‹ Précis de médecine opératoireChapitre 38 sur 68 · DÉNUDATION ET FRACTURES DES ALVÉOLES · texte numérisé non relu

DÉNUDATION ET FRACTURES DES ALVÉOLES

Lorsque l'alvéole est seulement dénudée, la guérison peut avoir lieu sans accident 5 quand au contraire, les parois de cette cavité sont brisées , et que la dent arrachée en entraîne avec elle un fragment d'une certaine étendue , il peut se développer une fluxion qui produit souvent une fièvre violente ; il faut se hâter de détacher de la dent les esquilles qui lui adhèrent avant de la montrer à l'opéré; sans cette précaution il s'effrayerait et jugerait mal de l'habileté du chirurgien-, si l'adhérence dont nous nous occupons était due à une anomalie anatomique , qtie le sujet pourrait comprendre , on devrait la lui expliquer et lui prouver que le procédé opératoire a été bien exécuté.

Les fragments des alvéoles ne sont pas toujours extraits avec la dent ; sont -ils uniques , et très-étendus ? • sont-ils attachés sur une surface large de la gencive? on les en sépare s'il est possible . n la conservant; sans cette dernière précaution on dénuderait les alvéoles; on s'exposerait à des exfoliations d'une grandeur variée; la séparation dont nous traitons est très-difficile lorsqu'une grande étendue du tissu alvéolaire adhère très-largement à la racine dentaire, que la fracture est considérable, et qu'une esquille assez volumineuse est détachée avec la dent; cet accident arrive surtout aux grosses molaires , et plus spécialement % celles de la mâchoire supérieure ; pressé par la douleur pendant révulsion de la

dent , le malade devient ordinairement indocile ^ il complique ainsi beaucoup l'opération \ le chirurgien doit se hâter de la terminer 5 la dent est luxée , il la renverse légèrement en la soumettant à des tractions ^ il tâche de déchirer les gencives le moins possible; si le sujet est docile, on les résèque avec le déchaussoir; la perte de substance qu'elles éprouvent détermine rarement des accidents fâcheux ; il est important que le sujet ne s'expose pas au froid, ni à un courant d'air ; l'oubli de ces précautions peut occasionner des fluxions violentes ; il est même des circonstances dans lesquelles des esquilles détachées des parties molles, sont produites et- doivent être extraites; il faut quelquefois les ébranler à plusieurs reprises , pour opérer cette extraction ] un léger débridement pratiqué sur les chairs , peut devenir nécessaire.

On n'oubliera pas, que s'il s'agit même des fractures des os longs, l'anatomie pathologique a prouvé que des esquilles assez petites et adhérentes encore aux parties molles , se sont cicatrisées avec le reste du cylindre osseux ( V. dans la Clinique chirurgicale de rhôpital de la Pitié^ le chapitre ayant pour titre : Quelques considérations sur les fractures et leur traitement). J'ai conseillé d'après les dentistes, de détacher de la gencive les portions étendues d'alvéoles qui lui adhèrent largement; ce précepte ne pourrait-il pas au moins être modifié , surtout lorsqu'on a affaire à la mâchoire supérieure, où l'action délétère du pus n'est guère à redouter?

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