LA MORT DANS LES BLESSUÈES
La mort peut être le résultat direct ou indirect des blessuures ; elle peut en outre survenir d'une façon rapide — voire même immédiate — ou d'une façon tardive.
Les facteurs ordinaires de la mort rapide et directe sont: l'hémorrhagie, le choc, l'atteinte grave d'un organe indispensable à la vie.
La mort par hémorrhagie survient à la suite de blessures du coeur ou des gros vaisseaux, de celles du foie, de la rate et des poumons: organes particulièrement riches en sang.
La quantité totale de sang que contient l'organisme humain varie heaucouip suivant les individus, mais en moyenne elle est d'au moins trois litres.
La perte de sang peut donc, dans certains cas, atteindre ce chiffre ; mais elle ne le dépasse rarement. Des pertes de sang moins considérables cependant peuvent entraîner la mort, tout dépend de la fa-
<jon plus ou moins aiguë de rhémorrhagie : notre organisme résistant mieux à une hémorrhagie forte mais lente qu'à une hémorrhagie moins abondante, mais brusque. La syncope vient ordinairement dans ce dernier cas, mettre fin subitement à l'hémorrhagie.
Lorsque la quantité de sang épanché est comprise entre un et trois litres, on constate à l'autopsie, la pâleur des organes et notamment des poumons et du foie; l'état de vacuité du coeur et des gros vaisseaux.
Les hypostases, quoiqu 'atténuées, ne font pas, d'ordinaire, complètement défaut.
Quand ces signes existent, on ipeut dire que la mort est due à l'hémorrhagie; mais ils peuvent manquer dans des cas certain® de mort ipar hémorrhagie.
La mort par choc traumatique survient d'une façon rapide, soit à la suite de grandes blessures, soit à la suite de 'blessures plus petites mais multiples. Les lésions prises isolément ne sont pas par elles-mêmes mortelles ; mais leur ensemble explique la mort par action intense sur le système nerveux périphérique. Ce n'est ni la syncope, ni la comme tion eéréb raie .
L'atteinte grave des organes importants et notamment du cerveau, de la moelle, du coeur, des poumons, etc., peut être, soit destructive (blesssures étendues), soit fonctionnelle comme, par exemple, les Lémorrhagies, cérébrale, bulbaire, méningée; l'épanchement intrapéricardique ; le 'pneumothorax ; la pénétration de sang dans les voies, respiratoires, etc.
On se rappellera que les blessures que l'on considère habituellement et >k bon droit, comme immédiatement ou rapidement mortelles : blessures du coeur, du cerveau, des poumons, des gros vaisseaux, etc., ne répondent pas toujours à nos prévisions, en ce sens qu'elles laissent souvent une longue survie et parfois assez de force physique pour accomplir des actes qu'on serait porté" à déclarer impossibles si de nombreux exemples n'en venaient démontrer la réalité.
* La mort de cause indirecte résulte des diverses complications des blessures. Elle est parfois assez rapide, jamais immédiate, le plus souvent tardive.
Ces complications peuvent être (Thoinot) :
1° Une affection générale telle que, le diabète traumatique, la névrose traumatique, le delirium tremens, etc. ;
2° Une infection générale comme le tétanos, la septicémie, la pyohémie, la tuberculose;
3° Une infection locale, soit banale: phlegmon, érysipèle, gangrène; soit spécifique: tuberculose; soit banale mais cliniquement différenciée telle que, pneumonie, pleurésie, péritonite, péricardite, méningite, etc.