‹ Précis de médecine légaleChapitre 122 sur 273 · LA FEMME EST-ELLE ENCEINTE · texte numérisé non relu

LA FEMME EST-ELLE ENCEINTE

Si, dans la pratique obstétricale, cette question est relativement facile à résoudre; il n'en est pas toujours ainsi en médecine légale. L'expert en effet, se trouve en (présence d'une personne qui a intérêt à tromper, c'est-à-dire, à simuler ou à dissimuler, selon le cas, sa grossesse; aussi ses déclarations, qu'en langage obstétrical on appelle signes subjectifs, doivent-elles être tenues pour suspectes.

Si u:i premier examen ne suffit pas, l'expert devra le renou-

Jrtt)

vêler, <t sj malgré tout, il con toutes, le rnieui sera d<

exposer franchement ou d'attendre l'accentuation des sigi

Il y a lieu ici d'apprécier la valeur de* signe* de la gro après quoi, il Bera peul être utile de rappeler quelques-unes au m des circonstances qui donnent Daiaaance au

a) APPRECIATION DES SIGNES DE L 1 QBO /..

Non- n'avons pas .1 entrer dans les détaili nant ces signes, on les trouvera d'ailleurs dans les traiti i '''-trieaux.

Signes de probabilité. Parmi les Bignea de probabilité, les ■ m comme le changement de caractère, tes troubles Bympathiq nausées et vomissements, etc., .n'ont aucune valeur parée qu'ils peu> vent être facilement simulés ou dissimulés par la femme; les aul comme la suppression des règles, l'état des seins, les changements lis /par l'utérus, sont aussi des signes trompeurs.

Outre, par exemple, le l'ait que l'existence ou l'absence des gles sera incontrôlable par l'expert, les menstrues sont au poinl vue médical, un signe qui n'a que -peu de valeur. Certaines fem sont réglées pendant toute la durée 'de leur grossesse; d'autres, lurant les premiers mois feulement ; quelque— une- deviennent plusieurs fois enceintes sans avoir jamais été réglées; il est enfin de nombreux états pathologiques qui peuvent amener la suppression des : s

/Pour ce qui est des modifications généralement rencontrées aux seins pendant la grossesse, leur appréciation par l'expert n'est pas facile. Les seins deviennent plus volumineux dàs le début de la s gesse; mais ce gonflement n'est souvent appréciable que par la femme elle-même. Le mamelon ainsi que son aréole, de couleur rosée chez, la jeune fille, se pigmentent dès la première grossesse. Ce signe n'est donc d'aucune valeur chez la multipare; et bien plus, il .peut exister naturellement chez les personns brunes, en dehors de toute grosenfin il est presque toujours absent pendant la grossesse chez les f Mîmes blondes. Les tubercules de Montgomery s'hypertrophient, mais de façon inconstante. La isecrétion lactée (colostrum) devient manifeste dans les trois derniers mois chez la primipare, mais plus tôt chez la multipare; elle peut exister en dehors de la grossesse, par exemple, chez des jeunes filles vierges.

Les modifications subies par l'utérus consistent dans un affaissement, au début; le col est plus gros et iplus mou, mais ne commer -e à s'effacer et à se dilater que dans les derniers quinze jours de la grossesse. Le corps utérin reste caché dans le petit bassin pendant les trois oremiers mois; à quatre mois il dépasse légèrement le pubis et à sept mois, il a dépassé l'ombilic. Sa longueur, d'environ sept centimètres à l'état normal, est en moyenne de trente-cinq centimètres au neuvième mois.

On peut encore signaler comme signes maternels moins importants, l'état congestif de la muqueuse vaginale, le développement progressif de l'abdomen, la pigmentation de la ligne blanche abdominale, enfin les vergetures qui n'apparaissent que dans les derniers mois.

Signes de certitude. Ce sont: le ballottement ou mouvements passifs du foetus, les mouvements actifs du foetus, les battements du coeur foetal et le souffle utérin.

1° Ballottement. — La condition nécessaire à la production du ballottement, est la présence dans la matrice d'un corps solide mobile au milieu d'un liquide. Ce signe est d'une très-grande valeur et se manifeste surtout du quatrième au sixième mois.

2° Mouvements actifs du foetus, — [Lorsque le foetus a acquis un certain développement, il peut exécuter certains mouvements perçus d'abord par la mère et plus tard par une main étrangère. Ces mouvements apparaissent d'ordinaire vers quatre mois ou quatre mois et demi ; mais ils peuvent se% montrer beaucoup plus tard et parfois même manquer complètement.

3° Battements du coeur foetal; souffle utérin. — Le souffle utérin dépend de la mère et est dû au passage du sang dans les sinus utérins; il est isochrone au pouls de la mère et peut être perçu dès le quatrième mois.

Les battements du coeur foetal donnent, la certitude absolue de l'existence de la grossesse; niais pour certaines raisons telles que, position défectueuse du foetus, épaisseur de la paroi abdominale, abondance de liquide amniotique, etc., ils peuvent ne pas être perçus et leur absence n'indique pas d'une façon absolue ni la non-existence de la grossesse, ni la mort 'du foetus. Le pouls foetal bat le double de celui de la mère.

(h)— FAUSSES GROSSESSES.

On rencontre plus souvent des femmes qui dissimulent leur grossesse que des femmes qui la simulent.

La grossesse peut être simulée dé mauvaise foi, par exemple, dans tin but de succession, de chantage, etc., mais la chose est plutôt rare; jj. est plus fréquent de rencontrer de fausses grossesses confondues de bonne foi — même par le médecin — avec des grossesses réelles. Cette erreur a surtout lieu à l'occasion d'états pathologiques tels que, hydropisie, kyste de l'ovaire, simple ballonnement gazenx de l'intestin, troubles mentaux, etc.

Page 1