GOUTTE, OBÉSITÉ:, RHUMATISME CHRONIQUE
chutos d'un lieu élev»- sont souvent notées comme causes de lésions tiaumaliques diabétogènes.
La glycosurie a été conslalée parfois vingt-quatie à quarante huit heures après l'accident; en tout cas, elle apparaît dans la semaine qui suit l'accident. Néanmoins certains auteurs nhésitent pas à rattacher au traumatisme un iliabète qui apparaît au bout de cinq mois ftJrouardel et lîichardirre , au bout de quatre ans Frerichs . Sur les 2d cas rassemblés par Brouardel et Richardière, le sucre est apparu dans les urines 20 fois avant la fin du deuxième mois.
11 faut donc distinguer deux formes de diabète traumatique : le diabète précoce, qui survient dans les premiers jours après l'accident et qui comporte un diagnostic bénin; le diahete turdif, qui apparaît au plus tôt un mois après le traumatisme, et qui, plus rebelle, comporte un pronostic grave. Dans les deux cas, la syinptomatologie ne dilfère guère de celle du diabète spontané que par une accentuation plus marquée des symptômes nerveux.
Diagnostic médico-légal. — De lensemble des faits que nous venons de rapporter se dégage cette conclusion quau point de vue clinique il n'est pas illogique d'admettre qu'un traumatisme puisse, dans certains cas, créer de toutes pièces le diabète, plus souvent provoquer son apparition chez un sujet prédisposé.
Au point de vue médico-légal, les choses sont plus complexes. Le blessé doit faire la preuve que sa maladie est d'origine traumatique, et, ignorant l'état antérieur, le médecin expert peut difficilement apporter cette preuve. Certes, lorsque le malade examiné avant l'accident ne présentait aucun symptôme diabétique, et que, dans les jours qui suivent, la glycosurie apparaît brusquement, l'origine traumatique du diabète est certaine. .Mais, quand le diabète évolue d'une fat-on latente pendant des mois, occasionnant une asthénie progressive, quand la glycosurie n'est découverte qu'au bout de six mois, un an et plus, les relations qui unissent la maladie au traumatisme sont difticiles à préciser.
Dans d'autres circon.?tances, l'existence du diabète avant l'accident est établie, et le médecin est appelé à apprécier seulement l'aggravation que le traumatisme a imprimée à la maladie.
§ 2. — Goutte, obésité, rhumatisme chronique.
D'une façon générale, il est certain que loulL-sle-^ maladies infectieuses ou toxiques qui succèdent aux traumatismes exercent sur la nutrition une influence déprimante et accroissent les troubles de nutrition qui existaient déjà avant l'accident.
C'est pourquoi, chez les goutteux, le Irauma a souvent pourcon-
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séquence l'apparition d'un accès de goutte aiguë; blessé au pied par une balle, Garibaldi eut, dans les jours qui suivirent, une crise articulaire.
Le séjour prolongé au lit, nécessité par le traitement des blessures, peut à lui seul iniluencer la nutrition d'une façon aussi défavorable que les complications infectieuses ou toxiques des plaies, chez des individus qui ne se maintiennent en bonne santé que grâce à l'exercice physique continuel.
Donc le traumatisme peut aggraver l'évolution de la goutte, exagérer la richesse de l'organisme en graisse; mais il est loin d'être démontré qu'il soit capable de créer la goutte, lobésilé, chez des sujets non prédisposés.
De la même façon, la contusion d'une articulation est capable de réveiller une poussée articulaire chez un rhumatisant chronique, de localiser le processus morbide sur une jointuie jusque-là indemne; mais il est douteux quelle puisse être la cause du rhumatisme chronique progressif.
Au contraire, les formes monoarticulaiies, telles que les arthrites sèches crépitantes, affectent dans certains cas avec le traumatisme des rapports plus étroits.
§ 3. — Cancer et traumatisme.
Si l'on réfléchit à la fréquence avec laquelle le médecin voit, dans sa clientèle privée, incriminer le traumatisme comme cause du cancer du sein, du cancer de l'estomac, dans des circonstances où, aucun intérêt n'entrant en jeu, les malades sont de bonne foi, on comprendra pounjuoi, en médecine légale, se pose si souvent, à propos des accidents du travail, la question des rapports entre le cancer et le traumatisme.
En ce qui concerne les traumatismes minimes, mais répétés, les irritations continuelles, il semble acquis qu'ils ne sont pas sans inlluence sur la genèse du cancer. Certes ils ne peuvent créer de toutes pièces le cancer ; un autre élément parasitaire ou dyscrasique est nécessaire à son apparition. Au moins peuvent-ils, à eux seuls, engendrer l'adénome, qui est le premier stade de l'épithélioma, et contribuer à localiser ainsi en une région de l'oi-ganisme le processus cancéreux.
;\Iais il est exceptionnel que les traumatismes répétés soient incriminés par les ouvriers cancéreux, qui invoquent comme cause de leur maladie un traumatisme unique, plus ou moins violent.
L'expert devra faire o-uvre de clinicien pour mettre hors de dis-