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II. MOYENS MECANIQUES

On peut les diviser en petits moyens ou manoeuvres préliminaires, et en grands moyens ou manoeuvres abortives vraies.

Mxino&uvres préliminaires. — La plupart des femmes qui cherchent à se procurer une fausse couche, essaient d'abord quelques moyens à vogue populaire, mais dont l'action sur l'évolution de la grossesse est d'ordinaire fort inefficace. Ce sont des imprudences, des fatigues, la danse, des sauts, des chutes, une forte constriction du corset, des lavements, des bains généraux répétés, des pédiluves irritants, etc. Ces moyens qu'on pourrait appeler préparatoires, ne sauraient agir que chez les femmes très-prédisposées.

Manoeuvres abortives vraies. — L'attaque est ici dirigée contre l'utérus ou contre l'oeuf lui-même, mais les manoeuvres peuvent être scit externes, soit internes.

Parmi les manoeuvres externes ou indirectes, il faut compter les traumatismes ordinaires et la friction ou massage sur le ventre.

Il n'y a pas de doute que les traumatismes extragénitaux, volontaires ou accidentels, puissent provoquer l'avortement; ils ont d'autant plus de chance de succès qu'ils portent sur une région plus voisine de l'utérus, par exemple, sur la paroi abdominale ou sur le siège : coup d.i pied sur le ventre, chute de haut sur le siège, écrasement, etc. Le traumatisme accidentel servira souvent d'excuse à la femme pour dissimuler un autre moyen abortif. Pour apprécier la valeur de cette excuse, l'expert se rappellera d'abord que les traumatismes les plus graves n'entraînent pas nécessairement une fausse couche; que, en outre, lorsque celle-ci a lieu, le délai entre le traumatisme et l'expul-

«♦'on du foetus est fort variable. 'C'est évidemment dans le cas d'un long délai que la relation de cause à effet sera plus difficile à établir; on ne saurait admettre cette relation que lorsque les douleurs, riiémorrhagie, ou autres signes annonçant il'avortement, se sont produits peu de temps après le traumatisme pour se continuer jusqu'à l'expulsion.

Le massage, les frictions, le pétrissage de l'utérus à travers la paroi abdominale, sont des moyens souvent employés en pratique obstétricale pour activer les contractions utérines lorsqu'elles sont lentes ou trop faibles; mais il paraît que ces moyens sont incapables d éveiller ces contractions si elles n'existent pas déjà. .

Les manoeuvres abortives internes portent directement sur l'utérus ou sur l'oeuf lui-même; ce sont: 'la douche vaginale, le tamponnement vaginal, les traumatismes de la surface externe <du col, la dilatation du col, île décollement des membranes, la ponction des membranes, le eurettage utérin.

Les trois premiers procédés sont d'une efficacité inconstante. La douche vaginale est chaude et contient quelquefois une substance irritante; elle agit en traumatisant le col et conséquemment, en amenant la contraction utérine; elle est surtout efficace dans les derniers mois de la grossesse ; les séances doivent être au moins de dix à quinze minutes, répétées plusieurs fois par jour pendant plusieurs jours consécutifs. Il est établi que les traumatismes exercés sur la surface externe du col au moyen d'un instrument, des doigts, ou de la verge (coït brutal), peuvent parfois amener l'interruption de la grossesse.

La dilatation du col se fait rarement avec le doigt, mais plutôt avec des mèches de gaze, une éponge, des tiges de laminaires, etc. L'opération est longue et exige d'ordinaire plusieurs séances.

Le décollement des membranes, leur ponction et le eurettage utérin sont trois procédés qui agissent sur l'oeuf lui-même.

Le eurettage ne peut avoir lieu que dans les trois premiers mois •le la grossesse, et il exige une habitude et des connaissances techniques que seul le médecin possède. A.ussi est-il peu employé par les avorteurs ordinaires.

Le décollement et la ponction des membranes sont des procédés de choix, très-prompts et très-sûrs, pour produire l'avortement criminel. Ils sont maniés surtout par un opérateur étranger; mais la femme elle-même peut, sans l'aide de complice, les employer avec succès et ses chances de réussir sont d'autant plus grandes que sa matrice est p^us accessible, c'est-à-dire plus abaissée, et le col utérin normalement plus ouvert comme chez la multipare.

La ponction des membranes de l'oeuf peut se faire à l'aide des instruments les plus divers, pourvu toutefois qu'ils soient assez longs, suffisamment étroits et résistants, pour pouvoir atteindre et pénétrer le col. On compte parmi les plus usités: des cathétères, des sondes

élastiques dea aifuillei S fricoter, de é chapeaux, des ci-

Beaux, des tiges en bois, dea plumée d'oie, el

Le décollement dea membranea a lieu, soit à l'aide d'un instrument Laissé plua ou moine à demeure c'est la un fréquemment employé par la femme elle même, mais qui pn trop d'inconvénients pour l'opérateur étranger -, soit au moyen d'injections intra-utérineB. La sûreté de, ce dernier procédé, sa facilité d'exécution, le peu de doulenrra auxquelles il donne lieu (l'opération pont être faite sans que la femme s'en doute, elle fubi qu'un toucher vaginal), enfin la difficulté d'en établir la pr oVvant les tribunaux, expliquent aa vogue actuelle parmi no tours de profession.

Le liquide injecté est de l'eau pure ou un antiseptique quel que à base de glycérine surtout. Une injection est parfois suf-

fisante, surtout lorsque la quantité de liquide injeci ;ite.

La position gynécologique pas ordinairement donnée à la

Femme par l'opérateur, rarement aussi fait-il usage du spéculum. 11

introduit dans le vagin de la femme qui. peut être debout, assise, ou couchée, un ou deux doigts qui servent à diriger l'instrument jusqu'au col utérin.

ARTICLE IL

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