A. SIGNES SPECIAUX AU PREMIER COIT
Ils consistent surtout dans les modifications apportées à la membrane hymen, plus .rarement dans ]e^ blessures des autres parties génitales.
Le premier coït, en effet, détermine ordinairement une ou plusieurs déchirures de l'hymen (défloration)'; mais il arrive aussi, assez fréquemment, que cette membrane résiste à un et même à plusieurs coits sans se déchirer.
Hymen non déchiré. — Il est actuellement bien éta.bli que l'hymen peut souffrir le coït même répété, sans se déchirer. Il nous a été donné d'observer ce fait chez une femme qui faisait métier de prostitution, et nous n'avons aucun doute que nombre d'accoucheurs ont eu l'occasion de constater un hymen encore intact au moment de l'accouchement.
L'intégrité de l'hymen tient alors à l'une des causes suivantes :
a). [Résistance trop grande de cette membrane, si bien que le
membre viril ne fait que la refouler; ou bien encore, comme le fait remarquer Brouardel, la femme se prêtant plus ou moins volontiers à un rapprochement sexuel, par crainte de grossesse, la verge ne pénètre que d'une façon incomplète. Il y a, en d'autres termes, coït Vaginal; malgré cela, le spermatozoïde peut pénétrer à travers l'orifice hyménéal.
Chez les petites filles, l'intégrité de l'hymen à la suite du coït, tient surtout à l'étroitesse des parties génitales, qui s'oppose à l'intromission de la verge jusqu'à lui.
b) . Conformation spéciale de la membrane ayant permis l'introduction vaginale de la verge «ans lésion aucune : hymen à orifice C'( ngénitalement large, surtout les formes labiée, à lambeaux, en bourse, ou à orifice dont la dilatabilité est facile.
En résumé, on peut dire que si l'intégrité de rii)Tmen est la plus grande preuve de la virginité, elle n'en constitue pas une preuve absolue.
Hymen déchire. — Le premier coït, avons-nous dit, a pour conséquence normale ou ordinaire la rupture de l'hymen, en d'autres termes, la défloration, qui est le signe le plus important qui puisse révéler le viol. (C'est dire que l'expert devra étudier avec beaucoup de soin les caractères de cette rupture, de même que les 'causes qui ont pu la produire.
a). CARACTERES DE LA DECHIRURE HYMENEALE.
Etendue. — La déchirure de l'hymen peut être complète ou incomplète, c'est-à-dire intéresser une partie plus ou moins grande de la hauteur de la membrane, mais toujours à partir du bord libre.
Notons, en passant, que l'encoche congénitale n'afteint qu'exceptionnellement» jusqu'à l'insertion vaginale de l'ymen.
Nombre. — ■ La déchirure peut être unique ou multiple, tout comme l'encoche naturelle, rencontrée sur le bord libre de l'hymen vierge.
Siège. — D'après Tourdes, l'hymen labié se déchirerait de haut en bas, laissant intacts les deux grands lambeaux latéraux; l'hymen semi-lunaire se diviserait en deux points symétriquement situés à la base des cornes du croissant; enfin l'hymen annulaire se fenderait en quatre lambeaux assez réguliers. Il ne semble pas cependant qu'aucune règle fixe puisse être établie touchant le siège des déchirures dans les diverses formes de l'hymen. D'ailleurs, il est certain que ce n'est pas tant la forme de l'hymen que la résistance inégale de ses diverses parties, qui commande le siège des déchirures.
On a prétendu d'autre part, que les encoches congénitales avaient une disposition symétrique; c'est là une assertion qui n'est nullement démontrée par l'observation. Aussi, est-ce une chose excessive-
ment délicate sinon impossible, de porter un diagn< ongénil i n ochee t raumatiq
Epoque. La déchirure peul être ancienne ou récente.
La déchirure récente esl de onstatal ion facile, • ■
lien immédiatement après l'attentat. !.«■ gonflement, la rongeur, le
:• -mu! 'Ht sanguinolent des bord* de la p ont non
seulement de la reconnaître mais encore de conclure qu'eKe est do date récente.
[/hémorrhagie, ordinairement peu abondante, qui fréquemn a lieu à la suite du premier coït, reste encore dans la cri • po-
pulaire. Le signe nécessaire de la virginité. Or, doué ; que la
déchirure de l'hymen n'a pas toujours lieu; on s plus que
morrhagie peut être minime au point de passer inaperç >n abon-
dance dépendant de la richesse vasculaire de la membrane, de T« due de la déchirure, enfin de certaines dispositions pathologiques individuelles. Dans certains ras rares, cependant, l*hémorrhag(ie prend un caractère tellement grave qu'elle nécessite l'intervention du decin.
Il est clair qu'avant de rapporter lTiémorrhagie â une déchirure de l'hymen, il faut exclure toute autre source et en particulier, la menstruation.
La douleur causée par la défloration est ordinairement légère et peut même manquer quelquefois. La douleur violente accusée dans certains cas, parait due à une hyperesthésie particulière d région vulvo-vaginale (vaginisme).
La guériison des déchirures de l'hymen survient généralement au bout de trois ou quatre jours; mais l'infection de la plaie, celle surtout d'origine gonococcique, peut la retarder notablement. Cette guérison peut s'opérer de deux manières: 1° par affrontement des lambeaux avec formation, au point de réunion, d'une ligne cicatricielle, blanchâtre, facilement décelable; 2° sans affrontement des lambeaux et partant sans cicatrice : les bords restant isolés, se couvrent d'une muqueuse analogue à celle des régions voisines. Cette dernière manière est celle observée dans la majorité des cas; elle donne lieu à une ou plusieurs encoches (suivant le nombre de déchirures) qui ne diffèrent guère des encoches naturelles, rencontrées sur l'hyi men vierge.
On demande souvent à l'expert de vouloir bien fixer la date de la défloration. A cette question évidemment fort difficile, il ne saurait être répondu plus prudemment qu'en disant : la défloration est récente ou ancienne.
b). CAUSES DES DECIIIEUEES DE L'HYMEN. Toutes les fois que l'expert se trouve en présence d'un hymen dédhiré, il devra se rappeler que, à part le coït, il existe d'autres causes capables de déterminer cette lésion, ce sont:
1° L'introduction violente des doigts ou autres corps étrangers: carotte, épingle à cheveux, quenouille, etc., par une personne étrangère, dans un but de. masturbation ou de préparation au coït.
On n'admet guère en dehors de l'aliénation mentale, que l'onanisme (masturbation solitaire) digital ou exercé à l'aide d'un objet quelconque, puisse être poussé jusqu'à la défloration, à cause de la douleur que celle-ci provoque. Une telle manoeuvre pourrait tout au plus dilater progressivement l'orifice hyménéal et en excorier les bords.
2° Le traumatisme accidentel tel qu'une chute sur les parties génitales et contre un oh jet dur et saillant. (Cependant cette cause ne saurait être admise que s'il existe en même temps que la déchirure de l'hymen, des lésions contusives des parties génitales a voisinantes Il a paru inadmissible à la plupart des auteurs que lecartement brusque des cuisses, l'usage de la bicyclette, l'écmitation, la chute même sur les pieds ou sur le siège sans heurt direct des parties génitales, puissent occasionner une déchirure de l'hymen.
3° Les processus ulcéreux ou gangreneux de la vulve et du vagin, consécutifs surtout à la diphtérie, à la rougeole, aux affections vénériennes, etc. L'aspect des lésions, l'état de marasme dans lequel se trouve l'enfant, son histoire antérieure, suffisent d'ordinaire à faire éviter toute erreur de diagnostic.
En dehors des déchirures de l'hymen, on rencontre parfois à la suite du (premier eoït, des lésions des autres parties génitales : vulvite, déchirure de la fourchette, déchirure des petites lèvres et plus rarement rupture du périnée, ou même des culs-de-sac vaginaux. On conuprend que de tels traumatismes puissent parfois causer la mort.
•Chez les petites filles, ces lésions s'expliquent par l'étroitesse des voies génitales; aussi sont-elles d'autant plus accentuées que l'enfant est plus jeune. Au -dessons de 6 ans, la verge ne peut pénétrer et ipar conséquent le viol est impossible; de 6 à 11 ans, l'intromission complète de la verge ne saurait avoir lieu sans déchirer à la fois l'hymen et les parties ^voisinantes. A partir de 11 ans, la pénétration de la verge a pour effet de déchirer complètement l'hymen, mais avec un minimum de dommages aux autres parties génitales; enfin chez la fille vierge adulte, le coït détermine ordinairement la rupture de l'hymen, mais ce n'est que dans des cas exceptionnels (conformation anormale des parties, position anormale prise pour accomplir l'acte sexuel, brutalité excessive du violateur)' que les autres (parties génitales sont lésées dans le coït.
iMais ce n'est pas, même chez l'enfant, le coït qui est la cause ordinaire des lésions génitales, extra-hyménéales. La vulvite simple ou catarrhale, si fréquente chez l'enfant, est encore due au mauvais hygiène, à un état général défectueux, à l'onanisme même; les déchirures, ruptures, ecchymoses, etc., des voies génitales, ont encore et
surfont pour origine, l'introduction i d'un <-orps
étranger quelconque, plus rarement an heurt direct (chute par exemple), tout à fait accidentel; tantôt, chez l'enfant surtout, ■ • lésions sont préparatoires au coït, tantôt elles sont le résultat d'u passion sadique.