SIGNES CADAVERIQUES GENERAUX DES APIIYXIES MEC 'A NIQUES
Il existe une grande analogie dans les signes cadavériques, quelque soit la variété d'asphyxie que l'on observe. Ces signes fort nombreux doivent être examinés successivement à l'extérieur du cadavre et du côté des organes.
§ I. Signes externes. On observe souvent de l'écume à la bouche avec projection au dehors de la langue, de l'exophtalmie, enfin de la cyanose de la face. Ce dernier signe manque surtout dans les cas de pendaison et de submersion, tandis qu'il peut se rencontrer dans les asphyxies qui ne sont pas d'origine mécanique: épilepsie, certaines intoxications, etc. Des ecchymos .;enr au
niveau des conjonctives palpébrales et oculaires, et à la peau: faee, cou et thorax, etc; elles ont la forme de petits points dont la coloration très-foncée tranche nettement sur les lividités elles-mêmes; elles sont particulièrement fréquentes dans la strangulation et la suffocation par compression thoracique.
La théorie relative à la formation de ces ecchymoses ponctuées sera exposée plus loin, lorsque nous les étudierons sur les viscères;
rappelons simplement qu'elles ne sauraient être confondues avec les ecchymoses traumatiques qui, elles, sont toujours moins nombreuses, de forme moins nette et de dimension beaucoup plus grande.
On admet généralement aujourd'hui que Fhypostase est susceptible d'agrandir les ecchymoses; mais on admet plus difficilement qu'elle puisse les créer de toute pièce. Des expériences déjà anciennes faites par Engel (185-1) et plus tard par H aborda sembleraient démontrer la possibilité de la formation d'ecchymoses hypostatiques; mais Lcsser, Maschka, Hofmann et la plupart des auteurs modernes se déclarent tout à fait opposés à cette opinion.
De même -que la cyanose de la face, les ecchymoses ponctuées des conjonctives et de la peau des parties supérieures du tronc peuvent se rencontrer dans différents états morbides, tels que, l'épilepsie, la coqueluche, etc.
Les lividités cadavériques sont en général précoces et très étendues dans les asphyxies d'origine quelconque (mécanique ou autre). La fluidité du sang dans ces cas, comme d'ailleurs dans tous les cas de mort subite, suffit -à expliquer ce fait.
§ IL Signes profonds. On observe des modifications du côté du sang ainsi que de la congestion et des ecchymoses des viscères.
a. Etat du sang. — La coloration noire du sang dans les asphyxies aiguës — l'asphyxie oxyearbonée exceptée — a été signalée depuis longtemps. Elle est due à la disparition de l'oxygène pendant l'agonie et même après la mort qui ne fait pas cesser immédiatement les oxydations. iCe caractère du sang n'est donc pas particulier aux asphyxies et d'ailleurs, la putréfaction finit toujours par le déterminer chez tous les cadavres quelqu'ait été le genre de mort,
La fluidité du sang s'observe aussi chez tous les asphyxiés, mais ce caractère n'est pas absolument constant, puisque parfois, on rencontre dans le coeur des caillots lâches et noirâtres, fait qu'explique la plus ou moins longue durée de l'agonie.
La fluidité du sang se retrouve, en outre, chez les sujets qui meurent subitement et même — quoiqu'assez rarement — chez ceux qui succombent d'une façon lente à la suite de certains états morbides tels que, l'ictère grave, etc.
b. Congestion viscérale. — La congestion pulmonaire est presque de règle chez les asphyxiés, et son intensité peut aller jusqu'à l'apoplexie, c'est-à-dire, à la formation de foyers hémorrhagiques plus ou moins volumineux.
Elle s'explique par le vide que produisent dans les poumons les vains efforts d'inspiration, vide qui est immédiatement comblé par le sang.
On retrouve encore de la congestion bien que d'une façxm très inconstante, du côté du cerveau, des méninges, de la muqueuse
de la du phar afin parfois du
dominaux.
La gesi ion pulmona
m / 1 n ru. • d'autant plus abondant que la m< i*omme il arrive par exemple dans l< l'< • truetioii ineom*]
spiratoires. On trouve la trachée, les bronches el les alvi
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Les cloisons alvéolaires éclatent sous la violenc effort- :espiratoires, et l'air en pénétrant dans Les i tifa, forme sous la plèvre, des plaque- incolores qui se d< ' une pression légère.
c. Ecchymoses viscérales. — L raies d3
gine asphyxique se présentent sous deux; formes difféi : les
unes, petites, arrondies, mises en lumière d'abord par Tardieu et que, pour cette raison, on désigne sonveni le nom de taches
je Tardieu; les autres de dimensions beaucoup plus grandes, irrégulières, linéaires ou incurvées, et portent le nom de suffusions sanguines.
Le siège de prédilection de ces ecchymoses est la plèvre pulmonaire sous laquelle elles apparaissent en nombre fort variable, notamment sur les bords internes des poumons, à leur base et entre les lobes. Le péricarde cm est. toutefois rarement exempt, et on remarque qu'ici, leur siège habituel est à la face antérieure du coeur, près de la racine des gros vaisseaux.
Dans l'asphyxie des nouveaux-nés, le thymus est le plus souvent couvert d'ecchymoses ponctuées.
Enfin ces ecchymoses peuvent encore se rencontrer sur la muqueuse des voies respiratoires, sous le péricrâne, à la surface du foie et des intestins, sur les méninges cérébrales, etc. Leur fréquence est plus grande dans l'enfance et chez la femme que dans l'âge adulte et chez le vieillard, sans doute à cause d'une plus grande fragilité des capillaires chez les premiers.
D'après des expériences faites sur les animaux par MM. Brouarcel et Descout, l'apparition de ces ecchymoses se ferait instantanément et en une seule fois, durant le second, staide de l'asphyxie, par conséquent au moment où la gêne respiratoire atteint son maximum. Ce fait semble indiquer que cette gêne est la cause immédiate de la formation des ecchymoses; il n'en est rien eepen-
dant, puisque, comme nous le verrous plus loin, nombreux sont les cas où ces mêmes ecchymoses apparaissent spontanément, sans qu'il soit possible d'invoquer une gêne quelconque -de la respiration.
La théorie aujourd'hui admise et d'ailleurs la seule qui s'apiplique à la majorité des cas, est celle de l'élévation de la pression artérielle : Toutes les fois qu'il se produit une excitation du centre vaso-moteur situé dans le bulbe, que cette excitation soit due au sang asphyxique: asphyxies mécaniques ou autres (tétanos, épilepsie, éclampsie, etc.,b qu'elle soit due à des .poisons hypertensifs : ergot ii gitale, etc., bu à une action soit directe, soit indirecte: traumatismes cérébraux, ' commotion cérébrale, etc., les petits vaisseaux se contractent et la pression sanguine s'élève jusqu'au point d'amener l'éclatement des capillaires et partant, la formation d'ecchymoses ponctuées.
On admet que les ecchymoses viscérales sont de règle dans les asphyxies d'origine quelconque et particulièrement dans celles de causes mécaniques, cependant il n'est pas rare de les voir manquer complètement même dans les cas apparemment les plus favorables à leur production, tels entre autres: la strangulation, la suffocation par occlusion des orifices respiratoires, la compression du thorax et l'enfouissement.
On les a enfin observées dans un grand nombre d'états pathologiques qui excluent toute possibilité d'asphyxie comme, par exemple, à la suite de grandes traumatiemes, tels qu'écrasement, chute d'un -li eu élevé, etc; dans les maladies hémorrhagiques telles que, scorbut, hémophilie, purpura, ictère grave, etc; dans les infections générales comme la variole, la diphtérie, la fièvre typhoïde, etc; dans certaines intoxications alimentaires; dans la plupart des poisons minéraux ec végétaux; enfin dans les lésions en foyer du système tierveux central, dans les morts rapides par le froid, la chaleur, etc.
Les ecchymoses sous-pleurales sont difficiles à apercevoir lorsqu'il existe en même temps une congestion pulmonaire intense; l'insufflation des poumons pourra être alors d'un bon secours. Il est inutile de les rechercher lorsque les plèvres sont complètement adhé- - rentes. Elles résistent longtemps à la putréfaction.
Le diagnostic entre les ecchymoses spontanées et celles d'origine asphyxique est impossible, car les unes et les autres sont tout A fait identiques. Quant aux ecchymoses traumatiques, leur large étendue, leur siège au voisinage immédiat de la région traumatisée, leur nombre toujours très limité, empêcheront de les confondre avec les précédentes.
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ETUDE 8PEC1 \l.i: DES ASPHYXIES MECANIQl :
[j quai re genre de mort Buiva d'asphyxie mécanique: la pendaison, la strangulation, La suffo et La submersion.
Si maintenant, pour La facilité de I -uni-
Ions ces différents genres de mort aux ma eut
leur trouver des causes, des symptômes. d< in un dia-
gnostic.
ARTICLE I