CANCER ET TRAUMATISME
cussion les ras où le traumatisme n'a agi que comme cause révélatrice (l'un cancer latent. Le mauvais étal desanlé de l'ouvrier avant l'accident, la constatation peu de temps après d'une tumeur volumineuse, l'existence dadénopathies, signe d'vuie projtagation à distance du cancer, sont des symptômes qui prouvent nettement que, si le traumatisme a pu révéler le cancer, accélérer même son évolution, il n'a en aucune façon provoqué son apparition.
Suiiout lorsque la moi-t a suivi de \niis le traumatisme, la responsabilité du patron est engagée; elle ne saurait être que très partielle, puisi|ue l'accident n'a eu pour etl'et que d'avancer de quelques mois la moil, qui était fatale. Au contraire, en l'absence de diagnostic clinique, l'autopsie, lorsqu'elle est ordonnée, en révélant la cause véritable de la mort, est susceptible de diminuer singulièrement la rente que le patron peut êtie condamné à verser aux héritiers.
Restent les cas où le cancer est apparu manifestement un temps plus ou moins éloigné après l'accident. Suivant les idées que professe chaque auteur sur la place qu'occupe le traumatisme dans l'étiologie du cancer, les relations de cause à elfet entre l'accident et le cancersont admises avec plus ou moins de facilité. C'est ainsi qu'alors queLeugnick note 2 lois sur 100 l'origine traumatique dans l'ensemble des cancers, Boas arrive à la proportion beaucoup plus considérable de 15 p. 100. Si tous les auteurs pensent qu'un traumatisme violent est nécessaire pour aflirmer l'origine traumatique d'un cancer, les uns exigent (jue la tumeur soit apparue dans l'année qui a suivi, alors que les autres relient encore à l'accident les épithéliomas qui débutent au bout de deux et trois ans, à condition toutefois que la tumeur siège dans la région contusionnée.
Au point de vue médico-légal, il ne faut pas oublier que, pour avoir droit à l'indemnité, l'ouvrier doit prouver que la maladie dont il est atteint est la conséquence directe ou distante du traumatisme. Or, si certains médecins considèrent comme vraisemblable l'origine traumatique du cancer, il n'en est aucun qui puisse, à l'heure présente, en aflirmer la possibilité.
L'expérimentation n'a-t-elle pos toujours échoué non seulement pour provoquer le cancer par traumatisme, mais même pour favoriseï- parle traumatisme l'apparition du cancer, alors qu'une grelle cancéreuse chez l'animal semblait réaliser les conditions les plus propices ?
A moins que le traumatisme n'ait élé suivi d'une lésion chronique infectieuse créant une irritation continuelle de l'organe (cancer du sein succédant à la uiammite chronique, cancer de l'estomac greffé
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sui" un ulcère tiaumatique), nous nous l'efusons, pour noli-e part, à admettre la relation de cause à efTet entre la contusion, si violente soit-elle, et l'épithélioma consécutif.
Mais ces conclusions ne sont certes pas exactes pour toutes les variétés de tumeurs malignes. 11 est bien certain que le traumatisme joue un rôle plus net dans Téliologie des sarcomes et des ostéosarcomes. Dans une statistique de (iross, sur t44casd'ostéosarcomes, le traumatisme serait intervenu 63 fois d une façon très nette, soit 43 p. 100. Jointe aux observations déjà anciennes, mais probantes, de lîroca, de Stick, de lîuiette, cette statistique conduit à formuler pour les sarcomes des conclusions tout à fait opposées à celles que nous avons indiquées pour les épithéliomas, relativement à liiifluence possible du traumatisme sur la genèse de la tumeur.
Tel est l'état actuel de la question des rapports entre le cancer et le traumatisme. Que le médecin expert soit modeste et prudent dans ses aftirmations; la moindre découverte sur létiologie des tumeurs malignes serait capable de modifier du tout au tout nos appréciations.