BLESSURES DU HACHIS ET DE LA MOELLE
Les lésions du rachis telles que fracture, luxation, plaies par armes à feu, plaies par instruments piquants et par instruments tranchants, comportent 'presque toujours des lésions concomitantes de la moelle: section plus ou moins complète, contusion ou plaie contuse, ( ompression, soit par l'hémorrhagie, soit par des corps étrangers ( balles ou fragments osseux) ; mais ces complications et surtout la commotion médullaire peuvent exister sans lésion du rachis.
La commotion médullaire de même que la commotion cérébrale, peut résulter d'une violence directe: coup, chute sur le dos, ou bien
d'une violence indirecte : chute sur les pieds ou sur le siège. Elle a d'abord été observée à la suite d'accidents de chemins de fer (Kailway spine).
.Les symptômes consistent dans de la paralysie des membres supérieurs et inférieurs, de la paralysie de la vessie et des intestins, etc., tous troubles qui se dissipent rapidement, du moins dans les cas de commotion médullaire pure qui ne laisse voir à l'autopsie, aucune altération macroscopique ni microscopique de la moelle.
Mais dans la commotion médullaire grave, c'est-à-dire avec soit contusion, soit attrition de la moelle, soit déchirure des méninges, les •ymptômes déjà notés deviennent persistants et graves.
La compression de la moelle sans lésion du rachis, est toujours le résultat d'une hémorrhagie (hématomyélie traumatique) .
Celle-ci dépasse rarement le volume d'une noisette; elle siège dans la substance grise, au niveau de la colonne de Clark; enfin elle paraît se produire plus fréquemment à la région cervicale qu'aux régions dorsale et lombaire.
Les symptômes généraux des lésions traumatiques de la moelle — qu'il s'agisse d'une section, d'une compression, d'une contusion,— sont: la paralysie dans les parties situées au-dessous de la lésion, les troubles de la sensibilité (absente, exagérée ou pervertie), les troubles réflexes, les troubles de la nutrition.
La mort est la conséquence habituelle des lésions de la moelle,. et elle survient d'autant plus rapidement que la lésion est plus haut située ; par exemple, une blessure faite au-dessus des deuxième et troisième vertèbres cervicales, peut amener la mort subite par atteinte du nerf phrénique et paralysie consécutive du diaphragme.
Dans les cas où le malade a échappé à la mort, la guérison n'est pas toujours complète. Le mal Aie peut conserver certains troubles, tels que, paralysie, atrophie, etc., ou bien voir se développer après quelques mois ou même quelques années, une myélopathie bien caractérisée, telle, entre autres, la syringomyélie.