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V. ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU PENDU

Elle comprend l'examen extérieur du cadavre et l'autopsie.

a. Examen extérieur. — Il consiste !à noter :

1° La position respective de la tête et de la corde: la tête étant toujours penchée du côté du plein de l'anse ;

2° La coloration de la face qui peut être ou cy an osée (pendu bleu) ou pale (pendu blanc). Ce dernier aspect de la face est beaucoup plus fréquent que le premier et résulte de la suspension complète de la circulation céphalique: artérielle et veineuse, comme il arrive lorsque l'anse est en avant et le noeud en arrière. Chez le pendu b]eu au contraire, la circulation n'est suspendue complètement que dans les veines et persiste plus ou moins dans les artères d'un côté

du cou pa r exemple : lorsque le pie n de l'a rieur ;

'■> Les ecchymoses qui Boni rares, ma i- forme de pietés hémorrhag i : front, aux pauj ar-

t'-ut ((ii\ conjonctives, même chez les pendus blaifc

I La posil Ion de la Langue qui peul êl rière, soil projetée hors de la bouche

5 I & pi i / fréquente d'un peu d'écume à la bou et au nez ;

6 La présence de lésions diverses donl les uneâ

\ * • 1 1 1 résulter dun homicide, d'un suicide ou d'un accident; l'a i pitale, esl le sillon.

Le sillon esl l'empreinte laissée but le cou par le lien. Il i pas susceptible de manquer lorsque la pendaison a ét< un lien dur, excepté si l'on a interposé un objet quel : foulard,

mouchoir, etc., outre ce lien et les téguments. Le lien dur a iri t alors t'ômnle un lien mou qui souvent ne Laisse pas de sillon, ou ne la: ■qu'une trace peu visible et toujours susceptible traître.

Le nombre 'de sillons varie avec les tours du lien sur le cou. Il peut parfois y avoir deux sillons à un endroit et un seul ailleurs: c'esi qu'alors il y a eu superposition de la corde sur une partie.

Le sillon fait complètement le tour du cou si le lien est fermé et fortement serré, mais il est souvent interrompu au niveau du nœud •qui s'écarte alors des téguments.

L'interruption du sillon ailleurs qu'à ce niveau, est due, soit à l'interposition entre le lien et la peau d'objets quelconques: barbe, .foulard, etc., soit à la consistance différente des parties du lien.

La direction du sillon est oblique clans la grande majorité des cas, et lorsque l'anse est en avant — ce qui est la règle — on trouve que le sillon se dirige d'avant en arrière et de bas en haut vers le point d'attache. Le sillon horizontal, fort rare, se voit lorsque le sujet occupe la position abdominale.-

La situation du sillon est à la partie supérieure du cou, le plus souvent entre le larynx et Fos hyoide, quelquefois entre celui-ci et le menton.

La consistance du sillon a une grande importance: une consistance parcheminée ne pouvant être produite que par un lien dur, tandis qu'une consistance molle indique l'emploi d'un lien mou. Les cillons parcheminés ne disparaissent que par la putréfaetion avancée.

La largeur du sillon est exactement celle du lien, mai- profondeur dépend de Pétroitesse et de la dureté du lien, en même temps que de la durée de la suspension et de la pesanteur du corps.

La, nature du lien fst encore indiquée par le genre d'empreintes : ons, nœuds, etc., du sillon.

Il y a rarement des ecchymoses au niveau du sillon. Si toutefcis il existe deux sillons, la peau a pu alors être pincée, ce qui peut amener une petite ecchymose intermédiaire.

Pour .compléter Pexamen extérieur, il reste à noter chez le pendu comme chez les autres cadavres: la rigidité cadavérique, les lividités et la putréfaction.

Les lividités se font ici au niveau des membres inférieurs et des organes génitaux.

Si le cadavre reste longtemps suspendu, la putréfaction envahit la partie inférieure du corps, tandis que la partie supérieure a plutôt tendance à se dessécher.

b. Autopsie du pendu. — 'Cette seconde partie de l'anatomie pathologique du pendu comprend les lésions internes qui sont les unes locales, c'est-à-dire au niveau du cou, les autres éloignées, c'est-à-dire au niveau des autres organes.

Les lésions profondes du cou atteignent la peau et le tissu cellulaire sous-cutané, les muscles, les vaisseaux, le larynx et 1 os hyoïde, enfin le rachis.

La peau est amincie, tassée de même que le tissu cellulaire sousjacent. Cet amincissement laisse voir par transparence, après dissection de la peau, une ligne brillante, argentine qui est l'endroit du sillon. Dans la majorité des cas de pendaison-suicide, c'est là la seule" lésion profonde que l'on rencontre.

Les muscles qui peuvent être atteints sont les stenio-clei do-mastoïdiens, les pauciers et enfin rarement les autres muscles latéraux. Leurs lésions consistent dans des ruptures partielles ou complètes mais rarement avec ecchymoses, parce que la circulation artérielle est absente.

Les lésions des artères carotides et des jugulaires consistent dans des déchirures de leur tunique interne et plus rarement, des tuniques moyenne et externe. La carotide primitive est le lieu d'élection de ^ce^ lésions, surtout au niveau de sa bifurcation. On y trouve rarement des ecchymoses.

Les lésions de l'os hyoïde et du larynx sont assez fréquentes. Elles se rencontrent surtout chez les vieillards dont les cartilages sont ossifiés et elles sont à peu près constantes à la suite de pendaison judiciaire. Elles siègent d'abord aux grandes cornes de l'os hyoide, aux cornes supérieures et postérieures du thyroïde; enfin elles peuvent atteindre le corps même du thyroïde et du cricoïde.

Les lésions du rachis consistent dans des fractures ou des luxations des quatre premières vertèbres cervicales. Elles n'existent véritablement que dans la pendaison judiciaire.

Notons en terminant que malgré toutes ces ruptures, fractures et déchirures d'organes, il est exceptionnel de rencontrer une ecchymose,

parfois une légère suffu laire téi ro pharyngien I Brouardel).

I h li irofonde • aui res orgam

du cou, Boni celles de L'asphyxie aigui que; m

qùenl le plus souvent.

Le sang esi noir et fluide comme toujours d'aill - la

morl subite ; le coeur droii esi plein de esl ride; les [tonnions sonl congestionnés; les pi ter de petites taches ecchymotiques; La trachée et les bronch tiennent une écume blanche ou rosée; enfin des ecchymo énin-

. péricardiques ei stomacali tenl surtout dans la

justice.

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