FRACTURE DE LA DENT QU'ON EXTRAIT
Causes. — La carie , qui a détruit l'intérieur de la couronne de la dent, et qui l'a privée de la résistance nécessaire pour soutenir l'effort de l'instrument, la grande longueur des racines, leur peu de grosseur, leur force moindre que celle des alvéoles , leur convergence qui leur fait embrasser une portion de l'os maxillaire , leur forme en crochet , leur extrémité exostosée, l'usage d'un procédé opératoire qui n'est pas convenable, îe point d'appui pris sur le côté diamétralement opposé à la puissance qui agit alors plutôt horizontalement qu'obliquement, les mouvements auxquels les malades se livrent, l'imprudence qu'a le sujet de saisir les mains de l'opérateur ou bien son instrument, surtout au moment où l'extraction commence, sont autant de circonstances propres à occasionner l'accident dont nous nou^'occupons.
^ano? pensait que la fracture d'une dent avait peu d'inconvénients; mais ne sait-on pas que la racine malade demeurant en place , détermine assez souvent d'excessives douleurs ; il est beaucoup de dentistes qui ne peuvent pas arracher cette racine quand elle ne présente aucune prise , lorsque son implantation et sa conformation sont anormales ^ Foiirnier d'ii â\o'\Y porté pendant trois années une racine qui lui a fait éprouver des maux inoiiis j faisons remarquer qu'elle appartenait à la dernière grosse molaire de la mâchoire inférieure -5 plusieurs hommes de l'art tentèrent inutilement d'arracher cette dent cassée 5 Catalan y parvint : les grandes difficultés qu'on avait rencontrées étaient dues à l'implantation oblique de la dent, à l'une des branches de sa racine présentant une prodigieuse cxoslose:, cette branche se recourbait en se dirigeant vers l'apophyse coronoïde.
Lorsque la fracture s'est faite assez loin de l'alvéole, et que les instruments peuvent encore saisir la dent , on en tente lexlraction a l'ordinaire ^ si la portion dentaire qui reste adàérenle à la mâchoire n'offre- pas une' saillie suffisante , on se comporte comme dans les cas où l'on veut enlever une racine, à moins toutefois que la partie qu'on veut arracher ne soit trop petite ou trop profondément située 5 une racine est-elle depuis longtemps découronnée? Son tissu est-il mou ou très-friable , circonstances qu'on observe plus spécialement sur les incisives et sur les canines de la
mi PRÉCIS DE
mâchoire supérieure^ les préceptes de l'art commandent de se servir d'un levier pour la soulever, et d'en extraire les fragments quand elle se brise ^ on attend dans tous ces cas , pour opérer, l'époque que nous allons indiquer plus bas.
11 n'est pas très-rare qu'on ne puisse pas arracher la totalité d'une dent cassée pendant son évulsion; alors on a recours aux topiques émollients et anodins 5 on fait prendre des tisanes rafraîchissantes , des bains de pieds ; suivant les indications , on met en usage les émissions sanguines^ plus tard, une partie de l'alvéole se détruit, les gencives se" détachent et la racine dentaire est à découvert, son évulsion devient d'une certaine facilité : mais l'on observe assez fréquemment que deux ou trois jours après l'accident, la dent cassée s'ébranle; il serait inutile de dire que dans cette condition, elle est moins difficile à enlever^ le temps que nous venons d'indiquer est-il écoulé? la circonstance heureuse dont nous nous occupons n'existe-t-elle pas? le malade continue-t-il de souffrir, et n'est-il pas possible de calmer ou de dissiper la douleur, on doit se hâter de tenter l'extraction. La fracture complète de la mâchoire inférieure peut être produite par la manœuvre destinée à extraire une dent^ cet accident est excessivement rare ^ il nous suffit de l'avoir indiqué aux chirurgien^, que nous renvoyons d'ailleurs aux traités spéciaux sur les maladies des os ou bien aux ouvrages de pathologie externe. La luxation de la mâchoire inférieure a quelquefois été occasionnée par l'abaissement trop considérable de cet os 5 il peut avoir lieu, quand on extrait une dent-, Fox en rapporte une observation 5 il serait inutile de nous occuper ici davantage de cette luxation qu'on trouvera décrite dans les livres de chirurgie, où sont aussi établis les préceptes à l'aide desquels il faut la combattre.
Mais n'omettons pas de dire que M. Dèsirabode rejette l'usage de la clef de Garengeot pour pratiquer l'extraction des dents 5 il pense qu'elle est dangereuse ; je sais que ce dentiste très-distingué, est doué d'une grande expérience à laquelle je me plairai toujours de rendre une ample justice^ mais je crois que dans la plupart des cas ses craintes sont peut-être exagérées ; beaucoup de malades viennent aux consultations publiques des hôpitaux se faire arracher des dents ; on emploie la clef de Garengeot ; elle réussit.