le rôle important joué par les altérations pancréatiques dans la genèse de certaines formes de diabète conduira, dans les observations futures, à étudier l'état de cette glande dans le diabète traumatique. Il en résultera peut-être une modification totale de nos idées sur la pathogénie de celte affection,
Élioîogie. — Examinons d'abord les faits cliniques qui ont été rapportés sous le nom de diabète sucré traumatique, et nous discuterons ensuite si l'origine traumatique a été nettement démontrée.
Au bout d'un temps variable suivant les observations, après le traumatisme, tantôt brusquement, tantôt progressivement, apparaissent les symptômes du diabète sucré; le plus souvent la polydipsie et la polyurie conduisent le médecin à examiner les urines ; il y découvre la présence dune (juantilé plus ou moins importante de sucre.
Le diabète traumatique serait assez fréquent, puisque, réunissant 1 aOO observations de diabète sucré, publiées par plusieurs auteurs, Jodry relevé l'étiologie traumatique dans .^ p. 100 des cas. Dans la moitié des cas. le traumatisme a porté sur le crâne, veriex, front, tempes, occiput; d'autres fois, il s'agit de chocs violents au niveau de la colonne verlébrale, sur les membres ou l'abdomen. Dans presque toutes les observations, le traumatisme a créé des lésions graves; souvent il existait une fracture du crâne. C'est ainsi que les