‹ Précis de médecine opératoireChapitre 50 sur 68 · DES CHANCES DES AMPUTATIONS · texte numérisé non relu

DES CHANCES DES AMPUTATIONS

L'expérience a démontré que ces opérations sont plus dangereuses sur les membres inférieurs que sur les supérieurs , qu'en général elles réussissent d'autant mieux qu'elles sont plus éloignées du tronc ^ elles ne sont pas aussi fréquemment mortelles chez l'enfant que chez l'adulte et sur celui-ci que chez le vieillard ^ on a dit qu'on perdait plus d'hommes amputés que de femmes ^ les malades scrofuleux guérissent plus rarement ^ les autres genres de lésions , les localités , les soins qu'il est possible de donner aux opérés, soit avant, soit après les amputations, influent sur leurs succès et sur leurs revers^ il succombe beaucoup plus de sujets dans les hôpitaux qu'en ville, et surtout qu'à la campagne ; la température atmosphérique très-basse ou très-élevée, celle qui est humide et froide , sont moins avantageuses qu'un climat tempéré et sec 5 les épidémies sont meurtrières 5 il faut encore tenir compte des phlegmasies latentes et des engorgements de même nature , de l'attention que le chirurgien doit apporter à examiner les viscères afin de retarder, ou bien de rejeter l'amputation lorsqu'ils sont trop compromis ; la bonne et la mauvaise constitution des malades sont prises en grande considération*, nous rappellerons que dans les pays où le canal intestinal est très-sain et peu susceptible d' affection morbide, on réussit infiniment mieux; si les sujets séjournent quelque temps dans les hôpitaux pour s'y

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acclimater, la mortalité est beaucoup moindre ^ j'ai montré à ma clinique les avantages incontestables de ce dernier précepte sur lequel j'insiste.

Considérée en général , la mortalité des amputés dans les hôpitaux de Paris , est de un sur quatre : si l'on prend séparément les services chirurgicaux , on voit que quelques praticiens sont moins malheureux 5 en détlnitive , les opérations dont nous nous occupons sont excessivement graves ; les résultats fournis par les amputations des membres, varient d'ailleurs d'une manière vraiment extraordinaire ; nous en avons déjà indiqué un assez grand nombre dans ce volume -, (voyez l'article ayant pour titre : Époque à laquelle on doit pratiquer les amputations^ Nous allons en énoncer quelques autres : M. Baudens et ses aides ont amputé vingt-neuf sujets pendant la campagne de Constantine^ vingtquatre sont morts ^ M. Pointis en a opéré vingt à Bougie ; aucun n'a succombé 5 ]Velschius a vu cinq amputations dont quatre ont occasionné la perte des malades-, sur vingt-neuf sujets, M. Chelius a obtenu vingt-sept succès : faisons remarquer que presque toutes les statistiques sont le résultat d'observations recueillies sur des militaires soumis à des causes traumatiques ^ elles seraient infiniment moins brillantes si l'on avait opéré sur des sujets atteints de maladies chroniques.

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